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L’investisseur futé: que font les bourses pendant les guerres?

Nous examinons la réaction des marchés aux conflits passés

Un panache de fumée s'élève au-dessus de Téhéran, vendredi.
Un panache de fumée s'élève au-dessus de Téhéran, vendredi. Photo ATTA KENARE / AFP
Photo portrait de Sylvain Larocque

Sylvain Larocque

2026-03-07T05:00:00Z

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Dans cette chronique, nous vous donnons des idées concrètes pour placer votre argent.

Pertes de vies humaines, hausse du prix du pétrole, instabilité géopolitique... La guerre en Iran et au Liban suscite bien des inquiétudes. Et pour vos placements ? Qu’est-ce que l’histoire nous dit ?

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Les bourses ont tenu le coup lundi, mais elles ont terminé la semaine en forte baisse, et ce partout dans le monde. Au Canada, l’indice S&P/TSX a perdu plus de 3 % depuis lundi.

Les marchés, qui voguaient de record en record depuis des mois, étaient particulièrement vulnérables à un choc. Aux États-Unis, d’autres facteurs ont joué : les doutes entourant l’IA, la hausse du chômage et les craintes d’une nouvelle crise financière.

Le rouge a dominé à la Bourse de New York et sur les autres marchés mondiaux, cette semaine.
Le rouge a dominé à la Bourse de New York et sur les autres marchés mondiaux, cette semaine. Photo AFP
Le facteur temps

L’impact de la guerre sur les marchés dépendra notamment « de l’ampleur et de la durée » du conflit et « de l’interruption éventuelle de l’offre de certains biens », au premier chef le pétrole, notaient plus tôt cette semaine les économistes de BMO.

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Mais que s’est-il passé lors des précédentes guerres ?

Mike Silverman, chef de l’investissement à la firme américaine Cresset Capital Management, a fait des calculs intéressants.

Il a compilé les rendements de l’indice américain S&P 500 dans les semaines qui ont suivi le déclenchement de huit conflits armés survenus depuis 1990. Après une semaine, le rendement moyen a atteint -0,37 %. Après un mois, 0,54 %. Et après trois mois, 3,59 %.

Un autre analyste, Jeffrey Yale Rubin de la firme Birinyi Associates, est arrivé à un constat semblable. Il a étudié l’impact boursier de huit interventions militaires américaines menées depuis 1991 en Irak, en Bosnie, au Kosovo, en Afghanistan, en Libye et en Syrie.

Un chasseur-bombardier lors de la guerre du Kosovo, en 1999.
Un chasseur-bombardier lors de la guerre du Kosovo, en 1999. Photo Wikipédia
Rendements supérieurs

Un an après le début de ces guerres, le S&P 500 avait enregistré un rendement de 12,5 % en moyenne. Cela se compare à un rendement annualisé d’environ 10,5 % pour l’indice phare de Wall Street depuis 1957.

« En fin de compte, les événements géopolitiques [...] ont historiquement généré des [rendements] supérieurs à la moyenne », a confié M. Rubin au New York Times.

Chaque conflit a ses particularités. Au début de la guerre du Golfe, en 1990, le S&P 500 a chuté de près de 20 %. Lors de l’invasion de l’Irak, en 2003, le recul a été beaucoup moins prononcé, mais les marchés américains étaient encore au plancher après l’éclatement de la bulle technologique, rappelle BMO.

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Les plus curieux diront : et durant la Seconde Guerre mondiale ? L’indice Dow Jones a chuté pendant les trois premières années du conflit avant de remonter jusqu’à la fin de 1945. Du début à la fin de la guerre, le Dow a gagné 50 %, soit plus de 7 % par année.

Marchés sans-cœur ?

Les bourses sont-elles sans-cœur ? « Ce n’est pas que [les marchés] sont méchants, c’est juste qu’ils sont indépendants des humeurs et des sentiments », affirme Jean René Ouellet, stratège chez Desjardins.

« Notre job à nous, en investissement, ce n’est pas de sombrer dans l’alarmisme, c’est de garder la tête froide, de continuer à chercher des opportunités dans cet environnement-là », ajoute-t-il.

Jean René Ouellet
Jean René Ouellet Photo Mouvement Desjardins

Le spécialiste rappelle que le plus important, pour les marchés boursiers, « c’est comment va ma croissance économique, est-ce que mon inflation demeure contenue, est-ce que les bénéfices de mes entreprises sont à la hausse ? »

Faut-il tenter de profiter de la situation en investissant dans les industries de la défense et du pétrole ? Le hic, c’est que ces titres ont beaucoup monté au cours des derniers mois, souligne M. Ouellet.

Garder le cap

Pour l’instant, la plupart des experts recommandent aux investisseurs à long terme de ne pas faire de grands changements dans leurs placements.

Si la chute des marchés vous rend nerveux, vous pouvez miser davantage sur les obligations.

Le bon vieux portefeuille 60/40, composé à 60 % d’actions et à 40 % d’obligations, est peut-être pour vous.

« On l’a déclaré mort à plusieurs reprises, mais il est toujours bel et bien vivant », insiste Jean René Ouellet.

Avez-vous des idées de sujets pour cette chronique ? Écrivez-moi : sylvain.larocque@quebecormedia.com.

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