Le Québécois honoré aux côtés de Gordie Howe et Terry Sawchuk
Benoit Robert est un héros dans une ville d’un demi-million d'habitants qui abrite l’équipe de hockey junior la plus prestigieuse aux États-Unis


Jean-Nicolas Blanchet
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LOS ANGELES | Si vous traversez les États-Unis en VR un jour et que vous aboutissez dans la ville d’Omaha, au Nebraska, dites au serveur d’un restaurant que vous venez du même endroit que Ben Robert et vous risquez d’avoir le café gratuit.
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Si Benoit Robert demeure plutôt méconnu au Québec, il est un héros dans cette ville d’un demi-million d'habitants qui abrite l’équipe de hockey junior la plus prestigieuse au pays. Les Lancers d’Omaha aux États-Unis, c’est un peu comme les Remparts ou les Knights de London dans le hockey junior canadien. J'aime mieux dire les Remparts.
Les Lancers, qui évoluent dans l’USHL, ont remporté 14 championnats en 39 ans d’existence. C’est une des plus grandes pépinières pour la NCAA. L’aréna de 4000 places est rempli au bouchon. Une trentaine de joueurs de la LNH sont passés par cette équipe, comme Jakub Dobes, Thatcher Demko, Ryan Donato, Martin Hanzal et Paul Stastny, notamment.
Avec Mario, Luc et une autre légende
Mais ça n’allait pas très bien pour les Lancers durant les années 2000. C’est là qu’est arrivé Benoit Robert, qui a décidé, en 2004, d’acheter l’équipe avec Mario Lemieux, Luc Robitaille, la légende Mike Eruzione (capitaine de l’équipe américaine lors d’un miracle sur glace à Lake Placid) et l’homme d’affaires John Donovan.

En 2008, Benoit Robert ne voulait plus essayer de gérer à distance. Il était aussi vice-président des Kings. Il a donc tout laissé derrière et a déménagé avec sa famille à Omaha. «C’était un moment creux pour les Lancers en 2008 avec les difficultés économiques aux États-Unis [...] je voulais essayer d’aller relancer cette équipe et ça me tentait car j’avais l’occasion de gérer ça moi-même. Les autres actionnaires m’ont vendu leurs parts et j’y suis allé passer dix ans. Ç’a été les plus belles 10 années de ma vie d’adulte», raconte-t-il.
Benoit Robert a notamment réussi à faire bâtir un nouvel aréna et à redonner son lustre à cette équipe mythique aux États-Unis. En 2018, il a été intronisé au Temple de la renommée du hockey de Omaha. Il y est aux côtés de Gordie Howe et Terry Sawchuk, notamment.
Heureux des nouvelles règles
Devant l’impact qu’a eu la NCAA dans sa vie, vous comprenez que Benoit Robert est plus qu’emballé par les nouvelles règles qui permettent aux hockeyeurs de jouer dans le hockey junior canadien et dans la NCAA.
«J’ai toujours trouvé ça triste qu’un joueur de hockey soit forcé de choisir entre la NCAA et le hockey junior canadien à 16 ans», déplore-t-il.
«Écoute, il y a 1% des joueurs qui vont finir dans la LNH. Moi, quand j’étais avec les Lancers, je travaillais pour le 99%. À 18 ou 19 ans, les joueurs qui ont joué dans le junior canadien pourront continuer vers une université américaine. Ils pourront mieux se développer et obtenir un diplôme [...] Moi j’applaudis cette décision », ajoute celui qui m’a souligné à plusieurs reprises qu’il ne comprenait pas pourquoi je voulais écrire sur ce qu’il avait accompli dans sa vie. « Je ne mérite pas autant d’attention », m’a martelé l’humble gars de Brossard. Je ne suis pas d’accord.