Attaque américaine contre le Venezuela et capture de Nicolas Maduro: ce que l'on sait
AFP
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Les États-Unis ont mené dans la nuit de vendredi à samedi une série d'attaques aériennes sur le Venezuela, et le président américain Donald Trump a annoncé que ses forces avaient capturé et exfiltré son homologue vénézuélien, Nicolas Maduro et la première dame, Cilia Flores.
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Quand ont été lancées les frappes?
De premières puissantes explosions ont été entendues peu avant 2 h du matin (6 h GMT) à Caracas et dans les environs de la capitale, jusqu'à 3 h 15 (7 h 15 GMT), a constaté l'AFP.
Des images sur les réseaux sociaux ont montré des missiles fendant le ciel puis s'abattant sur leur cible. Des hélicoptères ont également été vus dans le ciel de Caracas.

Donald Trump a annoncé à 9 h 21 GMT sur Truth Social que les États-Unis avaient «mené avec succès une frappe de grande ampleur contre le Venezuela» et que Maduro et son épouse avaient été «capturés et exfiltrés».
«Cette opération, baptisée Absolute Resolve (détermination absolue, NDLR) discrète, précise et menée pendant les heures d'obscurité maximale du 2 janvier, est le point culminant de mois de préparation et d'entraînement», a déclaré le général Caine, le chef d'état-major américain.
Elle a mobilisé plus de 150 avions, dont les frappes aériennes ont ouvert la voie aux hélicoptères utilisés lors du raid de capture du couple présidentiel.
Qu'ont visé ces attaques?
Des explosions suivies de panaches de fumée et d'incendies ont visé le Fuerte Tiuna, le complexe militaire le plus important du Venezuela, qui abrite le ministère de la Défense et l'Académie militaire. De très vaste étendue, il abrite non seulement des structures militaires, mais aussi des espaces urbains de logement de troupes où vivent des milliers de familles.
D'autres explosions ont retenti près du complexe aéronautique de La Carlota, aéroport militaire et de vols privés, dans l'est de Caracas.

Des explosions ont également été rapportées dans l'ouest du pays, à la Guaira (aéroport international et port de Caracas), à Maracay, capitale de l’État d'Aragua (100 km au sud-ouest de Caracas), et à Higuerote (100 km à l'est de Caracas) dans l’État de Miranda, sur la côte Caraïbe.
Quel bilan de victimes?
Le ministre de la Défense, le général Vladimir Padrino Lopez, a accusé l'armée américaine d'avoir frappé «au moyen de missiles et de roquettes tirés depuis leurs hélicoptères de combat des zones résidentielles de population civile».
Aucun bilan humain n'a été communiqué à la mi-journée par les autorités vénézuéliennes.
Donald Trump sur Fox News s'est lui félicité qu'aucun soldat américain n'avait perdu la vie dans l'opération. Il a déclaré au New York Post que «de nombreux Cubains» qui protégeaient Maduro «ont perdu la vie», première indication de pertes humaines dues aux frappes américaines au Venezuela.
Comment le président Maduro a été arrêté et exfiltré?
Personne ne savait exactement où résidait le président vénézuélien, auquel on prêtait de changer souvent de résidence ces derniers mois.
Donald Trump a raconté avoir suivi en direct l'opération de sa capture, «comme une émission télévisée».
«Il se trouvait dans un endroit très fortement gardé... en fait, c'était comme une forteresse», a-t-il dit, expliquant que M. Maduro aurait tenté d'entrer dans «un espace de sécurité avec de l'acier solide tout autour», mais qu'«il s’est fait attraper» avant.
« ls se sont rendus sans résister», a ensuite dit le général Caine.
Le président américain a publié une photo de Nicolas Maduro menotté, un masque sur les yeux, déclarant que le président vénézuélien se trouve à bord du navire de guerre USS Iwo Jima.

Visé par un acte d'accusation de «narcoterrorisme», le couple est arrivé sur le sol américain, près de New York, peu après 22 h 30 GMT.
Quel futur gouvernement?
Donald Trump a dit que les États-Unis «dirigeraient» le Venezuela jusqu'à ce qu'une transition politique «sûre» puisse avoir lieu, sans cependant préciser pour l'heure comment. Il a dit n'avoir «pas peur d'envoyer des troupes sur le terrain si besoin».
«L'heure de la liberté est arrivée», a aussitôt lancé la cheffe de l'opposition vénézuélienne, Maria Corina Machado, prix Nobel de la paix 2025. Elle a estimé que le candidat de l'opposition à la présidentielle de 2024, Edmundo Gonzalez Urrutia, doit «assumer immédiatement» la présidence «et être reconnu comme Commandant en chef de la Force armée«». «Le Venezuela sera libre», a-t-elle tonné.
«Nous sommes prêts», a emboîté M. Gonzalez Urrutia, en exil en Espagne.
Mais Donald Trump a douché leurs espoirs, estimant à propos de Mme Machado «qu'il lui serait très difficile d'être à la tête du pays» car «c'est une femme très gentille, mais elle n'inspire pas le respect». Il affirme que les Etats-Unis n'ont pas eu de contact avec l'opposante.
«Pour l'heure, la frappe de Trump contre le Venezuela n'a pas abouti à un changement de régime, mais à un changement de dirigeant. Le régime demeure, et tout ce qui a été accompli, c'est de capturer Maduro, tuer des personnes, enfreindre le droit interne et international, et s'aventurer dans l'inconnu», a estimé Stephen Wertheim, du centre Carnegie Endowment for International Peace.