Le traitement de la polyarthrite rhumatoïde, un «jeu d’essais-erreurs»


Félix Desjardins
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Les personnes souffrant de polyarthrite rhumatoïde doivent suivre un cheminement complexe pour atteindre la rémission.
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Afin d’apaiser leurs souffrances, les patients peuvent prendre des anti-inflammatoires, comme l’aspirine, l’ibuprofène ou encore la cortisone.
Pour maîtriser la polyarthrite rhumatoïde (PR), ils devront toutefois essayer des antirhumatismaux modificateurs de la maladie (ARMM), des médicaments qui influencent la réponse du système immunitaire et qui visent à atténuer l’inflammation.
Le méthotrexate, la sulfasalazine et l’hydroxychloroquine (Plaquenil) sont les ARMM les plus courants. Ils peuvent être combinés, dans certains cas, pour améliorer leur efficacité, mais ils peuvent causer d’importants effets secondaires.
«[Les ARMM] font un excellent travail et peuvent amener la rémission pour presque 50 % des gens, note le Dr Éric Rich, rhumatologue. Mais pour les autres, on passe ensuite aux traitements biologiques. »
Trouver le bon dosage
Beaucoup plus onéreux, les traitements biologiques, une forme d’ARMM créée à partir de cellules vivantes, ne sont pas offerts comme traitement initial.
« C’est un jeu d’essais-erreurs, ajoute Daphnée Viau, touchée par la maladie. Chaque médication prend environ trois mois avant de faire effet. »
« Pour certains patients, le système immunitaire identifie les anticorps qu’on injecte comme une protéine étrangère et les élimine avant qu’ils aient le temps de faire effet, explique le Dr Rich. La PR rend le système immunitaire hyperactif et désordonné et la médication vient le calmer. Le défi est de trouver le bon dosage pour ne pas trop l’affaiblir. »
Des recherches qui donnent espoir

Pour des patients comme Mme Viau, des chercheurs à travers le monde tentent de repenser la façon dont on s’attaque aux maladies auto-immunes. Dans notre cour arrière, à Québec, le cofondateur du Centre de recherche ARThrite Éric Boilard a publié une étude en décembre dernier mettant en lumière le rôle des plaquettes sanguines dans la PR.
Afin d’arrêter les saignements, les plaquettes ont la capacité d’utiliser des « freins » pour résister à la pression du flux sanguin. Ces freins permettent toutefois aux cellules immunes d’attaquer les articulations chez les personnes atteintes de PR.
« Si on bloque cette étape-là, ça pourrait réduire l’arthrite, vulgarise-t-il. On a effectué des tests sur des animaux [souris] avant et après avoir induit l’arthrite qui ont été très concluants. On espère qu’une compagnie verra le potentiel de cette étude. »