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Celui qui a tout accompli, sauf ramener les Nordiques

Notre chroniqueur Jean-Nicolas Blanchet a rencontré, à Los Angeles, le Québécois qui avait été mandaté pour ramener une équipe à Québec.

Photo ANNIE T. ROUSSEL
Photo portrait de Jean-Nicolas Blanchet

Jean-Nicolas Blanchet

2025-11-27T05:00:00Z

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LOS ANGELES | Benoit Robert n’est pas vaniteux, mais juste honnête quand il me dit que la seule chose qu’il n’a pas réussie dans sa carrière, «c’est de ramener les Nordiques».

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Plus jeune, il a été un homme d’affaires prospère qui parcourait la planète. Comme vice-président des Kings, il a eu un rôle important pour donner un regain de popularité à l’équipe au milieu des années 2000. Il a relancé le club junior le plus populaire des États-Unis dans le Nebraska. Il a une belle maison à quelques pieds de l’océan Pacifique. Il a une merveilleuse famille. Des équipes de la LNH lui courent après. Et il est à quelques semaines de pouvoir confirmer qu’il a survécu miraculeusement à une leucémie chronique. Mais... il n'a pas ramené les Nordiques.  

C’est ce qu’il m’a raconté dans le salon de sa résidence du très branché et splendide secteur de Newport Beach, près de Los Angeles.

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Depuis dix ans, il n’avait pas accordé une entrevue sur tout ça. Il a accepté de m’accueillir chez lui et même de jouer une ronde de golf sur le bord de l’océan Pacifique. (Je l’ai battu.) Il voulait jaser de plusieurs sujets, mais aussi revenir sur un mandat très spécial qu’il a reçu il y a onze ans à Québec: aider à la construction d’un amphithéâtre et ramener les Nordiques.

Pour ceux qui se souviennent moins de lui, Benoit Robert est débarqué à Québec en août 2014 après un exil de 35 ans aux États-Unis. Il a alors été nommé à la tête du Groupe sports et divertissement de Québecor. Il devenait un des chefs d’orchestre du Centre Vidéotron, notamment pour le remplir. Il succédait à Aldo Giampaolo, qui avait décidé de retourner gérer la carrière de Céline Dion.

Photo fournie par Benoit Robert
Photo fournie par Benoit Robert

Avec lui, on était confiant

L’arrivée de M. Robert à Québec suscitait beaucoup d’enthousiasme. Après une carrière fructueuse dans le domaine des ventes à travers le monde, il a travaillé avec les Kings comme vice-président au développement des affaires. Il a aussi travaillé pour AEG, un leader mondial dans la gestion de mégacomplexes sportifs.

Dévoilement du nom de la future place publique du Centre Vidéotron, soit la place Jean Béliveau. Sur la photo: Réjean Houle, François Blais, Benoit Robert, Élise Béliveau, Guy Lafleur, Régis Labeaume, Sam Hamad et Julie Lemieux, le lundi 06 juillet 2015.
Dévoilement du nom de la future place publique du Centre Vidéotron, soit la place Jean Béliveau. Sur la photo: Réjean Houle, François Blais, Benoit Robert, Élise Béliveau, Guy Lafleur, Régis Labeaume, Sam Hamad et Julie Lemieux, le lundi 06 juillet 2015. Photo Agence QMI, Daniel Mallard

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Il a aussi acheté et relancé les Lancers d’Omaha, le club junior de hockey le plus populaire des États-Unis. Il a réussi à leur bâtir un nouvel aréna et a été nommé dirigeant de l’année dans la ligue américaine USHL (à lire ici).

C’est aussi un grand ami de Luc Robitaille, de Pat Brisson et de Mario Lemieux.

Bref, quand il est arrivé à Québec, je me souviens, le maire Régis Labeaume capotait. On se retrouvait avec un gars bourré de contacts, un sens des affaires et une excellente réputation pour nous aider à ravoir les Nordiques.

«Le chemin était déjà tracé»

Mais avec du recul, Benoit Robert reconnaît que sa mission était plus que difficile.

«Écoute, je suis capable de faire la part des choses rendu où je suis rendu dans ma vie. Je suis capable de comprendre la dynamique, la situation... Quand on s’est essayé, il y avait 16 équipes dans l’Est et 14 équipes dans l’Ouest. Le chemin était déjà tracé vers l’équilibre», m’explique-t-il sans détour.

Benoit Robert (chef de la direction du groupe sport et divertissement du Centre Vidéotron) et Pierre Dion (PDG de Québecor) lors du lancement des activités du Centre Vidéotron, à Québec, le samedi 12 septembre 2015.
Benoit Robert (chef de la direction du groupe sport et divertissement du Centre Vidéotron) et Pierre Dion (PDG de Québecor) lors du lancement des activités du Centre Vidéotron, à Québec, le samedi 12 septembre 2015. Photo Agence QMI, Annie T. Roussel

«Je n’ai pas réussi. Je le dis. C’est vrai. Mais je ne le prends pas personnel et je ne me blâme pas», poursuit le Québécois de 65 ans qui a grandi à Brossard, laissant entendre que sa mission était pratiquement impossible.

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Ça ne le rend pas moins attristé. «Bon Dieu que je voulais qu’ils reviennent. Moi, à l’époque, je me voyais en train d’aller chercher des commanditaires nationaux. C’était parti dans ma tête. Je me voyais aller rencontrer les gens du Saguenay–Lac-Saint-Jean, du Bas-Saint-Laurent», lance-t-il.

«Ça me brise encore le cœur avec toute votre gang. J’étais de tout cœur avec vous et avec Pierre Dion et Brian Mulroney [embauché pour négocier avec la LNH]. Mais ce n’est pas moi qui décide. Au final, moi, maudit que je voulais qu’ils reviennent, les Nordiques. Je voulais tellement», dit M. Robert.

Photo d’archives
Photo d’archives

Une fin un peu plate

Il pensait revenir au Québec pour de bon à l’époque. Il avait accordé une entrevue à ma collègue Karine Gagnon à ce sujet. Mais les règles ne permettaient pas à sa fille, qui travaille maintenant au département analytique avec les Flyers de Philadelphie, de continuer sa scolarité en anglais au Québec. «Ç’a comme dégonflé le fait que je voulais revenir avec toute la famille au Québec», relate-t-il.

Non seulement ç’a dégonflé, mais il a décidé de retourner auprès des siens et de quitter Québecor.

La présidente de Vidéotron Manon Brouillette, entourée de Benoit Robert de Québecor et du maire de Québec Régis Labeaume, fait l’annonce que l’amphithéâtre de Québec sera connu sous le nom de Centre Vidéotron lors d’une conférence de presse, le mardi 7 avril 2015.
La présidente de Vidéotron Manon Brouillette, entourée de Benoit Robert de Québecor et du maire de Québec Régis Labeaume, fait l’annonce que l’amphithéâtre de Québec sera connu sous le nom de Centre Vidéotron lors d’une conférence de presse, le mardi 7 avril 2015. Photo DIDIER DEBUSSCHERE

Benoit Robert peut très bien avoir été gentil avec moi et m’avoir accueilli. J’avais quand même de la fumée qui me sortait par les oreilles quand il me racontait qu’il comprenait la décision de la LNH de choisir Vegas et non Québec. Je ne me suis pas caché pour le lui dire.

«C’est quand même injuste, on a été cocu! La LNH s’en fout de notre marché. La LNH se fout qu’on soit un beau marché avec des fans qui adorent le hockey», lui ai-je lancé.

«Non, non! Il faut continuer de travailler. Il faut garder la machine en vie. Il ne faut surtout pas abandonner. On ne sait jamais ce qui peut arriver. C’est toujours une question de timing. Québec, c’est une grande ville du Québec. Il faut continuer d’y croire. Surtout qu’il y a un amphithéâtre», réplique M. Robert.

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