L’investisseur futé: vos fonds ont-ils battu la Caisse?
Il y a de bonnes chances que oui!


Sylvain Larocque
Partager
La Caisse de dépôt n’a pas impressionné grand monde avec sa performance pendant la première moitié de l’année. Mais qu’en est-il de vos placements?
• À lire aussi: Dans l’œil du Québec inc.: Averna réalise une grosse acquisition à l’international
• À lire aussi: L’investisseur futé: votre portefeuille est-il trop canadien?
Pendant les six premiers mois de 2024, notre bas de laine collectif a enregistré un rendement de 4,2% contre 4,6% pour son «portefeuille de référence».
«Notre portefeuille diversifié a bien performé globalement», s’est tout de même félicité le grand patron de l’institution, Charles Emond.

Plusieurs petits investisseurs se sont étonnés que la Caisse, qui compte plus d’un millier de professionnels pour gérer ses actifs de plus de 450 milliards $, se contente d’un rendement en apparence très moyen.
Il faut dire que pendant le premier semestre de l’année, l’indice boursier américain S&P 500 a explosé de plus de 18% (en dollars canadiens) tandis que le S&P/TSX a gagné près de 5%.
Pas juste des actions
Bien sûr, la Caisse n’investit pas que dans les marchés boursiers. Les actions comptent pour 45% de son portefeuille, les titres de revenu fixe (obligations et crédit) pour 31%, les infrastructures pour 14% et l’immobilier pour 11%.
Vous serez heureux d’apprendre que plusieurs des fonds les plus populaires au Québec et ailleurs au Canada ont généré de meilleurs rendements que la Caisse pendant la première moitié de l’année (voir tableau).
L’exploit est d’autant plus impressionnant que certains de ces produits sont des fonds communs de placement vendus en succursale qui sont assortis de frais annuels de plus de 2%. Les frais de gestion de la Caisse sont d’environ 0,6%.
Au premier semestre de 2024, même les fonds dits équilibrés, qui sont généralement composés à 60% d’actions et à 40% d’obligations, ont réussi à battre la Caisse.
Les fonds «de croissance», qui sont habituellement composés à 80% d’actions et à 20% d’obligations, ont performé encore mieux, surpassant de trois, quatre ou même cinq points le rendement de la Caisse.

Sans surprise, les fonds négociés en Bourse (FNB) ont enregistré les meilleurs résultats. C’est plus facile avec des frais dix fois moins élevés que ceux des fonds communs!
Pas facile, l’immo
Les résultats de la Caisse ont été tirés vers le bas par ses placements dans l’immobilier, les infrastructures et les fonds privés, dont les rendements ont tous été inférieurs à ceux des marchés boursiers pendant les six premiers mois de l’année.
Mais pourquoi la Caisse investit-elle dans ces catégories d’actifs? Parce que celles-ci sont jugées résilientes et bien adaptées à la vision à long terme de l’institution.
Sur cinq ans, le rendement annualisé de la Caisse s’élève à 6%. Cette performance est moins élevée que celle d’autres investisseurs institutionnels, mais elle correspond à la cible minimale que la Caisse s’est fixée.
Sur cette période plus longue, la Caisse bat la moitié des fonds de notre échantillon (dont la totalité des fonds de Desjardins).
Mais encore une fois, ce sont les portefeuilles FNB à faibles coûts qui surperforment le plus la Caisse. C’est bon à savoir, même s’il faut se rappeler qu’en investissement, le passé n’est pas toujours garant de l’avenir!