Hydro-Québec s’attend à quintupler ses ventes aux centres de données des Google et Amazon de ce monde, qui auraient «un impact économique équivalant à des alumineries», selon son chef de la direction financière.
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Les centres de données de multinationales comme Google, Microsoft ou Amazon ne sont pas réputés pour créer beaucoup d’emplois. Pourtant, dans son plan d’approvisionnement, Hydro-Québec prévoit vendre cinq fois plus d’électricité à ce type de clients qu’elle ne le fait aujourd’hui.
D’où vient cet engouement, si les emplois sont peu nombreux? «On a une étude de KPMG qui nous dit que les centres de données ont un impact économique équivalant à des alumineries», a dit Jean-Hugues Lafleur, vice-président exécutif et chef de la direction financière d’Hydro-Québec, en réponse à une question du Journal lors de la présentation des résultats financiers d’Hydro-Québec.
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Obligée de les raccorder
«Maintenant, est-ce qu’on fait la promotion auprès des centres de données pour leur dire “venez vous installer au Québec”? La réponse, c’est non. On ne fait plus ça», tient-il à préciser. M. Lafleur faisait référence à une étude de 2017 effectuée par la firme de services-conseils KPMG, qui estimait que le secteur pourrait générer jusqu’à 14 000 emplois d’ici 2025.
«Ceci étant, tous les centres de données qui consomment plus de 50 mégawatts, c’est le gouvernement qui va décider si ce centre-là, on va l’alimenter ou pas. Si c’est en bas de 50 mégawatts, nous sommes obligés par la loi de les raccorder, comme tout autre client», précise M. Lafleur.
Hydro-Québec offre un tarif de 5,18 cents le kilowattheure pour les centres de données, soit le tarif accordé aux grandes entreprises.
«Pas d’accord!»
«En tout respect pour Hydro-Québec, je ne suis pas d’accord», affirme sans détour Jean Simard, président et chef de la direction de l’Association de l’aluminium du Canada. «Les alumineries génèrent beaucoup plus de retombées économiques que les centres de données, et de loin», dit-il, faisant référence à une étude de l’Institut du Québec datant de 2022.
«Les centres de données génèrent des emplois lors de leur construction. Mais après ça, c’est juste des données. Il n’y a pas grand monde qui travaille là. C’est du jus qui rentre et du jus qui sort», image-t-il. Les alumineries, au contraire, dépensent 10 millions par jour, 365 jours par année, même en temps de pandémie, dit-il.
«On a 2500 fournisseurs en aluminium à travers le Québec. Ce sont les plus hauts salaires dans le secteur manufacturier au Canada», conclut-il. Hydro-Québec devrait mettre à jour ses données, selon M. Simard, qui rappelle qu’Hydro-Québec a lu l’étude de l’Institut du Québec et n’a rien trouvé à redire.
Bénéfice record pour Hydro
- Bénéfice record de 862 millions $ au 3e trimestre;
- Bénéfice net de 3,6 milliards $ pour les trois premiers trimestres de 2022 (c’est plus que tous ses profits de l’an dernier);
- La flambée des prix de l’énergie continue de jouer en faveur d’Hydro (Hydro a vendu à 8,2 cents sur les marchés d’exportation, comparé à 4 cents l’an dernier);
- Le volume de ventes à l’étranger s’est élevé à 10,9 térawattheure, aussi un record.

