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Le vaccin contre le VPH offert gratuitement aux jeunes de 20 ans et moins: voici pourquoi c’est une excellente nouvelle

Photo BENOIT DUSSAULT
Photo portrait de Anne-Sophie Poiré

Anne-Sophie Poiré

2024-09-24T20:55:33Z

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Les experts de la santé le demandaient depuis un moment déjà: toutes les personnes de 20 ans et moins peuvent dès maintenant recevoir gratuitement une dose du vaccin contre les virus du papillome humain (VPH) si elles ne l’ont pas reçue à l’école.

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«C’est une excellente nouvelle parce que ce sont d’excellents vaccins avec une efficacité à 95% et plus contre les cancers associés au VPH notamment, même avec juste une dose», se réjouit la médecin spécialiste en santé publique et médecine préventive à l’Institut national de santé publique du Québec Chantal Sauvageau.

«Il n’y a pas de raison de ne pas être vacciné contre les VPH, poursuit-elle. Et plus on le fait tôt, plus les bénéfices sont grands.»

Le gouvernement de la CAQ a annoncé mardi l’élargissement du programme de protection, jusqu’ici réservé aux jeunes de 9 à 17 ans qui fréquentaient un établissement scolaire.

Au-delà de cet âge, il fallait débourser près de 220$ par vaccin. Deux doses étaient alors recommandées aux personnes ayant un système immunitaire compétent.

La vaccination gratuite était demandée par nombre d’experts depuis quelques années.

Le Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ) conseille désormais une seule injection pour les 20 ans et moins, qu’ils pourront demander sur la plateforme Clic Santé. Elle continuera d’être offerte à l’école en 4e année du primaire, puis en secondaire 3 pour les élèves qui ne l’ont pas reçue.

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Une injection unique offre une protection pendant au moins 11 ans, assure le CIQ.

Autant pour les filles que les garçons

Selon les estimations, près de 620 cas de cancers du col de l’utérus, du vagin, de la vulve, du pénis, de l’anus, de la bouche et de la gorge associés au VPH seront évités chaque année grâce à l’élargissement de la couverture aux 20 ans et moins.

«On verra les résultats dans une vingtaine d’années, quand les nouvelles cohortes vaccinées vont arriver en âge de développer ces cancers: vers 40 ans pour celui du col de l’utérus, et après 50 ans pour les autres», détaille la Dre Sauvageau.

La famille VPH compte plus de 100 types de virus principalement transmis par contact sexuel.

Certains causent des condylomes, des verrues en forme de chou-fleur ou de crête de coq qui se développent sur les organes génitaux, l’anus, la bouche et dans la gorge. D’autres, toutefois, présentent un risque élevé de cancers.

Lors du lancement du programme de vaccination contre les VPH en 2008, seules les filles étaient admissibles «comme les premières études se concentraient sur la prévention du cancer du col de l’utérus et que la quasi-totalité est causée par les VPH», précise la Dre Sauvageau.

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Les garçons y ont été intégrés en 2014.

«La vaccination fonctionne aussi pour prévenir les cancers, les précancers et les infections chez les garçons», souligne l’experte.

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«On remarque que les cancers de la gorge causés par les VPH sont en augmentation, particulièrement chez les hommes, et qu’une bonne proportion de ceux de l’anus et du pénis sont aussi causés par les VPH, ajoute-t-elle. Ces maladies sont évitables avec la vaccination.»

Et le vaccin est si efficace, dit-elle, que les condylomes ont pratiquement disparu chez les jeunes de moins de 25 ans, qui ont été vaccinés en grand nombre dans les écoles de la province depuis 2008.

La gratuité pour tous?

Pour l’heure, le programme québécois permet également aux personnes âgées de 21 à 45 ans dont le système immunitaire est affaibli ou qui sont infectées par le VIH de se faire vacciner gratuitement. Plus d’une dose est toutefois nécessaire pour assurer leur protection.

Les hommes de 26 ans et moins qui ont ou prévoient avoir des relations sexuelles avec des hommes sont aussi couverts. Ils ont plus de risques de contracter des condylomes et de développer un cancer de l’anus causé par les VPH, indique le gouvernement du Québec.

La prochaine étape sera-t-elle d’étendre la gratuité à tous?

«Le vaccin est recommandé jusqu’à 45 ans, mais il n’est pas nécessaire de le rendre gratuit à tout ce monde-là parce que l’impact populationnel n’est pas suffisant», fait valoir Chantal Sauvageau.

«Ce sont des vaccins qui fonctionnent très bien, mais surtout en prévention. La priorité est donc d’augmenter la vaccination chez les jeunes», ajoute la médecin spécialiste.

À la fin de l’année scolaire, 80% des élèves de 4e année du primaire ont reçu une dose. Ce taux grimpe à 90% en secondaire 3.

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