Le pétrole au plus haut depuis l'annonce de la trêve entre Américains et Iraniens

AFP
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Les cours du pétrole ont encore monté mardi pour retrouver leurs niveaux d’avant le cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran, la crise au Moyen-Orient ne montrant aucun signe de déblocage, en particulier pour le détroit d’Ormuz.
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Le prix du baril de Brent, pour livraison en juin, a pris 2,80 % à 111,26 $ US.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, a tutoyé le seuil symbolique des 100 $ US en clôture, à 99,93 $ US (+3,69 %).
Ces prix n’avaient plus été observés depuis l’annonce d’une trêve entre Washington et Téhéran début avril.
« Bien que les hostilités aient cessé depuis lors, le détroit d’Ormuz n’a pas encore été rouvert à la navigation », souligne Carsten Fritsch, de Commerzbank.
« Au contraire, la situation s’est aggravée en raison du blocus naval américain contre l’Iran, en place depuis deux semaines », ajoute l’analyste.
La Maison Blanche a annoncé lundi étudier une nouvelle proposition de l’Iran pour permettre un retour à la navigation dans cette voie maritime cruciale.
Mais les négociations entre les deux belligérants piétinent et le Qatar a mis en garde mardi contre un « conflit gelé ».
Selon les calculs de la banque JPMorgan, « les perturbations de l’approvisionnement mondial ont atteint 9,1 millions de barils par jour en mars et se sont amplifiées pour atteindre 13,7 millions de barils par jour en avril ».
« Premier levier de rééquilibrage » du marché, la mise à contribution des réserves mondiales « n’a pas fonctionné », assure-t-elle.
La faute à des réserves « concentrées en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis » et donc « coupées des marchés » avec le conflit, explique JPMorgan.
Le marché espère toutefois encore un déblocage dans les prochaines semaines, une conviction qui se manifeste par des prix moins élevés dans les contrats pour des échéances plus lointaines.
Le baril de Brent pour juillet est ainsi de 104 $ US, celui pour août de 98 $ US.
Mardi, les cours ont été peu chahutés par l’annonce surprise du retrait des Émirats arabes unis de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l’alliance élargie Opep.
Leur départ suggère qu’ils ne seront plus contraints aux quotas du cartel.
« Si les répercussions à court terme risquent d’être limitées compte tenu des perturbations actuelles dans le détroit d’Ormuz, cela laisse présager à plus long terme un affaiblissement structurel de l’Opep », explique auprès de l’AFP, Jorge Leon, analyste à Rystad Energy.