Les pilotes de F1 et la FIA en guerre
Vocabulaire, comportement et congédiement mettent le feu aux poudres


François-David Rouleau
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LAS VEGAS | Le torchon brûle à feu vif entre les pilotes de la F1 et la Fédération internationale de l’Automobile (FIA). Le claquement de porte ou le congédiement du directeur de course est le dernier épisode au feuilleton de cette guerre qui ne fait que s’envenimer.
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Il y a longtemps que l’Association des pilotes de Grand Prix (GPDA) n’avait pas été aussi vocale et directe envers l’organisme de gouvernance du sport automobile.
Dans une rare lettre ouverte incendiaire publiée après la course au Brésil, elle a pointé du doigt le comportement et le discours public du président de la FIA, Mohammed Ben Sulayem, afin qu’il agisse pour traiter les membres comme des adultes. Elle lui a aussi suggéré de surveiller son propre ton et son langage en s’adressant à eux.

La GPDA faisait ainsi référence aux nombreuses récriminations reçues et aux sanctions imposées aux pilotes à propos de leurs paroles et du vocabulaire souvent grivois utilisé en public. L'Émirati Ben Sulayem ne les digère pas, entre autres, puisqu'ils se sont répandus dans les paddocks, notamment avec l'ancien directeur de l'écurie Haas, Günther Steiner.
Depuis cet été, la FIA distribue des amendes salées aux pilotes et membres d'écurie qui s'expriment mal. Ce sujet fait rager dans la communauté F1 alors que Mx Verstappen s'est souvent exprimé.
S’ajoute aussi dans la lettre une demande pour que la FIA soit plus transparente dans ses décisions et dans le traitement des sanctions financières.
Mais depuis la réception de cette missive publique, la FIA n’a émis aucun commentaire ni n’a tendu la main.
Congédiement déguisé
Et voilà que l’Association a appris avec surprise le départ soudain de l’unique directeur de course, Niels Wittich, après seulement deux années dans un poste hautement controversé depuis plusieurs saisons, avec les actions et les décisions appliquées dans le feu de l’action.
Une démission qui a pris des allures de congédiement alors qu’il a confirmé au magazine spécialisé allemand Motorsport que ses services n’étaient plus requis. La recrue de la F1 Rui Marques débarque donc à Vegas alors que le Championnat des pilotes est en jeu et que celui des constructeurs est férocement disputé.
Tous les pilotes du plateau ont raconté avoir pris connaissance de cette nouvelle par les médias ou les réseaux sociaux. Ce qui démontre le peu de reconnaissance de la FIA, qui aurait négligé de les avertir par les voies officielles.
Pas à l’écoute
À 24 heures des essais libres à Las Vegas, l’un des directeurs de la GPDA, George Russell, s’est exprimé sur les relations tendues entre son association et la FIA.
«Je ne suis pas certain de savoir si nous sommes écoutés et entendus. Certaines des modifications apportées... Plusieurs pilotes sont écœurés de toute cette situation. Je sens que ça s’empire et qu’on s’en va dans la mauvaise direction.»
«C’est plus difficile d’obtenir des changements et que les promesses soient respectées, a-t-il ajouté lors de la conférence de presse de la FIA, mercredi soir, alors qu’il était bombardé de questions sur le sujet.
«Peut-être que la FIA ou son président ne reconnaissent pas comment nous nous sentons dans tout ça. Lors des 20 courses cette saison et même l’an dernier, nous avons abordé plusieurs sujets. Tous les pilotes, nous étions sur le même diapason.
«Nous savons ce que nous voulons dans ce sport. Dans cette direction prise, nous souhaitons faire un revirement de situation dans quelques aspects. Il faut travailler avec la FIA à cet effet.»