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L’investisseur futé: trop risqués, les fonds privés de Wealthsimple?

Illustration Wealthsimple
Photo portrait de Sylvain Larocque

Sylvain Larocque

2026-03-21T04:00:00Z

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Dans cette chronique, nous vous donnons des idées concrètes pour placer votre argent.

Ce qui est inaccessible suscite souvent l’envie. C’est là-dessus que mise Wealthsimple pour vous convaincre d’investir dans ses fonds privés. Mais est-ce une fausse bonne idée ?

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Depuis plusieurs années, de grandes institutions comme la Caisse de dépôt investissent dans les entreprises non cotées en bourse. Plus récemment, elles ont commencé à faire des prêts commerciaux, se substituant aux banques.

Inévitablement, ces mystérieux placements privés ont fini par créer de la convoitise chez les petits investisseurs.

Wealthsimple a voulu capitaliser sur cet appétit en lançant un fonds de capital de risque en 2022, un fonds de crédit privé en 2023 et un fonds d’investissement privé en 2024. Environ 800 M$ sont actuellement investis dans ces fonds.

Plusieurs firmes offrent des fonds privés à leurs clients fortunés. Mais Wealthsimple a démocratisé ces « placements alternatifs » en abaissant les critères d’accès. Pour pouvoir investir dans l’un de ces fonds, il faut être prêt à y mettre au moins 10 000 $ et avoir un portefeuille de 50 000 $ ou plus.

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Rendements alléchants

Sur son site web, Wealthsimple claironne que le rendement annualisé de son fonds d’investissement privé atteint 23,6 %.

« Au cours des 24 dernières années, les investissements dans des entreprises privées ont enregistré des rendements qui excèdent de quatre points de pourcentage ceux du marché boursier », affirme la filiale de Power Corporation.

Sauf qu’au cours des dernières semaines, des doutes ont commencé à poindre à propos des fonds privés. Aux États-Unis, des fonds de crédit privé ont réduit la valeur de certains prêts faits à des firmes logicielles, ce qui a poussé des investisseurs à retirer leurs billes.

« Probablement que plusieurs d’entre eux ne comprenaient pas bien le risque intrinsèque qu’ils prenaient avec de tels placements », souligne Pouya Behmaram, professeur de finance à l’UQAM.

Selon lui, c’est une bonne chose que les petits investisseurs aient la possibilité de mettre un peu de fonds privés dans leurs portefeuilles.

Pouya Behmaram
Pouya Behmaram Photo LinkedIn
Contraignants et coûteux

J’ajouterais toutefois que ces fonds ne sont pas pour tout le monde. Voici pourquoi :

  • Il est difficile de savoir ce qu’ils contiennent précisément, contrairement aux fonds d’actions cotées et aux fonds d’obligations, qui sont tenus de publier des listes détaillées de leurs actifs.
  • Il n’est pas possible de vendre ces placements quand bon vous semble. Chez Wealthsimple, les rachats sont permis quatre fois par année « moyennant un préavis de 100 jours ». Et chaque trimestre, la valeur des rachats accordés à l’ensemble des investisseurs ne peut pas dépasser 5 % des actifs du fonds. En cas de problème, les gestionnaires peuvent carrément suspendre les rachats.
  • Généralement composés de titres d’entreprises plus petites, les fonds privés sont plus risqués que les fonds diversifiés dans lesquels les multinationales dominent.
  • Ils ont des frais plutôt élevés. Chez Wealthsimple, ils varient de 1,25 à 1,5 %, à quoi peuvent s’ajouter de généreuses primes de performance.

Ces facteurs expliquent pourquoi les rendements des fonds privés sont généralement plus élevés que ceux des fonds composés de titres publics.

« Il est toujours possible d’obtenir de meilleurs rendements avec un produit plus risqué, rappelle M. Behmaram. Il faut tenir compte de sa propre tolérance au risque. »

Pente descendante

Au cours des cinq dernières années, les fonds d’investissement privé ont toutefois moins bien performé que les marchés boursiers, en raison notamment de l’explosion des géants technologiques américains.

Noah Solomon, chef des investissements à la firme torontoise Outcome Metric Asset Management, soutient que les fonds privés continueront de traîner de la patte.

« La somme des capitaux dans les fonds privés a pris une ampleur bien trop importante par rapport au nombre d’occasions d’investissement intéressantes, ce qui pèse sur les perspectives de rendement futures », a-t-il tranché dans un texte paru cette semaine dans le Financial Post.

Avez-vous des sujets à me suggérer pour cette chronique ? Écrivez-moi : sylvain.larocque@quebecormedia.com

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