Le rêve du retour des Expos de Montréal n’est pas encore mort, croit un homme d’affaires montréalais

Jessica Lapinski
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Un homme d’affaires est persuadé que si le baseball majeur est ouvert à l’idée d’avoir de nouveau une franchise à Montréal, il sera en mesure de trouver le financement pour acheter une équipe et faire construire un stade.
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«Si la ligue dit non, je ne vais pas faire perdre du temps aux investisseurs, explique Ashkan Karbasfrooshan. [...] Mais je parle à des investisseurs tout le temps. Mon réseau, il est global, surtout américain, mais aussi européen, asiatique ou du Moyen-Orient. De l’argent, c’est comme de l’eau. Il y en a qui coule quelque part.»
«Il y en a plusieurs qui me disent: “Si tu peux me confirmer que la ligue est intéressée à ravoir une équipe à Montréal et que toi, tu veux être l’engin pour pousser le projet, on serait intéressé à explorer ça avec toi”», poursuit-il.

Inspiré par les Nordiques
M. Karbasfrooshan, c’est le Montréalais de 47 ans derrière la plateforme de production et de diffusion de vidéos WatchMojo. Cette dernière, lancée en 2006, rejoint 100 millions de personnes par mois, selon l’entrepreneur.
Le projet de ramener les Expos à Montréal, il lui tient à cœur depuis le départ de nos «Amours», en 2004.
Alors pigiste pour la station radiophonique Team 990 et étudiant en finances, M. Karbasfrooshan avait déjà, à l’époque, cherché des solutions pour maintenir le club dans la métropole.
C’est ce qui l’avait, d’ailleurs, poussé à se lancer dans le monde de l’entrepreneuriat. Et il n’a pas oublié le projet, même si d’autres ont échoué avant lui.
Le week-end dernier, inspiré par la vision de l’Avalanche du Colorado dans l’uniforme des Nordiques de Québec durant le match contre le Canadien, il a pris l’initiative de mener un sondage en ligne pour voir si l’intérêt des Montréalais y était toujours.
Il l’a accompagné d’une publication rédigée en français et en anglais qui expliquait les raisons de sa démarche.
Une réponse positive
La réponse est tellement positive, explique l’homme d’affaires, qu’il a décidé de contacter le baseball majeur. Au moment de parler au Journal, mercredi, M. Karbasfrooshan n’avait pas encore obtenu de retour.
Le président et directeur général de WatchMojo a aussi dévoilé deux plans d’affaires qui détaillent la manière dont pourraient être obtenus les quelque 2 milliards $ US (2,79G$ canadiens) que pourrait valoir une concession du baseball majeur ainsi que le milliard supplémentaire pour la construction d’un nouveau stade.
Son modèle d’affaires, que vous pouvez consulter ici, ne comprend pas d’aide financière du gouvernement. WatchMojo ferait partie des investisseurs.
Pour M. Karbasfrooshan, si Montréal souhaite un retour éventuel des Expos, il faut toutefois entamer des démarches rapidement.
«C’est maintenant ou jamais, estime-t-il. C’est la dernière fenêtre. Parce que si dans quatre ou cinq ans le prix d’une concession passe de 2 milliards $ à 5 milliards $, ce sera différent.»
Il faudra toutefois voir si le contexte est bon du côté du baseball majeur. La présente convention collective vient à échéance à la fin de la saison 2026, rappelle l’entrepreneur.
Les temps ont changé depuis 2004, estime-t-il
Que répond Ashkan Karbasfrooshan à ceux qui ont été désillusionnés par le départ des Expos, puis par l’échec des projets de retour d’une concession à Montréal qui ont suivi?
Après tout, le projet de garde partagée entre Montréal et Tampa a été abandonné par le baseball majeur il y a trois ans.
Et où placer le fameux stade? Les dernières maquettes de développement du bassin Peel ne faisaient plus état d’un stade de baseball et un projet résidentiel serait désormais prévu sur le site.

L’homme d’affaires a aussi accompagné la publication qui explique sa démarche d’une image du stade Labatt. Un autre projet qui est mort dans l’œuf, cette fois en 2002, soit deux ans avant le départ de la concession vers Washington.
L’immobilier, ce n’est pas de son ressort, explique-t-il, mais son beau-frère a une longue et riche expérience en la matière. Ce dernier a travaillé avec plusieurs entreprises de renom, dont Uber et Expedia.
Un beau projet pour Montréal
Pour le reste, les temps ont bien changé depuis 2004, estime M. Karbasfrooshan en faisant référence aux plateformes comme Netflix ou Amazon, qui diffusent maintenant des ligues professionnelles.
Il rappelle aussi que des investisseurs s’intéressent à l’acquisition de concessions sportives afin de diversifier leur portefeuille. La valeur des équipes professionnelles des grands circuits a crû de façon importante dans les dernières années.
D’un point de vue plus personnel, Ashkan Karbasfrooshan croit que de lancer une entreprise de diffusion sur le web en 2006 était un projet pas mal «plus fou» que de songer au retour du baseball majeur à Montréal.
«On est comme ça, nous, en affaires», lance-t-il en riant.
«Mais je trouve que c’est un beau projet qui peut aider Montréal, qui peut aider le Canada et qui peut aider le baseball majeur en lui ouvrant la porte sur le marché francophone en Europe et en Afrique aussi», souligne l’homme d’affaires.
Pendant ce temps, à Las Vegas...
Les A’s ont ouvert cette semaine un espace immersif à Las Vegas, où il est possible d’apercevoir, notamment, la maquette en trois dimensions du nouveau stade qui doit accueillir l’équipe du baseball majeur à compter d’avril 2028.
Il a beau s’agir d’un stade intérieur – l’idéal dans la chaude température de Vegas, l’été -, mais son architecture a de quoi faire rêver.
La maquette révèle une immense baie vitrée qui permet de voir, au loin, les hôtels MGM Grand et le New York New York, ainsi que sa grande roue.
Full architectural model of the $2+ billion Las Vegas #Athletics ballpark. Drink it in. pic.twitter.com/rmwv7VqQ5u
— Las Vegas Locally 🌴 (@LasVegasLocally) December 3, 2025
L’énorme fenêtre, plus grande qu’un terrain de football, permet aussi à la lumière extérieure d’illuminer l’intérieur du stade.
Compte tenu de l’espace restreint sur lequel le stade sera construit, les estrades seront construites en hauteur, ce qui contribuera à en faire un terrain intime, estime le promoteur.
Et bien sûr, il sera doté d’un... casino, à partir duquel les joueurs pourront voir le terrain.
Il sera aussi possible d’y organiser des spectacles, ce qui est plutôt inhabituel pour un stade du baseball majeur. Le toit sera revêtu d’un matériau visant à faire réfléchir les rayons du soleil, afin que l’intérieur du bâtiment ne se réchauffe trop.
Plus cher que prévu
La construction du nouveau stade qui accueillera les A's va de bon train. La concession évolue toujours en Californie, à Sacramento, en attendant de migrer vers la ville du vice.
Le coût du stade situé directement sur la populaire Strip a toutefois explosé dans les derniers mois, passant des 1,75 milliards $ USD (2,4 G$ canadiens) prévus l'an dernier à plus de 2 milliards $.
De cette somme, 380 M$ USD (environ 530 M$ canadiens) proviennent de fonds publics.
À titre comparatif, l’Allegiant Stadium, le domicile des Raiders dans la NFL, a été construit au coût de 1,9 G$ USD et ouvert en 2020. Il peut accueillir environ 65 000 spectateurs quand il est configuré pour des matchs de football.