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Le vrai succès passe par la Coupe Stanley pour Slafkovsky

La carrière de Marian Hossa lui sert d’inspiration

Photo MARTIN CHEVALIER
Photo portrait de Marc de Foy

Marc de Foy

2026-01-24T05:00:00Z

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La scène se passe le 7 juillet 2022 au Centre Bell. La nouvelle administration des opérations hockey du Canadien, avec à sa tête Jeff Gorton et Kent Hughes, s’apprête à vivre son premier repêchage, elle qui détient le tout premier choix.

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Une grande partie du public, quant à lui, a déjà choisi son homme. Sur l’avenue des Canadiens-de-Montréal, des amateurs sont vêtus de chandails du Tricolore arborant le numéro 51 au dos et au-dessus duquel figure le nom Wright, comme dans Shane Wright, vedette des Frontenacs de Kingston.

Pour eux, il n’y a pas de doute possible. L’avenir du CH repose sur les épaules du jeune Wright, un joueur de centre doté du statut de joueur exceptionnel dans la Ligue de l’Ontario.

Malheureusement, il y a des écervelés sur place. Ces têtes folles apostrophent Juraj Slafkovsky, dont la valeur est en forte hausse, à son arrivée au domicile du Canadien.

Pour leur part, les dirigeants du Canadien réservent une surprise aux amateurs. Plusieurs spectateurs restent bouche bée dans le vaste amphithéâtre lorsque Kent Hughes annonce que l’organisation a arrêté son choix sur Slafkovsky, un colosse ailier slovaque qui a joué trois ans en Finlande.

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Et bonsoir les chandails de Shane Wright!

Comment gagner le cœur des amateurs

Slafkovsky ne bronche pas quand je lui rappelle ces événements.

«Tout le monde peut aimer un joueur au lieu d’un autre», réagit-il calmement.

«J’étais un joueur qui venait de Slovaquie, sans plus. La plupart des gens voulaient peut-être que le Canadien choisisse un joueur canadien ou américain.»

«En ce qui me concerne, j’ai toujours voulu connaître du succès. Je recherche toujours la perfection. Ce sont des objectifs que je poursuis depuis toujours. Si vous faites ça, les gens vont finir par être de votre côté.»

C’est ce qu’on voit aujourd’hui.

Perfection comme dans Marian Hossa

Slafkovsky a gagné la ferveur des partisans du Canadien. Il ne cesse de s’améliorer depuis son arrivée à Montréal. Il est en train de devenir un superbe joueur de hockey.

Pour Slafkovsky, la perfection a un nom. C’est son compatriote Marian Hossa, qui a connu une brillante carrière de 19 saisons dans la Ligue nationale. C’est ce même joueur que l’organisation montréalaise avait laissé filer au repêchage de 1997.

Le Tricolore lui avait préféré Jason Ward, mais pour être juste, il faut préciser qu’une dizaine d’équipes avaient choisi aussi un autre joueur que Hossa au premier tour.

«À mon avis, Hossa est le meilleur joueur slovaque à avoir joué dans la Ligue nationale», estime Slafkovsky.

À bientôt 22 ans, Slafkovsky ne connaît Stan Mikita et les frères Stastny que pour avoir entendu parler de leurs exploits. Peter Stastny et Mikita ont été de grands joueurs, mais Slafkovsky persiste et signe.

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«Je ne pense pas qu’aucun autre joueur slovaque n’a gagné trois fois la Coupe Stanley», reprend-il avec justesse.

«Ces joueurs [Mikita et Peter Stastny] présentent de très bonnes statistiques, mais pour moi, c’est le nombre de bagues de la Coupe Stanley que vous possédez qui compte.»

Ça a le mérite d’être clair.

À titre d’information, Mikita a remporté la Coupe avec les Blackhawks de Chicago, en 1961. Les frères Stastny ne l’ont jamais gagnée.

Aussi bon Hossa était-il dans les deux sens de la patinoire, il n’a jamais remporté le trophée Selke, attribué au meilleur attaquant défensif de la LNH.

Curieux, quand même.

Photo MARTIN CHEVALIER
Photo MARTIN CHEVALIER

Priorité: défense

Quand on parle de Hossa, on semble retenir davantage qu’il a marqué 525 buts et totalisé 1134 points en 1309 matchs. Il a conservé un différentiel de +245. À titre comparatif, Patrice Bergeron a terminé sa carrière avec une fiche de +289.

On devine donc que Slafkovsky aspire à devenir un joueur complet à l’image de son idole Hossa.

«Les fans aiment les joueurs qui marquent des buts, mais c’est la défense qui permet de remporter des championnats», insiste-t-il avec sagesse.

«Si vous faites bien votre travail défensivement, il va en résulter de bonnes choses à l’offensive.»

On croirait entendre Jacques Lemaire. Mais, à vrai dire, tous les entraîneurs s’entendent sur cette question.

Les Oilers d’Edmonton ont probablement été la seule équipe dans l’histoire à accumuler des championnats avec une attaque hors norme.

Mais ne remporte pas la Coupe qui veut non plus. Les astres doivent être bien alignés.

À quand la Coupe à Montréal?

Combien de temps faudra-t-il encore au Canadien pour aspirer aux grands honneurs, selon Slafkovsky?

«J’ai l’impression que ça pourrait être dès maintenant», répond-il avec candeur.

«Quand on joue notre meilleur hockey et qu’on coche toutes les cases pour gagner un match, on est capables d’accomplir de belles choses.»

«Si on pouvait remporter quelques matchs tôt dans une série quatre de sept, on pourrait battre plusieurs équipes. Ce que je peux dire, c’est qu’on veut se rendre là.»

Bien sûr, Slafkovsky ne s’aventure pas à dire que ça pourrait se produire cette année. Il se garde une gêne, sachant fort bien qu’une telle déclaration pourrait lui éclater à la figure. Mais qu’il ait confiance, c’est bien.

Ça démontre qu’il veut gagner.

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