Les conservateurs soutiennent les manifestants cubains

Raphaël Pirro
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Le chef conservateur Erin O’Toole appuie le mouvement de contestation populaire contre le régime cubain et écorche au passage Justin Trudeau, qu’il accuse de «soutenir» le «régime de Castro».
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«Depuis trop longtemps, Cuba est dirigé par des dictateurs brutaux qui limitent les droits et les libertés de la population, et qui commettent des actes terribles d’oppression, de meurtre et de tyrannie. Et bien que les décennies de possibilités perdues ne puissent jamais être retrouvées, nous pouvons soutenir le peuple cubain en défendant les droits de la personne, la primauté du droit, la liberté et la démocratie», a déclaré par communiqué M. O’Toole mardi.
En point de presse mardi, Justin Trudeau s’est montré solidaire aux manifestants qui réclament plus de droits et de meilleures conditions de vie, indiquant que le Canada s’est toujours démontré «amical avec le peuple cubain» et que le pays a toujours appelé au respect des droits humains.
Il n’a cependant pas dénoncé le gouvernement du président Miguel Diaz-Canel, ce que n’a pas manqué de souligner le leader conservateur.
Dans un message transmis à l’Agence QMI lundi, Affaires mondiales Canada indiquait que le pays soutenait le «dialogue pacifique et inclusif» entre le gouvernement cubain et ses opposants.
«Le Canada soutient le droit à la liberté d’expression et de réunion et demande à toutes les parties de respecter ce droit fondamental», a-t-on fait savoir dans une déclaration transmise à l’Agence QMI.
Depuis dimanche, des milliers de manifestants aux quatre coins de l’île des Caraïbes se réunissent pour réclamer un changement de gouvernement et de meilleures conditions de vie, alors que la population fait face à une explosion des cas de COVID-19 depuis la dernière semaine de juin.
Or, le gouvernement cubain a emprisonné environ une centaine de personnes, concluant des figures de la dissidence, et a coupé depuis dimanche le service internet sur l’île.
«La Révolution cubaine ne va pas tendre l’autre joue à ceux qui l’attaquent dans les espaces virtuels et réels», a tweeté lundi soir le président Miguel Diaz-Canel.
«Nous éviterons la violence révolutionnaire, mais nous réprimerons la violence contre-révolutionnaire», a-t-il mis en garde.
Raul Castro de retour
Signe de la gravité de la situation, Raul Castro a dû sortir de sa retraite.
Âgé de 90 ans, l’ex-meneur de la révolution cubaine de 1959, avec son frère Fidel, a laissé les rênes du Parti communiste (PCC, unique) en avril à Miguel Diaz-Canel, qui lui avait succédé à la présidence en 2018.
Il a assisté dimanche à une réunion du Bureau politique du Comité central du PCC dans laquelle «ont été analysées les provocations orchestrées par des éléments contre-révolutionnaires, organisés et financés depuis les États-Unis avec des objectifs de déstabilisation», a indiqué mardi «Granma», le journal officiel du parti.
Les 14 membres du Bureau politique, cœur du pouvoir sur l’île, «ont abordé également la réponse exemplaire du peuple à l’appel du camarade Diaz-Canel à défendre la Révolution dans les rues, ce qui a permis de faire échouer les actions subversives», a-t-il ajouté.