Dans cette chronique publiée toutes les deux semaines, nous vous donnons des idées concrètes pour placer votre argent.
«Tu ne peux pas te tromper avec Apple.» Quelqu’un vous a probablement déjà lancé une phrase semblable avec conviction. Mais attention, les «classiques» ne sont pas des coups de circuit assurés, prévient Cimon Plante.
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Dans une vidéo récente, le gestionnaire de portefeuille affilié à la Financière Banque Nationale fait remarquer que l’action d’Apple a grimpé beaucoup plus rapidement que ses profits au cours des dernières années. Walmart, Microsoft, NVIDIA, Costco et bien d’autres sont dans la même situation.
Concrètement, cela signifie qu’il coûte plus cher d’investir dans ces titres qu’il y a cinq ans. Pendant combien de temps encore ces entreprises pourront-elles croître en bourse à un rythme supérieur à celui de leurs bénéfices?
Impossible de le savoir. Il ne faut jamais oublier qu’en investissement, le passé n’est pas nécessairement garant de l’avenir.
S’attacher à un titre
«Des fois, on prend des petits raccourcis mentaux, souligne M. Plante. Tu vois un beau graphique sur dix ans, tu es attaché à la marque, tu es à l’aise d’investir. Tu baisses ta garde. Tu te dis: “Avoir su, j’aurais acheté juste ça, il me semble que c’est évident.” Puis on projette que les dix prochaines années vont être comme les dix dernières.»

Quand on investit dans un titre, il faut faire ses devoirs: le suivre assidûment et se demander régulièrement si on veut toujours le garder dans son portefeuille.
«Si les goûts des consommateurs changent, est-ce que l’entreprise va conserver ses avantages concurrentiels?», illustre Cimon Plante.
Au cours des 10 dernières années, plusieurs titres vedettes ont battu les grands indices: c’est le cas de Google, de Tesla, d’Alimentation Couche-Tard, de Dollarama, etc.
De quoi donner raison au célèbre investisseur américain Peter Lynch, qui se plaisait à répéter: «Investissez dans ce que vous connaissez», rappelle M. Plante.
Par contre, bien des titres connus ont enregistré des rendements inférieurs aux indices sur cinq et dix ans: Coca-Cola, Johnson & Johnson, Canadian Tire, Saputo, Suncor... Bref, ce n’est pas toujours si payant d’investir dans de gros noms.
Pimenter l’indiciel
«Pour beaucoup d’investisseurs autonomes, je pense que ça devrait être une stratégie où tu mets de l’argent de côté, tu mises sur une poignée d’indices que tu vas détenir à long terme, affirme M. Plante. C’est sûr que c’est moins excitant que d’investir directement dans des actions, mais pour bien des gens, c’est plus réaliste.»
Cela dit, même avec une approche indicielle, rien n’empêche de consacrer une petite partie de son portefeuille à des titres individuels qu'on affectionne. Cela peut vous permettre d’être plus «engagé» comme investisseur, note l’expert.
«Si tu déploies 10 ou 20% de ton portefeuille en sélection de titres [stock picking] et que tu te restreins à des entreprises de qualité que tu achètes à des prix raisonnables, ça va être difficile de te casser la gueule», estime Cimon Plante.

