Les Capitales heureux pour Guillermo Garcia malgré sa défection
Le joueur de 24 ans est devenu le premier Cubain de l’équipe à quitter son pays


Stéphane Cadorette
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WASHINGTON, Pennsylvanie | Lorsque Patrick Scalabrini a annoncé à ses joueurs après le premier match de la finale à Washington que le joueur d’avant-champ cubain Guillermo Garcia avait fait défection, il s’attendait à une douche froide. Ce fut loin d’être le cas.
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Tard mardi soir, après le revers de 5-2 face aux Wild Things, en Pennsylvanie, le directeur général Charles Demers s’est rendu dans le bureau des entraîneurs pour dévoiler la bombe à Scalabrini.
Le gérant, incrédule, peinait à croire que Garcia était devenu plus tôt dans la journée le premier joueur cubain chez les Capitales à faire défection. Ses joueurs ont pris la nouvelle inattendue du bon côté.
«Ce n’était pas du tout la réaction à laquelle je m’attendais. J’ai demandé aux gars comment ils se sentaient et la réaction générale c’est: on est content pour lui.
«Il a raconté un peu son histoire et sa situation familiale difficile. Il veut se donner une nouvelle chance dans la vie. Guillermo est quelqu’un de très gentil et les gars sont heureux qu’il ait d’autres occasions. On le lui souhaite assurément», a réagi Scalabrini, deux heures avant le deuxième match de la finale, au Wild Things Park.
Personne ne l’a vu venir
Le joueur de 24 ans a quitté Québec dans la journée de mardi à destination de Santo Domingo, en République dominicaine, où il estime avoir de meilleures chances d’attirer l’attention du baseball majeur.
C’est une situation que les Capitales n’avaient jamais vécue, depuis qu’ils ont tissé des liens avec la fédération cubaine de baseball, en 2013. Garcia était le dixième joueur cubain à s’aligner avec l’équipe.
L’un des joueurs les plus proches de Garcia dans le vestiaire, Jesmuel Valentin, affirme qu’il n’a pas eu le moindre indice pouvant laisser croire que le Cubain s’apprêtait à prendre une décision aussi déchirante.
«Honnêtement, on ne se doutait pas. Je ne croyais pas qu’il allait faire défection. On ne sait pas à quel point sa situation est sérieuse et difficile. Il faut faire confiance aux gens qui l’ont aidé à partir», a-t-il dit.
«On a un groupe où on s’échange des messages, photos et vidéos entre joueurs latinos de l’équipe. Hier, il envoyait des trucs toute la journée. On pensait qu’il était à Québec à nous attendre. Ça nous a tous pris par surprise», a assuré le Portoricain.
Un choix propre à chacun
À titre de leader dans l’équipe, Kyle Crowl croit que la décision de Garcia doit être respectée puisqu’il est impossible de se placer dans ses chaussures.
«Chacun est libre d’essayer de vivre la meilleure vie possible», a-t-il plaidé.
«On ne savait pas tant de choses sur lui. Ce n’était pas toujours facile de communiquer avec lui puisqu’il parlait seulement espagnol. Ce que je remarquais, c’est qu’il semblait tout le temps de bonne humeur, mais on ne peut jamais vraiment savoir comment se sentent ces personnes qui en arrivent à faire défection de leur pays», a-t-il sagement rappelé.
Même si Garcia n’accompagnait pas l’équipe sur la route aux États-Unis cette saison puisqu’il n’a jamais obtenu son visa de travail américain, ses coéquipiers espéraient le retrouver à Québec pour la suite de la série, dès vendredi.
«Il ne faut pas penser à comment cette situation peut nous affecter, mais il faut seulement penser à lui. Si on peut gagner cette série, tout le monde finira heureux», a souligné Valentin.
Un blessé de taille
Tout indique que les Wild Things, de leur côté, seront privés de leur meilleur joueur, Caleb McNeely, pour le reste de la série. Ce dernier a été sacré joueur le plus utile au terme de la saison dans la Ligue Frontière.