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Une fascinante tête de baseball honorée à Québec: Miles Wolff fait désormais partie des immortels des Capitales

Miles Wolff entouré de Jean-François Côté (à gauche) et d'André Lachance, lors du cocktail célébrant le premier propriétaire des Capitales de Québec, vendredi.
Miles Wolff entouré de Jean-François Côté (à gauche) et d'André Lachance, lors du cocktail célébrant le premier propriétaire des Capitales de Québec, vendredi. Photo Jessica Lapinski
Photo portrait de Jessica Lapinski

Jessica Lapinski

2024-07-19T22:30:00Z

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Des dizaines de membres actuels et d’anciens de la première heure des Capitales s’étaient donné rendez-vous au Stade Canac vendredi afin de rendre hommage à Miles Wolff, le père fondateur de l’équipe, le visionnaire sans qui les belles soirées de baseball l’été à Québec n’auraient pas été possibles.

Wolff, qui a été le premier propriétaire du club, de 1999 à 2010, est aussi devenu le premier bâtisseur intronisé au mur de l’excellence du Stade Canac.

Photo Jessica Lapinski
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Jean-François Côté et André Lachance, qui avaient été les premiers à approcher M. Wolff avec comme but de ramener une concession de baseball professionnel à Québec (voir plus bas), étaient parmi les gens qui étaient venus serrer la main du grand homme de baseball de 81 ans.

«Ce qui m’a le plus marqué chez lui, a raconté M. Côté, c’est que lorsqu’on l’a appelé la première fois, il était alors l’éditeur du magazine Baseball America. On voulait le contacter afin d’avoir des conseils.»

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«On avait appelé au magazine et c’est lui qui avait répondu! On s’est dit: “Wow, ce monsieur a beau avoir une grande réputation dans le monde du baseball, de l’argent, mais ça demeure quelqu’un de très normal, comme vous et moi.”» 

Le nombre de pizzas écrit à la main

D’ailleurs, si Miles Wolff est en apparence quelqu’un de très réservé, Jean-François Côté a pour sa part côtoyé quelqu’un de beaucoup plus coloré, à l’image des innombrables projets de baseball qu’il a mis sur pied durant plus de six décennies.

Mais M. Wolff est aussi un homme méticuleux qui prenait bien soin de conserver une trace écrite à la main de la comptabilité de l’équipe dont il était propriétaire.

À titre de preuve: ces tableaux écrits de façon très lisibles par le proprio et qui retracent toutes les finances de l’équipe à leur première saison. Y compris le nombre de pizzas vendues!

Le vice-président Charles Demers s’est fait une joie d’apporter le cahier de notes à Miles Wolff, lors du cocktail tenu en son honneur avant la cérémonie sur le terrain, et le fou de baseball (ainsi que des affaires) semble avoir pris un grand plaisir à le consulter.

Photo Jessica Lapinski
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À la découverte de Québec
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Parmi les convives, il y avait évidemment le président Michel Laplante, qui a d’abord connu comme joueurs, alors que M. Wolff était le propriétaire d’une équipe dans le Wisconsin pour laquelle le lanceur évoluait.

«Ma première rencontre avec lui, à l’époque, avait été marquante, a pointé Michel Laplante. Mais par la suite, on a vécu tellement de choses ensemble. Pendant quatre ans, nous avons vécu dans sa maison quand sa famille n’y était pas.»

C’est d’ailleurs ensemble que les deux hommes ont découvert Québec au fil des ans, puisqu’aucun deux n’était originaire de la ville.

Michel Laplante a été étonné de voir à quel point l’Américain voulait apprendre à connaître le marché dans lequel une des nombreuses équipes qu’il aura possédé dans sa carrière évoluait.

«Le matin, il nous attendait dans son bureau avec les deux journaux [Le Journal de Québec et Le Soleil], a-t-il expliqué. Il avait un dictionnaire à côté de lui, mais il nous pointait des mots afin d’en comprendre le sens.»

«Il aurait tellement voulu être capable d’apprendre le français!»

Mais cet «échec», l’un des rares dans sa longue carrière, n’aura pas empêché Miles Wolff de laisser une trace indélébile dans l’histoire du sport à Québec.

 

Qui est le fascinant et innovateur père fondateur des Capitales?

Miles Wolff est l’un des hommes les plus influents de l’histoire du baseball, selon une liste publiée en 2014 par Total Baseball, où le père fondateur des Capitales de Québec figure au 79e rang.

Photo d'archives, Agence QMI
Photo d'archives, Agence QMI

Pour cause: le natif de Baltimore a permis la résurrection du baseball indépendant, quand, en 1993, il fait renaître de ses cendres la Ligue Northern. Aujourd’hui, des équipes non affiliées au baseball majeur font de nouveau vibrer les foules aux quatre coins de l’Amérique du Nord.

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Rentable et attirant

Tout au long de son implication dans le baseball mineur ou indépendant, il a contribué à redonner ses lettres de noblesse à ces joueurs qui n’évoluent pas dans la MLB. Il a du même coup prouvé que ce type de baseball pouvait être rentable et attirer des spectateurs, expliquait un article de la Society for American Baseball Research, paru il y a quelques années.

Au fil des ans, Wolff – qui est également auteur, entre autres choses – a été propriétaire d’une dizaine d’équipes de baseball indépendant, dont les Capitales, qu’il a fondées en 1999. Il a aussi été le commissaire de différents circuits indépendants.

  • Né le 30 décembre 1943 à Baltimore, Miles Wolff est le fils de l’éditeur d’un journal. Un fait qui ne sera pas anodin dans sa carrière, puisqu’il suivra les traces de son père en détenant pendant près de 20 ans le magazine Baseball America.
  • Le «parrain du baseball indépendant» est diplômé de la prestigieuse université Johns Hopkin de Baltimore, où il a étudié dans divers domaines, dont l’Histoire. Il aspirait à devenir un joueur de baseball professionnel, mais il s’est rendu compte à l’adolescence que ses chances d’y faire carrière étaient minces.
  • En 1980, il devient le propriétaire des Bulls de Durham, une équipe AAA de la Caroline du Nord, désormais affiliée aux Rays de Tampa Bay. M. Wolff contribuera à ce que soit portée au grand écran la comédie romantique Bull Durham (La belle et le vétéran), un film de baseball paru en 1988. Avec Kevin Costner et Susan Sarandon comme acteurs principaux, il connaîtra un succès fracassant aux guichets: en Amérique du Nord, il engrangera quelque 50 millions $. Et les Bulls de Durham vivront aussi, sous le règne de Wolff, du succès à leurs propres guichets. En 1990, plus de 300 000 spectateurs assisteront à leurs matchs, une première dans le baseball affilié.
  • En 1995, Miles Wolff reçoit dans son bureau de Baseball America l’appel de deux passionnés de baseball de Québec. Jean-François Côté et André Lachance veulent parler à l’éditeur afin d’obtenir des conseils pour leur projet de relance du baseball professionnel à Québec. Ils recevront finalement beaucoup plus, a raconté M. Côté à l’Agence QMI, il y a quelques années. «Finalement, au fil de la discussion, nous avons senti une certaine forme d’intérêt de sa part de s’impliquer dans notre plan de ramener une équipe de baseball professionnel à Québec.»
Photo d'archives
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  • Le projet prendra vie en 1998 et l’équipe se joindra à la Ligue Northern la saison suivante. C’est Miles Wolff qui embauchera comme joueur celui qui est aujourd’hui le président des Capitales, Michel Laplante, qui était à l’époque lanceur au sein d’une autre de ses équipes. Wolff revendra finalement le club en 2010.
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