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L’intelligence artificielle à la rescousse des joueurs à Roland-Garros

Leylah Annie Fernandez pose avec un amateur de tennis à Roland-Garros.
Leylah Annie Fernandez pose avec un amateur de tennis à Roland-Garros. Capture d'écran tirée du compte Instagram wonlytoon
Photo portrait de Mylène Richard

Mylène Richard

2023-06-11T14:12:05Z

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PARIS | Pour la première fois durant un tournoi du Grand Chelem, un outil pour lutter contre le harcèlement et l’intimidation sur les réseaux sociaux a été mis à la disposition des joueurs à Roland-Garros.

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La Fédération française de tennis s’est associée à l’application Bodyguard, qui utilise l’intelligence artificielle afin d’avoir un modérateur sur Facebook, Instagram et Twitter.

Les athlètes sont confrontés à des propos haineux et discriminatoires au quotidien sur le web.

«Ça arrive tout le temps, a confirmé la Québécoise Leylah Annie Fernandez lors d’une entrevue avec Le Journal. La première fois que j’ai vu un message méchant, j’avais 13 ans. C’était un choc. Mais j’ai commencé à en rire, parce que les gens ne me connaissent pas et je ne les connais pas. Je n’aime pas voir ce genre de messages, spécialement quand il est question de ma famille, mais ça fait partie du sport. J’ai grandi avec ça.»

Proximité avec le public

Sa partenaire en double, Taylor Townsend, lit souvent des commentaires racistes ou négatifs sur son poids.

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«Gagne ou perds, il y a toujours quelque chose. Ça arrive tout le temps et il faut avoir les nerfs solides, a-t-elle raconté au Journal. Au tennis, c’est plus facile d’avoir accès aux joueurs, il y a une proximité. Dans d’autres sports, comme le basketball, après le match, les joueurs vont dans le vestiaire et quittent l’aréna par une porte arrière. Nous, on marche parmi le public.»

Pour la compatriote américaine de Townsend Sloane Stephens, les propos racistes ont été un problème depuis le début de sa carrière.

«Quand il y a des enquêtes du FBI à ce sujet, forcément, c’est que ça prend de l’ampleur, ça devient grave, a mentionné récemment celle qui a atteint les huitièmes de finale à Roland-Garros. J’ai eu affaire à ça toute ma vie et je sais malheureusement que je vais devoir gérer ça toute ma vie. Les gens ne semblent pas avoir de contrôle en ligne et ont toute la liberté d’écrire ce qu’ils souhaitent.»

«Ça peut nous détruire»

Ayant dû composer avec des problèmes de santé mentale, notamment en raison des réseaux sociaux, Bianca Andreescu a déjà utilisé l’application, mais elle croit maintenant être assez outillée pour naviguer en toute sécurité sur le web.

«Je pense que dans un sens, c’est une bonne idée parce qu’il y a vraiment beaucoup de commentaires négatifs, surtout en raison des paris sportifs, a dit l’Ontarienne. Mais on doit être prêt pour le monde réel, parce que dans la vie, il y a de l’amour et de la haine. Je pense que c’est un bon départ, notamment pour les jeunes joueurs, parce que ça peut nous détruire, comme ce fut le cas pour moi en 2021. Je lisais sans arrêt les commentaires. Même si tu ne veux pas les lire, c’est plus fort que toi.»

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2023. Capture d'écran tirée du compte Instagram charlottersd.
2023. Capture d'écran tirée du compte Instagram charlottersd. Capture d'écran Instagram charlottersd

Les parieurs qui ont perdu de l’argent se vengent parfois sur les joueurs et c’est une pression à laquelle la Britanno-Colombienne Rebecca Marino a dû faire face, elle qui a même pris une pause de près de cinq ans du tennis.

«Je pense que c’est une idée très cool [l’application]. Ça peut vraiment nous aider, car les joueurs peuvent recevoir beaucoup de messages négatifs et ça gruge du temps de passer à travers tout ça soi-même», a souligné Marino.

Faire confiance à la technologie

Comme la plupart des joueurs à qui Le Journal a parlé durant la quinzaine parisienne, Townsend n’a pas téléchargé l’application, jugeant que la décision revient à chaque individu.

«Ça dépend comment tu gères déjà tes réseaux sociaux et comment tu gères ta vie privée. J’ai personnellement des comptes privés et publics, a-t-elle dit. Il faut donc être capable de laisser l’intelligence artificielle travailler. Il y a toujours une fine ligne quand il est question de technologie. Est-ce que l’intelligence artificielle fera mieux que moi? Mais c’est une opportunité pour vérifier si ça peut nous aider et si on veut poursuivre l’aventure ensuite. Certains athlètes n’ont pas le contrôle sur leurs réseaux sociaux ou n’y vont pas souvent. Ça doit demeurer un choix personnel.»

L’envers de la guerre

Quant à la Bélarussienne Aryna Sabalenka, elle doit vivre avec les messages concernant l’invasion de l’Ukraine par la Russie, qui est soutenue par son pays.

«Ç’a été très difficile. Quand tout a commencé, j’ai reçu beaucoup de messages de haine, a-t-elle indiqué aux médias. Mais je m’attendais à ça. J’essaie d’ignorer le côté négatif des réseaux sociaux. Je me concentre sur les personnes qui s’intéressent vraiment à ma vie, à ma carrière et à ma personnalité. Il y aura toujours beaucoup de personnes qui vont vous haïr, mais beaucoup vous aimeront.»

La deuxième joueuse mondiale prétend que les réseaux sociaux permettent aux gens de connaître la vraie Aryna.

«Je les utilise pour montrer une autre facette de ma personnalité, pas toujours la Aryna agressive. Les gens doivent parfois se dire: “elle est folle!” Ensuite, ils vont voir mes publications et ils vont se dire: “non, finalement, elle n’est pas si folle que ça!”»

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