Les investissements étrangers au Québec «sur pause» face à la menace Trump
Avec les tarifs qui se profilent, se présenter comme une porte d’entrée aux États-Unis n’est plus très vendeur


Sylvain Larocque
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La menace de tarifs douaniers brandie par Donald Trump a figé les projets d’investissement des entreprises étrangères au Québec et ailleurs au Canada.
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«On avait des projets d’attraction d’entreprises internationales intéressées à venir développer des innovations au Québec pour les commercialiser auprès des producteurs ici et aux États-Unis. Là, Trump sort; évidemment qu’on devient beaucoup moins concurrentiels. Ils n’ont plus envie de venir ici, ils vont aller aux États-Unis directement. Ça nous fait très mal d’un point de vue de développement économique», laisse tomber Marilou Cyr, directrice générale de la Zone Agtech, un organisme spécialisé dans les technologies agroalimentaires.

Chez Montréal International aussi, le retour de M. Trump à la Maison-Blanche annonce des mois difficiles.
Européens et Asiatiques
«Ce ne sont pas que les investisseurs américains qui disent: “On va attendre de voir ce qui va se passer avec notre président.” Les Européens et les Asiatiques qui envisagent d’investir en Amérique du Nord se posent la même question qu’eux», confie Stéphane Paquet, PDG de l’organisme chargé d’attirer des investissements étrangers.
«La planète investissements a pris une pause, ajoute-t-il. C’est pas juste à Montréal, c’est partout.»

Il reste que le Québec et le reste du Canada sont particulièrement touchés par l’attentisme qui sévit en raison de leur proximité avec l’important marché américain. L’imposition de tarifs réduirait substantiellement l’avantage, pour une multinationale, de s’installer ici pour desservir les États-Unis.
«On positionne toujours Montréal comme une porte d’entrée sur l’Amérique du Nord, ce qui veut dire que la majorité des grands investissements qu’on réussit à aller chercher en Europe, en Asie ou ailleurs, c’est parce que Montréal [donne accès aux États-Unis]», souligne M. Paquet, en notant que le Canada est «dépendant» de son grand voisin, tant pour les investissements étrangers que pour les exportations.
Pas encore d’annulation
Celui-ci assure qu’aucune entreprise étrangère n’a encore annulé de projet d’investissement dans la région de Montréal.
«Le délai d’incubation pour les projets qu’on travaille en ce moment va être plus long», concède-t-il toutefois. L’impact est particulièrement marqué dans le secteur de la fabrication, qui serait frappé de plein fouet par d’éventuels tarifs.
«Je m’attends à ce que dans nos résultats 2025, il y ait plus d’investissements de la part d’entreprises de services et un peu moins de manufacturiers», dit Stéphane Paquet.
L’an dernier, les entreprises étrangères ont réalisé environ 12% de l’ensemble des investissements en immobilisations non résidentielles du Québec.
Les États-Unis et la France sont responsables des deux tiers des investissements effectués par des entreprises non québécoises dans le grand Montréal. Le reste du Canada représente à peine 5%.
– Avec Louis Deschênes
La Caisse, Hydro et Kruger à Washington lundi
La ministre des Relations internationales, Martine Biron, se rendra à Washington dimanche en vue de l’investiture de Donald Trump, qui aura lieu lundi, et restera dans la capitale américaine jusqu’à mardi. Plusieurs dirigeants de sociétés d’État et d’entreprises québécoises seront également présents à Washington. Parmi les organisations représentées, on compte la Caisse de dépôt, Hydro-Québec, Investissement Québec, Kruger, Boralex, l’Association de l’aluminium du Canada et la Fédération des chambres de commerce du Québec.
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