Les boxeuses françaises privées des Mondiaux à cause des tests de féminité

Agence France Presse
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PARIS | L'équipe de France féminine de boxe, qui devait prendre part aux premiers Championnats du monde de World Boxing à partir de jeudi, se retrouve privée de compétition, les résultats des tests de féminité exigés pour participer n'ayant pu être transmis à temps.
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«Inadmissible»
Privée de compétition, la Française Maëlys Richol a fait part sur ses réseaux de sa «frustration», de sa «colère» et de sa «déception».
«Après une année entière de travail, nous nous retrouvons écartées non pas pour une question sportive, mais à cause d'une gestion désastreuse et injuste. C'est extrêmement dur à encaisser», a-t-elle déploré.
Dans un message transmis à l'AFP, la ministre des Sports Marie Barsacq a jugé cette situation «inadmissible», disant partager la «colère légitime» des Bleues.
Elle a indiqué qu'elle adresserait dans la journée un courrier à World Boxing, à qui elle demande «de faire toute la lumière sur les raisons qui ont abouti à cet imbroglio».
Candidate malheureuse à la présidence de la Fédération française l'an dernier, Estelle Mossely a dénoncé «une catastrophe sportive» et «une faute professionnelle de la part des personnes en charge des athlètes».
L'instance tricolore s'est toutefois défendue de toute négligence. Ce «dysfonctionnement» n'est «aucunement imputable à la Fédération française», écrit-elle.
«Au contraire, [celle-ci] s'est mobilisée dès le départ pour répondre aux exigences de World Boxing et s'est fiée aux engagements de cette dernière.»
Selon la BBC, sept autres boxeuses, originaires de la République dominicaine, Fidji, le Nigéria et les Philippines, seraient dans la même situation.
Contacté par l'AFP, un dirigeant de World Boxing a exprimé ses «regrets» quant au fait que «certaines boxeuses» n'aient pas pu transmettre leur résultat avant la date limite.
«Mais les règles et les délais avaient été publiés», a-t-il précisé.

Requête judiciaire
Dans un communiqué, l'instance mondiale a ensuite rappelé que les tests relevaient de la responsabilité des fédérations nationales.
«Celles-ci sont les plus proches de leurs boxeurs, ont le plus facilement accès à eux et sont les mieux placées pour gérer le processus de test. Elles supervisent également le processus d'inscription des boxeurs et savent donc quels boxeurs doivent être testés et à quel moment», a justifié l'organisation.World Boxing, toute jeune fédération internationale reconnue par le Comité international olympique après la mise à l'écart de l'Association internationale de boxe, organise à Liverpool ses premiers Mondiaux.
Pour pouvoir y participer, les boxeuses devaient se soumettre au préalable à un test PCR, une mesure faisant suite aux polémiques liées aux titres olympiques remportés l'an dernier par Imane Khelif et Lin Yu-ting.
À quelques jours du début de la compétition, l'Algérienne, qui souhaitait pouvoir participer sans test aux Mondiaux, a attaqué cette réglementation devant la justice sportive. La Taïwanaise s'est elle pliée au test mais ne participera pas non plus aux Mondiaux pour une raison que sa fédération n'a pas précisée.
La requête de Khelif offrira la première occasion d'un débat judiciaire sur le rétablissement dans le sport mondial des tests génétiques, en vigueur aux JO entre 1968 et 1996.
Avant ses Mondiaux qui démarrent le 13 septembre à Tokyo, la Fédération internationale d'athlétisme a également imposé des tests aux athlètes des catégories féminines, suscitant les critiques de certains scientifiques et athlètes.