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Test VPH au lieu du test Pap: une méthode révolutionnaire de dépistage du cancer du col de l’utérus?

KMPZZZ - stock.adobe.com
Photo portrait de Anne-Sophie Poiré

Anne-Sophie Poiré

2024-05-15T10:00:00Z
2024-05-16T15:35:29Z

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La région de Chaudière-Appalaches est la première au Québec à introduire le test VPH à grande échelle. Cette nouvelle méthode de dépistage du cancer du col de l’utérus, beaucoup plus précise que le test Pap, a permis d’y réduire les délais d’attente pour un résultat de 10 mois à quelques jours. Quand peut-on espérer son déploiement partout dans la province?

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Jusqu’à l’automne dernier, Chaudière-Appalaches était l’une des régions où les délais étaient les plus importants pour obtenir les résultats d’un dépistage de routine du cancer du col de l’utérus. 

Les patientes devaient prévoir une dizaine de mois avant de savoir si des cellules cancéreuses ou précancéreuses avaient été détectées par le fameux test Pap, recommandé tous les trois ans. 

«Les retards sont un problème généralisé accumulé pendant la pandémie, comme le test Pap ne peut pas être fait à distance, en plus de la pénurie provinciale de cytologistes qui analysent les prélèvements», explique la directrice adjointe à la direction des services multidisciplinaires, division des services diagnostiques, au CISSS de Chaudière-Appalaches, Mélanie Bernard. 

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Pour accélérer les délais de traitement, l’Hôtel-Dieu de Lévis a entamé la transition vers le test VPH il y a un an. Dans cet établissement qui reçoit tous les prélèvements gynécologiques non urgents de Chaudière-Appalaches, l’attente pour recevoir un résultat est aujourd’hui d’une semaine, beaucoup moins que la cible ministérielle fixée à 60 jours. 

«On a tout avantage à utiliser cette méthode de dépistage, affirme Mme Bernard. Ça change tout pour la patiente qui reçoit ses résultats plus rapidement. Dans les cas positifs, la prise en charge s’enclenche plus vite et il y a moins de risque de complications.» 

Comment ça marche?

La quasi-totalité des cas de cancer du col de l’utérus est causée par les virus du papillome humain (VPH) transmis sexuellement ou par contact direct avec les muqueuses infectées. 

Au Québec, il se classe au troisième rang des cancers les plus fréquents chez les femmes de 25 à 44 ans. Chaque année, près de 300 personnes apprennent qu’elles en sont atteintes. Plus du quart en mourront. 

«Mais s’il n’y a pas de virus du papillome, il n’y a pas de cancer du col», résume le gynécologue-obstétricien au CHUL de Québec, Mathieu Leboeuf. Il précise néanmoins que ce sont une minorité de personnes positives au VPH qui vont développer la maladie. 

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Avec la nouvelle méthode de dépistage, seuls les prélèvements positifs au VPH sont examinés par des cytologistes à la recherche des cellules cancéreuses ou précancéreuses. Les tests Pap, quant à eux, devaient tous passer sous la loupe de ces technologues médicaux. 

Pour les patientes, l’examen gynécologique demeure inchangé. Mais les résultats, eux, sont beaucoup plus précis. 

«Le test VPH est 40% plus sensible que le test Pap et génère seulement 2% de plus de faux positif. On peut aussi le passer seulement une fois tous les cinq ans», souligne la gynécologue-obstétricienne à l’hôpital Fleurimont du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS), Josianne Paré. 

Et c’est désormais un appareil qui est chargé d’analyser les premiers prélèvements. 

«On rentre ça dans une machine et on pèse sur le piton», résume Mélanie Bernard du CISSS de Chaudière-Appalaches. 

«De 85 à 90% des tests sortent négatifs. Ce sont donc beaucoup de lames qui n’ont pas besoin d’être analysées. On gagne beaucoup de temps.» 

À quand le déploiement partout dans la province?

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, avait annoncé en mai 2022 que le test VPH serait offert à toutes les femmes à partir de l’âge de 25 ans. Un avis de l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) recommandait la transition depuis janvier de la même année. 

Pour l’heure, seules trois régions sur 18 au Québec offrent ce test aux patientes: le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie, en plus de Chaudière-Appalaches. 

Changer un programme de dépistage provincial n’est pas une mince tâche, mentionne la Dre Paré. Du matériel spécifique doit être acheté et les employés formés, ce qui coûte cher à l’État. 

«On a dû faire de gros changements en laboratoire. Acheter l’équipement, former les cytologistes et réorganiser le travail, puisque la première analyse du prélèvement est maintenant prise en charge par l’équipe de biologie moléculaire plutôt que celle de pathologie», illustre Mme Bernard. 

Elle précise qu’il n’y a pas non plus «de retour sur investissement». 

«Ce n’est pas un projet d’optimisation financière, mais bien pour assurer un délai de réponse raisonnable à nos patientes», dit-elle. 

Au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), on indique que les travaux dans le cadre du processus d’appel d’offres pour le matériel médical ont commencé à l’automne 2023. Le remplacement se fera progressivement d’ici à 2025.

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