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Les champignons médicinaux remplissent-ils leurs promesses?

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Photo portrait de Isabelle Huot

Isabelle Huot

2026-04-12T04:00:00Z

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Tantôt qualifiés de superaliments, tantôt présentés comme adaptogènes, certains champignons se voient attribuer une panoplie de vertus pharmacologiques : modulation du système immunitaire, régulation de la glycémie, propriétés antitumorales, effets anti-inflammatoires ou neuroprotecteurs. Leur popularité explose, autant dans les suppléments que dans les aliments fonctionnels. Mais que dit réellement la science ?

Utilisés depuis des millénaires dans les médecines traditionnelles chinoise et japonaise, les champignons médicinaux occupaient historiquement une place thérapeutique bien établie. Toutefois, ce n’est que depuis quelques décennies que la recherche scientifique moderne s’intéresse de près à leurs composés bioactifs et à leurs effets potentiels chez l’humain.

Les composantes bioactives : au cœur de l’intérêt scientifique

Les effets attribués aux champignons reposent principalement sur la présence de composés bioactifs, dont plusieurs font aujourd’hui l’objet de recherches. Les plus étudiés sont les β-glucanes, des polysaccharides. Ces fibres solubles stimuleraient certaines cellules immunitaires (macrophages, lymphocytes), moduleraient la réponse inflammatoire et pourraient jouer un rôle adjuvant en oncologie. D’autres composés retiennent également l’attention, c’est le cas des terpénoïdes, des phénols et de l’ergostérol.

Tour d’horizon des principaux champignons aux vertus médicinales

1. Le reishi

Surnommé le « champignon de l’immortalité » en Chine, le reishi est souvent classé parmi les adaptogènes, c’est-à-dire des substances qui aideraient l’organisme à mieux s’adapter au stress physique et aux stress mental. Riche en β-glucanes et en triterpènes, il est étudié pour ses effets immunomodulateurs, anti-inflammatoires et antifatigue. Des essais cliniques randomisés suggèrent une amélioration de la qualité de vie chez certains patients atteints de cancer, notamment en complément de traitements comme la chimiothérapie. Les bénéfices observés concernent surtout la fatigue, le bien-être général et certains marqueurs immunitaires. En revanche, les données actuelles ne montrent pas d’augmentation significative de la survie à long terme. Le reishi ne remplace en aucun cas les traitements médicaux conventionnels.

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2. Le shiitaké

Le shiitaké est sans doute le champignon médicinal le plus familier dans nos assiettes. Au-delà de son intérêt culinaire, il contient des β-glucanes spécifiques, dont le lentinane, étudié pour ses effets immunostimulants et antitumoraux. Le shiitaké renferme également des composés phénoliques, de l’ergostérol et divers peptides bioactifs, qui pourraient contribuer à des effets antioxydants et antiviraux. Certaines études suggèrent un effet hypoglycémiant, d’autres des propriétés anticancérigènes. Toutefois, la majorité de ces résultats proviennent d’études in vitro ou chez l’animal. Les preuves cliniques chez l’humain demeurent limitées.

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3. Le chaga

Le chaga pousse principalement sur les bouleaux des régions nordiques et il est traditionnellement consommé sous forme de tisane. Il est riche en antioxydants, notamment en mélanine et en composés phénoliques. On lui attribue des propriétés anti-inflammatoires, antioxydantes, hypoglycémiantes et anticancéreuses. Certaines recherches précliniques suggèrent un potentiel dans la régulation de la glycémie et l’inhibition de la croissance tumorale. Cependant, les données humaines sont très limitées.

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4. Le lion’s mane (hydne hérisson)

Reconnaissable à ses longs filaments blancs évoquant une crinière, le lion’s mane suscite de l’intérêt en neurosciences. Il contient des composés uniques, dont les érinacines et les héricénones, qui pourraient stimuler les fonctions cognitives. Traditionnellement utilisé pour apaiser l’anxiété et soutenir la digestion, il est aujourd’hui étudié pour ses effets potentiels sur la mémoire, la cognition et la neuroplasticité. Quelques essais cliniques préliminaires suggèrent des bénéfices modestes sur les fonctions cognitives et l’humeur, mais les échantillons sont restreints et les durées d’intervention sont courtes.

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5. Le maitake

Utilisé depuis des siècles en Asie, le maitake est particulièrement riche en β-glucanes. Des études suggèrent un effet favorable sur la modulation du système immunitaire ainsi que sur la régulation de la glycémie et la sensibilité à l’insuline, ce qui en fait un candidat d’intérêt dans le contexte du diabète de type 2. Là encore, les résultats sont prometteurs, mais ils nécessitent des essais cliniques de plus grande envergure pour confirmer son efficacité et établir des doses optimales.

6. La queue de dinde

La queue de dinde est l’un des champignons les plus étudiés en oncologie. Certains de ses extraits, comme le PSK (polysaccharide-K), sont utilisés comme adjuvants aux traitements anticancéreux dans certains pays. Les données cliniques suggèrent des bénéfices sur la survie, la réponse immunitaire et la qualité de vie, avec des effets secondaires généralement légers.

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Conclusion

Les champignons médicinaux offrent un potentiel thérapeutique réel, soutenu par des recherches précliniques et des essais cliniques modestes mais encourageants, notamment en oncologie, en modulation du système immunitaire et en régulation de la glycémie. Toutefois, des essais cliniques plus robustes, des données claires sur les doses et des mécanismes d’action bien établis sont indispensables avant de les recommander à plus large échelle. Dans l’alimentation, les champignons demeurent d’excellents alliés nutritionnels, apportant fibres, antioxydants et composés bioactifs. En revanche, avant de recourir à des suppléments concentrés ou à des produits enrichis, il est préférable d’en discuter avec un professionnel de la nutrition afin d’évaluer les bénéfices réels, les interactions possibles et la pertinence selon le contexte individuel.

Voici une recette pour déguster les champignons.

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