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L’investisseur futé: vendre en mai et s’en aller?

Louis Lajoie, stratège en investissement au Bureau du Chef des placements de la Banque Nationale.
Louis Lajoie, stratège en investissement au Bureau du Chef des placements de la Banque Nationale. Photo LinkedIn
Photo portrait de Sylvain Larocque

Sylvain Larocque

2026-05-02T04:00:00Z

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Dans cette chronique, nous vous proposons des idées concrètes pour placer votre argent.

Chaque printemps nous ramène l’un des adages les plus connus du monde de l’investissement : vendre en mai et s’en aller (sell in May and go away).

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Au XIXe siècle, de riches Londoniens vendaient leurs actions pour ne les racheter qu’en septembre ou en octobre, après de longues vacances.

Pourquoi ? Parce que pendant l’été, les volumes de transaction et les rendements étaient plus faibles.

Au début des années 2000, des chercheurs européens ont prouvé que c’était vrai dans 36 des 37 pays qu’ils ont étudiés ! En 2012, trois professeurs de l’Université de Miami en sont arrivés à une conclusion semblable.

« En moyenne, les rendements boursiers sont supérieurs d’environ 10 points de pourcentage au cours des semestres allant de novembre à avril par rapport à ceux allant de mai à octobre », ont-ils écrit.

Évidemment, il y a quand même du rendement pendant ces périodes.

En observant la trajectoire du principal indice boursier américain de 1928 à 2025, la Banque Nationale a calculé que le rendement médian enregistré du 1er mai au 31 octobre est de 3,7 %. Cela représente près du tiers du rendement annuel médian de 11,5 %.

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« La stratégie “vendre en mai” affiche une performance positive seulement 35 % du temps », concluent des experts de l’institution québécoise.

Dans une présentation intitulée «Mythes et réalités», ils ont passé au crible d’autres croyances courantes en matière d’investissement. En voici quelques-unes.

La Bourse, c’est comme le casino

Pour une journée donnée, les probabilités d’avoir un rendement positif ou négatif en Bourse sont d’environ 50 %. C’est un peu comme tirer à pile ou face. Mais sur un mois, un an et 10 ans, les chances d’être dans le vert grimpent respectivement à 65 %, 80 % et 95 %.

Deux « raisons fondamentales » distinguent la Bourse du jeu, souligne la Banque Nationale. D’abord, contrairement au casino, l’investissement dans des fonds diversifiés « n’est pas un jeu à somme nulle ». À long terme, le rendement découle de la croissance des profits des entreprises « et non de la malchance d’autres investisseurs ».

De plus, au casino, les chances de gagner n’augmentent pas même si on joue plus longtemps. En Bourse, les résultats deviennent de plus en plus stables avec le temps, convergeant vers le rendement annualisé médian d’environ 10 % constaté depuis des décennies.

Rester en retrait si l’on craint une correction

Redoutez-vous une correction boursière, c’est-à-dire une chute prononcée ? « Vous avez probablement raison, puisqu’un recul d’au moins 5 % se produit pratiquement chaque année ; de 10 %, six années sur dix, et de 15 %, quatre années sur dix », rappelle la Banque Nationale.

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Ces corrections sont souvent liées à des événements marquants : pensons aux crises budgétaires, à la pandémie de COVID-19, aux droits de douane ou à la guerre en Iran.

« Une correction de 9 % comme celle qu’on a vécue dans les dernières semaines, en fait, c’est en bas de la moyenne », affirme Louis Lajoie, stratège en investissement à la Banque Nationale.

Si votre horizon de placement est relativement long, les « inévitables » corrections sont « en quelque sorte le prix à payer pour réaliser ses objectifs de rendement », note l’institution.

Il est bon de savoir que plusieurs des meilleures années boursières ont connu des corrections, parfois importantes.

Banque Nationale
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Attendre le bon moment

Qui n’a jamais voulu attendre que le marché atteigne le fond du baril pour investir son pécule ? Et ainsi profiter au maximum de la remontée ?

Hélas, même l’intelligence artificielle est incapable de prédire quand arrivera ce moment rêvé. De toute façon, ce n’est pas vraiment important.

La personne qui investirait systématiquement les jours où la Bourse de Toronto atteint ses sommets annuels – les pires jours – obtiendrait un rendement annualisé de 9,7 %. Celle qui le ferait lors de chaque creux annuel – les meilleurs jours – aurait un rendement de 10,7 %. Et celle qui le ferait tout simplement au début de chaque mois, un rendement de 10 %.

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Banque Nationale
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Bref, le timing « est loin d’être [un] facteur majeur », tranche la Banque Nationale.

Craindre les récessions

Bien sûr, les récessions ont des effets néfastes pour l’économie, pour les travailleurs et leurs familles.

« Les périodes les plus turbulentes pour les marchés boursiers sont généralement concomitantes aux récessions », reconnaît la Banque Nationale.

Pendant les sept dernières récessions, le rendement moyen d’un portefeuille équilibré a été de 0 %. « Pas de quoi se réjouir, mais [c’est] loin de la catastrophe », relève cependant l’institution.

Miser sur l’« effet de janvier »

Selon cette hypothèse évoquée pour la première fois en 1942, le rendement boursier enregistré en janvier serait généralement supérieur à celui de chacun des autres mois. Cela serait notamment lié aux nombreuses ventes d’actions effectuées en fin d’année pour des raisons fiscales, puis à l’achat massif de titres en janvier.

En s’appuyant sur des données remontant jusqu’en 1930, la Banque Nationale confirme que ce phénomène existe. « Cette tendance s’est toutefois largement estompée lors des dernières décennies », prévient-elle.

Avez-vous des sujets à me suggérer pour cette chronique ? Écrivez-moi : sylvain.larocque@quebecormedia.com

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