Le trip d’une vie pour des mordus québécois des Nordiques


Stéphane Cadorette
Partager
DENVER | Autour du Ball Arena, domicile de l’Avalanche au centre-ville de Denver, on aurait presque pu croire, avant la rencontre face au Canadien, samedi, que la langue officielle au Colorado était le français.
• À lire aussi: Je me suis amusé comme un fou parmi les Nordiques
• À lire aussi: «C’est qui ça, Peter Stasny?»: les partisans de l’Avalanche ont du retard dans leurs devoirs!
• À lire aussi: Quand les Nordiques hantent le Canadien
Évidemment qu’on exagère. À peine!
Le fait est que, comme à chaque match du Canadien sur la route, de nombreux Québécois ont accompagné leur équipe.
À ceux-là s’est ajouté un joli paquet de mordus des Nordiques qui se sont offert le pèlerinage vers la terre promise pour revivre la rivalité de la 20 comme si elle existait encore.
On a tôt fait de constater que même si les Nordiques sont partis il y a 30 ans, la passion à leur égard demeure bien vivante.
Une heureuse surprise
Jessica Vincent-Giroux et son père, Mario Vincent, de la Rive-Sud de Montréal, font partie du lot. Pour l’anniversaire de 40 ans de mademoiselle, son amoureux lui a offert un voyage père-fille pour aller voir l’Avalanche face au Canadien.
Personne, à ce moment, ne se doutait que l’Avalanche allait se transformer en Nordiques pour cette journée.
«Quand on a su que l’Avalanche ramenait le chandail, c’était juste trop beau. J’en parle et je deviens émotive, parce que c’est un voyage de souvenirs avec mon père. Depuis que j’ai 2 ans que j’écoute des matchs avec lui. Il m’a transmis sa passion des Nordiques. Ça fait 30 ans qu’on attend pour revoir un match Canadiens-Nordiques, et les astres étaient alignés», s’est réjouie Jessica.
Le plus drôle, c’est qu’ils sont les seuls moutons noirs Nordiques de la famille.
«Dès que les Nordiques sont rentrés dans la LNH, j’ai toujours gardé la liste des équipes qui ne voulaient pas que les Nordiques arrivent dans la ligue. Les Canadiens étaient pas mal sur le top de la pile!» a lancé le père d’un air espiègle.
«Aujourd’hui, je pense que je vis le meilleur moment de ma vie avec ma fille», a-t-il ajouté.
Quant à ceux qui estiment que l’Avalanche fait la passe sur le dos de partisans endeuillés, Jessica Vincent-Giroux voit les choses autrement. «À voir le nombre de fans des Nordiques qui étaient dans l’avion avec leurs chandails, je pense que bien du monde est content de ça», a-t-elle plaidé.
Comme si c’était vrai

À quelques pas, Richard Rail et son fils Anthony, de Québec, se réjouissaient de goûter à la rivalité Canadiens-Nordiques à leur manière.
«Je berçais mon gars sur mes genoux pendant la dernière saison des Nordiques. Ça a toujours été une grande déception pour moi de ne pas pouvoir vraiment vivre les Nordiques avec lui. Je voulais lui faire aimer l’équipe», a raconté le père, ému.
«C’est ce qu’il y a de plus proche qu’on peut vivre de la rivalité Canadiens-Nordiques», a ajouté son fiston de 31 ans.
50 bougies

Ce moment spécial est aussi devenu le prétexte idéal pour la bande de joyeux lurons de Québec formée de François Lemieux, Sébastien Bérard, Justin Boucher et Éric Cantin de souligner ensemble leurs 50 ans.
«On voulait vivre un trip de sport, et qu’est-ce que tu veux de mieux qu’un match Canadiens-Nordiques? On ne va pas se chicaner avec les fans du Canadien... mais on ne leur parlera pas!» a lancé le capitaine de l’équipe, François Lemieux.
Même Dany Pomerleau, un Beauceron accroché au Canadien, n’a pas réussi à casser le party des fans des Nordiques.
«J’ai toujours été partisan des Canadiens et je détestais les Nordiques, mais c’est spécial de les revoir. Il faut dire que les Nordiques, dans leur histoire, n’ont jamais été aussi bons que cette équipe-là qu’on voit aujourd’hui!» s’est-il amusé à narguer, de bonne guerre.