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L’investisseur futé: le président achète des actions, devrais-je l’imiter?

Joey Saputo après la victoire du Bologna FC à la Coupe d'Italie de football, en mai 2025. Trois mois plus tôt, il avait investi près de 50 M$ dans Saputo, un placement qui s'est apprécié de 52% depuis.
Joey Saputo après la victoire du Bologna FC à la Coupe d'Italie de football, en mai 2025. Trois mois plus tôt, il avait investi près de 50 M$ dans Saputo, un placement qui s'est apprécié de 52% depuis. Photo AFP
Photo portrait de Sylvain Larocque

Sylvain Larocque

2026-04-18T04:00:00Z

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Dans cette chronique, nous vous donnons des idées concrètes pour placer votre argent.

Le grand patron d’une entreprise vient d’acheter des actions de son employeur. Devriez-vous faire comme lui ?

• À lire aussi : L’investisseur futé : trop risqués, les fonds privés de Wealthsimple ?

• À lire aussi : Dans l’œil du Québec inc.: une acquisition de 3 G$ pour une entreprise d’ici

Quand le PDG, une vice-présidente ou un administrateur d’une entreprise cotée en Bourse vend ou achète des actions de cette entreprise, les transactions doivent obligatoirement être déclarées publiquement.

Comme investisseur, vous pouvez utiliser ces divulgations pour décider s’il est opportun d’acheter ou de vendre tel ou tel titre.

Les hauts dirigeants et les membres du conseil d’administration d’une entreprise cotée sont considérés comme des « initiés ».

La loi leur interdit d’effectuer des transactions en se basant sur les informations non publiques qu’ils détiennent sur leur entreprise. Ce serait un délit d’initié.

Une vue de l’intérieur

Par contre, la connaissance intime que les initiés ont de leur entreprise peut les guider dans leurs décisions d’achat et de vente. D’où l’intérêt de s’y intéresser.

« Ce sont eux qui ont la meilleure compréhension des activités de l’entreprise », souligne Ted Dixon, expert des transactions d’initiés et PDG de la firme INK Research.

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Ted Dixon
Ted Dixon Photo tirée de LinkedIn

On dit souvent qu’il y a plusieurs raisons de vendre des actions : parce que le titre a beaucoup monté, qu’il a trop baissé, parce qu’on a besoin d’argent pour acheter une propriété ou une voiture, parce qu’on vient d’exercer des options, parce qu’on veut se diversifier dans d’autres placements...

Difficile, donc, de se fier aux ventes d’actions faites par des initiés pour tirer des conclusions sur la santé d’une entreprise.

Une seule raison d’acheter

Par contre, il n’y a généralement qu’une seule raison d’acheter des actions avec son propre argent : parce qu’on pense que la valeur du titre va augmenter.

Vous me direz que plusieurs entreprises obligent leurs hauts dirigeants et leurs administrateurs à détenir un certain bloc d’actions. C’est vrai, mais comme elles leur donnent plusieurs années pour l’accumuler, le moment des achats peut être révélateur.

Les initiés visent-ils toujours juste quand ils achètent des actions de leur entreprise ?

Le PDG de la Banque Nationale, Laurent Ferreira, a déjà réalisé un rendement de 65 % sur l’investissement de plus de 1,2 M$ qu’il a fait en février 2025.

Le propriétaire du CF Montréal, Joey Saputo, a enregistré un gain de 52 % sur le placement de près de 50 M$ qu’il a effectué dans l’entreprise familiale à peu près au même moment.

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Laurent Ferreira.
Laurent Ferreira. Photo Agence QMI, JOËL LEMAY
Des initiés qui font fausse route

D’autres ont eu la main moins chanceuse. Macky Tall, ancien VP de la Caisse de dépôt et actuel administrateur de WSP Global, a vu son investissement dans la firme d’ingénierie, fait en mars 2025, reculer de 7 %.

Et George Cope, ancien PDG de Bell Canada, subit pour l’instant une perte de 29 % avec son placement de plus de 1,2 M$ effectué l’an dernier dans CGI, entreprise dont il est administrateur.

Macky Tall.
Macky Tall. Photo tirée de LinkedIn

Il est aussi intéressant de jeter un œil aux initiés qui n’en profitent pas pour faire le plein d’actions quand le titre de leur entreprise chute lourdement en Bourse.

« S’ils publient des communiqués qui disent que tout est beau, mais qu’ils n’achètent pas, alors les investisseurs devraient probablement se demander : pourquoi ? » note M. Dixon.

Avec l’expérience, le spécialiste constate que les transactions d’initiés sont plus « parlantes » au sein de certaines entreprises.

« Généralement, plus l’entreprise est petite, plus fort est le signal venant d’un initié », dit-il.

L’indice des initiés

À la fin 2014, INK Research a lancé le Canadian Insider Index. Cet indice regroupe des entreprises jugées prometteuses en fonction des transactions d’initiés et d’autres facteurs.

Au cours des dix dernières années, le rendement annualisé du Canadian Insider Index s’est élevé à 13,2 %, contre 12,8 % pour le S&P/TSX.

Sachez toutefois que le Canadian Insider Index est principalement composé d’entreprises relativement petites, qui sont donc plus risquées que celles du S&P/TSX.

Cela dit, surveiller les transactions d’initiés est très utile quand on fait de la sélection de titres (stock picking). Je traite de celles qui touchent les entreprises d’ici dans ma chronique Dans l’œil du Québec inc., publiée aux deux semaines dans Le Journal.

Vous pouvez également consulter le site officiel SEDI ou les sites Canadian Insider et Insider Tracking d’INK Research.

Avez-vous des sujets à me suggérer pour cette chronique ? Écrivez-moi : sylvain.larocque@quebecormedia.com.

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