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Législatives en France: Macron exclut de démissionner, «quel que soit le résultat»

AFP

2024-06-11T11:57:26Z

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Emmanuel Macron a exclu de démissionner, «quel que soit le résultat» des élections législatives anticipées convoquées après la défaite de son camp aux européennes, dans un entretien publié mardi par le Figaro Magazine. 

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Interrogé sur le risque que le Rassemblement national (RN, extrême droite), en cas de victoire, demande sa démission, le président français a balayé cette hypothèse selon l’hebdomadaire. «Ce n’est pas le RN qui écrit la Constitution, ni l’esprit de celle-ci. Les institutions sont claires, la place du président, quel que soit le résultat, l’est aussi. C’est un intangible pour moi», a-t-il répondu.

Il s’est dit à nouveau prêt à débattre avec Marine Le Pen, la cheffe des députés d’extrême droite dans l’Assemblée nationale dissoute. «Bien sûr! Je suis prêt à porter nos couleurs et défendre notre projet», a-t-il dit.

«J’y vais pour gagner!» a assuré le président, dans cette interview réalisée lundi après-midi, au lendemain de son annonce-choc de la dissolution qui a pris tout le monde de court, jusqu’à son propre premier ministre Gabriel Attal.

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À ceux qui jugent qu’il est «fou» de provoquer un tel séisme politique, Emmanuel Macron rétorque: «non, pas du tout». «Je ne pense qu’à la France. C’était la bonne décision, dans l’intérêt du pays. Et je dis aux Français, n’ayez pas peur, allez voter.»

Avant sa conférence de presse attendue mercredi pour donner le ton de la campagne macroniste, il a expliqué vouloir aller aux urnes «en s’élargissant et en clarifiant sa ligne».

Il a ajouté son intention de «tendre la main à tous ceux qui sont prêts à venir gouverner et à travailler à une synthèse dans le sens d’une radicalité ambitieuse», sans dire exactement comment, puisqu’il n’a pas réussi depuis 2022 à élargir sa majorité relative.

«Je n’ai jamais cru aux sondages», a-t-il martelé. «Une nouvelle campagne commence et il ne faut pas regarder les scores par circonscription à l’aune de ceux des européennes», a-t-il poursuivi.

  • Écoutez l'entrevue avec Alexandre Devecchio, journaliste au Figaro, à l’émission de Mathieu Bock-Côté via QUB :

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Vives tensions à droite comme à gauche 

Emmanuel Macron a reporté de 24 heures sa conférence de presse destinée à dévoiler son «orientation» pour la France alors que les tensions culminent à droite comme à gauche, deux jours après la dissolution de l’Assemblée nationale, sur fond d’appel de l’extrême droite à bâtir le «rassemblement» autour d’elle. 

Initialement prévue mardi après-midi, cette grand-messe de questions-réponses avec les journalistes se tiendra finalement mercredi à la mi-journée, a fait savoir l’Élysée.

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M. Macron y indiquera «l’orientation qu’il croit juste pour la Nation», à seulement 18 jours du premier tour de la plus courte campagne législative dans l’histoire de la Ve République.

En attendant, «la clarification politique appelée de ses vœux dimanche par le président de la République est actuellement à l’œuvre», selon la présidence, et «les forces républicaines d’un côté, les forces extrémistes de l’autre se positionnent».

Selon un sondage Harris Interactive - Toluna paru lundi, le Rassemblement national (RN, extrême droite), dont le président Jordan Bardella est sorti grand vainqueur des européennes, est crédité de 34% d’intentions de vote pour le premier tour le 30 juin. Ce qui lui permettrait d’obtenir une majorité relative lors du second tour le 7 juillet, avec 235 à 265 députés.

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Les macronistes, avec 19%, ne pourraient tabler que sur 125 à 155 sièges, contre 115 à 145 pour la gauche, créditée de 22% sous sa nouvelle bannière unitaire, le «Front populaire».

Un autre sondage mardi révèle qu’une large majorité des Français, 66%, sont «satisfaits» de la dissolution de l’Assemblée nationale annoncée dans la foulée des élections européennes.

Grandes manœuvres   

À droite, les grandes manœuvres sont en cours. Le RN continue de pousser son avantage, fort de son nouveau statut de favori, semant le trouble au sein des Républicains (LR, droite). Xavier Bertrand, l’une des figures du parti, a exigé une «clarification» au président de son parti Éric Ciotti.

Chef de file désigné pour Matignon en cas de victoire du RN, Jordan Bardella a répété sa volonté de «bâtir une majorité la plus large possible», avec une stratégie basée exclusivement sur des arrangements locaux, et affirmé que son mouvement «va soutenir» des candidats «issus des Républicains».

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Lundi déjà, la patronne du RN Marine Le Pen s’était dite «bien sûr capable» de ne pas présenter de candidat face à des candidats LR avec lesquels un accord aurait été trouvé.

«Si certains ont envie d’aller avec le RN, qu’ils le disent maintenant», s’est agacé sur franceinfo le patron de la région Hauts-de-France (nord), indiquant qu’il n’irait «pas soutenir un candidat de droite qui serait soutenu par le RN».

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Inenvisageable aussi pour le chef des députés LR Olivier Marleix, autre figure des Républicains: «Nous serons candidats sous nos couleurs, sans arrangements.»

Éric Ciotti doit s’exprimer au journal de 13h de la chaîne TF1.

«Construire autre chose»   

À gauche, l’alliance envisagée par les principaux acteurs a été vertement critiquée par le premier ministre Gabriel Attal mardi, jugeant «révoltant» que les socialistes veuillent «construire un accord» avec la France insoumise (LFI, gauche radiale).

Les quatre principaux partis de gauche (LFI, PS, écologistes, PCF) ont en effet trouvé un terrain d’entente lundi soir et appelé à «des candidatures uniques dès le premier tour».

Les tractations ont repris mardi matin, pour affiner un programme commun et répartir les 577 circonscriptions. Mais le choix d’un chef de file reste en suspens.

Le cas de Jean-Luc Mélenchon, le patron de LFI, accusé notamment d’ambiguïtés sur la question de l’antisémitisme, crispe aussi les chefs de partis, à l’instar du socialiste Olivier Faure, qui estime qu’«il n’y a pas de logique» à ce qu’il «soit le candidat» de la gauche pour être premier ministre.

«Il n’était pas dans les discussions» lundi soir, a souligné le communiste Fabien Roussel.

Le camp présidentiel reste en embuscade: l’ex-premier ministre Édouard Philippe est ainsi sorti de sa réserve pour appeler à «construire une nouvelle majorité», qui doit selon lui «s’ouvrir» à «toutes les forces politiques du bloc central», en particulier LR.

«J’irai au bout de mon devoir de citoyen attaché à son pays qui donnera tout pour éviter le pire» et au «bout de mon devoir de premier ministre pour agir aux services des Français jusqu’à la dernière minute», a de son côté assuré Gabriel Attal.

Tous sont, quoi qu’il en soit, pressés par le temps: les candidatures devront être déposées entre mercredi et dimanche, 18h, alors que la campagne électorale débutera lundi.

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