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L’investisseur futé: courtage en ligne, comment s’y prendre?

Photomontage Le Journal
Photo portrait de Sylvain Larocque

Sylvain Larocque

2024-08-31T04:00:00Z

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Dans cette chronique publiée toutes les deux semaines, nous vous donnons des idées concrètes pour placer votre argent.

Vous y avez bien pensé et vous avez décidé de plonger. Vous voulez gérer vos placements vous-même en ouvrant un compte de courtage en ligne. Voici les réponses à quelques questions que vous pourriez vous poser.

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Un outil puissant

Un compte de courtage est un outil puissant qui vous donne accès à toute une panoplie de produits de placement pour un CELI, un REER, un REEE ou un compte non enregistré: actions d’entreprise, fonds négociés en Bourse (FNB), obligations gouvernementales, municipales et corporatives, etc.

Dans une caisse ou une succursale bancaire, vous êtes limité aux certificats de placement garantis (CPG), aux fonds communs de placement et aux produits structurés liés aux marchés.

Entièrement en ligne, ou presque

Bonne nouvelle: dans la plupart des cas, l’ouverture d’un compte de courtage peut se faire entièrement en ligne. Chez Desjardins et à la Banque Nationale, il est aussi possible de le faire en prenant rendez-vous avec un conseiller en succursale, même si on n’est pas déjà client.

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La principale difficulté est le processus d’authentification: le système ne reconnaît pas toujours la photo de la pièce d’identité qu’il faut soumettre en ligne, de sorte qu’il faut parfois envoyer une photocopie du document par la poste ou se présenter en succursale.

Connaissances minimales

Fait à noter, chez Desjardins Courtage en ligne (Disnat), il faut avoir des connaissances minimales en matière de placement pour pouvoir ouvrir un compte.

«On ne voudrait pas que quelqu’un qui n’a aucune connaissance puisse ouvrir un compte», souligne Audrey Gaudreau-St-Jean, conseillère chez Desjardins.

Audrey Gaudreau-St-Jean
Audrey Gaudreau-St-Jean Photo Desjardins

Banque Nationale Courtage direct (BNCD) n’impose pas ce critère, sauf pour les comptes qui permettent de négocier des options d’achat d’actions.

«Comme il s’agit d’une plateforme d’investissement autonome, sans conseil, celle-ci est disponible à tous les investisseurs qui désirent négocier en ligne et qui souhaitent développer leur autonomie», justifie Alexandre Guay, porte-parole de la Banque Nationale.

La plupart des courtiers en ligne proposent des webinaires et des vidéos en ligne qui donnent des renseignements sur le fonctionnement de leurs plateformes et sur l’investissement dans les valeurs mobilières.

Mise de fonds

Chez BNCD et Wealthsimple, il n’y a aucune mise de fonds minimale requise. C’est la même chose chez Desjardins, même si le site web mentionne 1000 $, indique Mme Gaudreau-St-Jean.

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Par contre, chez BNCD et Desjardins, vous pourriez avoir à payer des frais annuels (100 ou 120$) si vous avez plus de 30 ans et que vous détenez moins de 15 000$ (Desjardins) ou 20 000$ (BNCD) d’actifs.

Frais de transfert

Notons que la plupart des plateformes en ligne remboursent les frais de transfert d’un compte de courtage provenant d’une autre institution, généralement jusqu’à concurrence de 150$ plus taxes.

Service à la clientèle

Si vous avez des questions, vous pouvez joindre des agents de BNCD et de Desjardins par téléphone et par courriel. Les temps d’attente ont beaucoup diminué depuis la frénésie du début de la pandémie. Il est également possible de joindre Wealthsimple par téléphone, mais selon certains clients, le service en français laisse parfois à désirer.

Commissions

BNCD et Desjardins ont gagné beaucoup de nouveaux clients depuis qu’ils ont éliminé les commissions (frais de transaction) sur la négociation d’actions et de FNB, en 2021. Ils ont ainsi rejoint Wealthsimple, qui propose la gratuité depuis 2019.

Quatre sources de revenus

Mais comment ces plateformes font-elles de l’argent? Ne vous inquiétez pas pour elles!

Même si BNCD s’est privée des commissions, elle dispose encore de quatre autres sources de revenus, précise son président, Claude-Frédéric Robert.

Claude-Frédéric Robert
Claude-Frédéric Robert Photo BNCD

D’abord, les courtiers en ligne génèrent des revenus en investissant l’encaisse qui dort dans les comptes de ses clients. Ensuite, elles facturent des intérêts (environ 7 ou 8% par année actuellement) aux clients qui leur empruntent des fonds dans leurs comptes sur marge.

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Les courtiers se versent aussi une marge bénéficiaire d’environ 1,5% sur la conversion de devises (par exemple lorsque vous faites un virement d’un compte en dollars canadiens vers un autre en dollars américains). Enfin, ils empochent divers frais (frais de traitement, d’inactivité, de transfert, etc.) et des commissions sur l’achat et la vente d’obligations.

M. Robert assure que BNCD n’a pas augmenté sa marge sur la conversion de devises pour compenser l’abolition des commissions sur les actions et les FNB.

«Non, on n’essaie pas de se reprendre sur d’autres sources de revenus», martèle-t-il.

Le meilleur prix?

Aux États-Unis, la plateforme en ligne Robinhood a dû payer une amende de 65 millions $US, en 2020, pour avoir caché à ses clients qu’elle ne leur offrait pas le meilleur prix possible lors de la vente et de l’achat d’actions et de FNB. Cette pratique controversée découle du fait qu’aux États-Unis, les courtiers peuvent recevoir des «remises» de la part des intermédiaires qui effectuent les transactions boursières.

BNCD n’agit pas de la sorte, insiste son président.

«Je vous confirme que ce n’est pas le cas du tout, dit-il. Pour nous, la priorité, c’est le règlement pour le client. Il n’y a donc absolument aucune façon qu’on se reprenne de cette façon-là chez BNCD.»

Wealthsimple et Desjardins reconnaissent qu’elles reçoivent parfois des remises de la part de certains teneurs de marché pour exécuter des ordres de clients pour des titres cotés aux États-Unis.

Ces paiements «n’occasionnent pas de frais supplémentaires pour nos clients», garantit Wealthsimple.

De son côté, Desjardins rappelle que comme tous les courtiers canadiens, elle doit respecter «ses obligations [réglementaires] de meilleure exécution des ordres», c’est-à-dire au meilleur prix.

La promo de Wealthsimple

Wealthsimple fait des vagues depuis le mois de juin en versant à ses clients (actuels et nouveaux) une «prime» de 1% sur les fonds qu’ils déposent dans un compte d’épargne ou de courtage. L’offre se termine aujourd’hui (samedi 31 août).

Notons toutefois que contrairement aux autres grandes institutions financières, Wealthsimple ne participe pas à l’Incitatif québécois à l'épargne-études, de sorte qu’il est moins avantageux d’y ouvrir un compte REEE.

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