Le gouvernement du Québec vient de déposer un décret demandant à la Régie de l’énergie d’«envisager» le retrait des 270 MW de puissance électrique réservés à des projets industriels de chaînes de blocs, le plus souvent associés au minage de cryptomonnaies.
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Il s’agit d’un revirement complet de stratégie du gouvernement de François Legault, qui vient rappeler à grands traits l’inquiétude de Québec de ne pouvoir continuer à combler l’ensemble de ses besoins énergétiques à court et à moyen termes.
Le nouveau ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, responsable d’Hydro-Québec, Pierre Fitzgibbon, en a fait l’annonce ce jeudi matin, par la publication d’un gazouillis, sur Twitter, peu avant 11h.
Le court message se lisait comme suit: «Considérant la forte demande d’énergie, le gouvernement a demandé par décret à la Régie de l’énergie d’envisager de retirer les 270 MW réservés pour des projets de chaînes de blocs. Nous demeurons ouverts aux projets qui auront des retombées plus importantes.»

Besoin accru en électricité
Coïncidence ou non, moins de deux heures plus tard, Hydro-Québec publiait un communiqué nous informant du dépôt de son nouveau Plan d’approvisionnement, lequel revoit considérablement à la hausse ses besoins en électricité.
La société d’État anticipe une croissance de la demande québécoise d'électricité de 25 térawattheures (TWh), ou de 14% sur la période 2022-2032, notamment attribuable à la transition énergétique. C’est 5 TWh ou 25% de plus que ce qu’Hydro-Québec prévoyait l’an dernier.
Dans les prochaines semaines, le nouveau comité chargé de coordonner les actions d’Hydro-Québec avec les objectifs de développement économique du nouveau gouvernement doit se réunir. Peu de choses ont filtré sur ce comité, si ce n’est qu’il sera présidé par le premier ministre, François Legault.
Hydro-Québec précise qu’elle entend répondre à cette demande accrue en misant sur l’efficacité énergétique et la gestion de la puissance en pointe, en procédant à de nouveaux appels d’offres et en faisant une «gestion proactive de ses moyens de production».
La Régie de l’énergie, Hydro-Québec, de même que les représentants de la filière industrielle de la chaîne de blocs au Québec, n’ont pas encore réagi au dépôt du décret gouvernemental.
– Avec la collaboration de David Descôteaux
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