Le nouvel aéroport de Saint-Hubert cherche des bénévoles pour son service à la clientèle


Anne-Sophie Poiré
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Le nouvel Aéroport métropolitain de Montréal (MET) à Saint-Hubert cherche à pourvoir des postes de service à la clientèle en embauchant des bénévoles, au moment où le secteur aéroportuaire canadien enregistre une hausse de ses revenus d’exploitation. Le terminal tente-t-il d’économiser sur la main-d’œuvre ?
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« Je fais mon mea culpa : je ne suis pas sûr qu’on ait bien communiqué l’offre de bénévolats. On ne cherche pas à combler des emplois de service à la clientèle », affirme d’emblée le président et chef de la direction du Terminal YHU, Charles Roberge.
« Si on ne trouve pas de bénévoles, personne ne s’acquittera des tâches décrites dans l’annonce », ajoute celui qui supervise les opérations de l’Aéroport métropolitain de Montréal (MET) de Saint-Hubert.

La nouvelle aérogare située à 15 kilomètres du centre-ville de Montréal ouvrira ses portes le 15 juin prochain.
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Un million de voyageurs pourront y déposer leurs valises en 2026 et décoller vers plus de 25 destinations au Canada, principalement sur les ailes de Porter Airlines et de Pascan Aviation.
Ce projet d’un demi-milliard de dollars se veut une alternative à Montréal-Trudeau. Avec une capacité de 4 millions de passagers par année d’ici 2029, il permettra de désengorger l’aéroport de Dorval qui s’approche de sa capacité maximale.
Et d’ici son coup d’envoi le mois prochain, le MET est à la recherche de bénévoles.
Une annonce « maladroite »
L’offre explique en détail le rôle de ces « ambassadeurs de l’expérience », dit-on, qui consiste essentiellement à accueillir les passagers, les renseigner et les orienter dans les différentes zones de l’aérogare.
Ils seront aussi appelés à soutenir les équipes opérationnelles lors de perturbations de vols ou en période de fort achalandage.

« Le programme cible les personnes retraitées, surtout, mais aussi les passionnés d’aviation qui aimeraient en apprendre sur ce milieu », précise le PDG du nouveau terminal Charles Roberge.
Parmi les avantages des ambassadeurs : le stationnement gratuit pendant les quarts de bénévolat, l’accès à des boissons et des collations ainsi qu’un uniforme de YHU et une carte d’identité.
Les intéressés doivent fournir un minimum de quatre heures par semaine pour une année complète et déposer leur candidature sur le site de l’aéroport, CV à l’appui.
« On n’est pas contre l’initiative de l’aéroport, mais l’annonce s’apparente grandement à une offre d’emploi », fait valoir le directeur général de la Fédération des centres d’action bénévole du Québec (FCABQ), Michel Alexandre Cauchon.
« On ne montera pas aux barricades sur le fond, mais sur la forme il y a beaucoup de maladresses dans la présentation. Ça sonne un peu comme si on n’avait pas d’argent et qu’on voulait engager des bénévoles », ajoute-t-il.
Mais Charles Roberge le réitère : le MET ne cherche pas à économiser sur la main-d’œuvre pour assurer son service à la clientèle et le PDG assure que l’annonce sera rectifiée sur le site de YHU.

Des OBNL qui rapportent gros
Et malgré les revenus importants générés par le secteur aéroportuaire, Michel Alexandre Cauchon de la FCABQ rappelle que la majorité des grands aéroports canadiens ne sont pas des entreprises privées.
Dans les années 1980, le gouvernement fédéral a décidé de transformer les aéroports en organismes à but non lucratif (OBNL).
Cette structure lui permet d’empocher annuellement des centaines de millions de dollars en redevances pour l’occupation et l’utilisation des terrains qui appartiennent à Ottawa.
En 2025, les loyers versés par les 26 aéroports fédéraux ont bondi de 15 %. Ils atteignent désormais près de 560 millions de dollars.

Le secteur aéroportuaire se porte bien au Canada, donc, contrairement à celui du bénévolat qui traverse une période difficile partout au pays.
Selon les données de Statistique Canada, le nombre d’heures consacrées au bénévolat est passé de 5 milliards en 2018 à 4,1 milliards en 2023. Il s’agit d’une baisse de 18 % sur cinq ans. Le recul est encore plus important dans les organismes communautaires où le temps accordé au bénévolat a chuté de plus de 40 % en une décennie.
Michel Alexandre Cauchon voit tout de même du bon dans le programme des ambassadeurs du Terminal YHU de Saint-Hubert.
« Si une personne décide de s’engager comme bénévole dans un aéroport, il y a plus de chance qu’il passe dans un organisme communautaire. Son intérêt pour le bénévolat vient d’être exponentiellement augmenté », souligne le directeur général de la FCABQ.