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Beaucoup d'argent, mais peu d'informations: le monde parallèle des filiales secrètes d’Hydro-Québec

Le géant de l’électricité dévoile très peu d’informations à leur sujet même si elles brassent beaucoup d’argent

Photo portrait de Sylvain Larocque

Sylvain Larocque

2024-06-03T04:00:00Z

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Certaines filiales d’Hydro-Québec sont si mystérieuses qu’il n’existe aucune information publique à leur sujet – une situation inacceptable, estime un expert.

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Hydro-Québec détient une vingtaine de filiales, apprend-on en consultant la liste que la société d’État met à jour régulièrement sur son site web.

Bas de vignette Crédit photo

Certaines sont des filiales d’exploitation comme la Société d’énergie de la Baie James (construction) et la Société de transmission électrique de Cedars Rapids (ligne de transport d’électricité vers l’Ontario et l’État de New York).

Photo EVLO
Photo EVLO

D’autres sont des coentreprises comme Churchill Falls (Labrador) Corporation (avec NL Hydro) et la Société hydroélectrique Manicouagan, qui exploite la centrale McCormick sur la Côte-Nord (avec Alcoa).

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D’autres encore sont très connues parce qu’elles font affaire directement avec les Québécois, comme Hilo (maison intelligente) et le Circuit électrique (recharge de véhicules).

  • Écoutez la discussion d’Alexandre Dubé avec la journaliste Annabelle Blais via QUB :

Placements hétéroclites

Deux filiales, HQ Energy Holdings et HQI Canada, détiennent les participations d’Hydro-Québec dans les entreprises Great River Hydro (centrales aux États-Unis) et Innergex (énergie renouvelable). On ne sait pas si elles possèdent d’autres placements.

Une centrale de Great River Hydro, une entreprise acquise l'an dernier par Hydro-Québec pour environ 2 milliards $ US.
Une centrale de Great River Hydro, une entreprise acquise l'an dernier par Hydro-Québec pour environ 2 milliards $ US. Photo Hydro-Québec

Il y a aussi des fonds externes dans lesquels Hydro a investi, comme ceux de Cycle Capital (développement durable) et le Fonds d’investissement de Montréal (logement abordable). Impossible, toutefois, de savoir précisément où l’argent de la société d’État est allé.

Certaines filiales d’Hydro-Québec sont carrément inconnues. C’est le cas de HQ Electromobility, une entité fondée en 2020 et établie au Delaware sur laquelle il n’existe aucune information publique. Hydro a fini par indiquer au Journal que cette filiale jouait un rôle dans la mise en place d’une ligne de production aux États-Unis pour Dana TM4, une filiale récemment vendue.

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Quant à Novus E Solutions, elle a été créée en 2020. Selon le registre des entreprises, sa raison d’être est de «développer des projets et [d’]acquérir des participations dans les domaines reliés aux nouvelles énergies».

Novus est actionnaire, avec le géant français EDF et l’Alliance de l’énergie de l’Est, du Projet éolien de la Madawaska, en cours de développement dans le Bas-Saint-Laurent, mais cette information n’apparaît aucunement sur le site web d’Hydro-Québec. 

Pour ce qui du ​​Fonds de croissance HQI, il investit dans des projets à développer ou en exploitation «se rattachant substantiellement au secteur de l’énergie», a précisé laconiquement Hydro au Journal.

«Ténébreux»

«Les filiales d’Hydro, c’est ténébreux, il est très difficile d’avoir de l’information là-dessus», constate Jean-Pierre Finet, analyste pour le Regroupement des organismes environnementaux en énergie et observateur de longue date d’Hydro-Québec.

M. Finet déplore particulièrement le fait qu’Hilo soit une filiale alors que ses activités, axées sur l’efficacité énergétique, sont centrales à la mission d’Hydro-Québec, selon lui.

Notons que la société d’État ne rend pas publics les états financiers de ses filiales. L’équivalent d’Hydro-Québec à Terre-Neuve-et-Labrador, NL Hydro, le fait pourtant, et ce, à chaque trimestre.

Pierre Trudel
Pierre Trudel Photo Université de Montréal

Pierre Trudel, professeur à l’Université de Montréal, comprend mal pourquoi certaines filiales détenues à 100% par Hydro – ou d’autres sociétés d’État – ne sont pas assujetties à la Loi sur l’accès aux documents.

«Ce sont des organismes publics créés avec des fonds publics, rappelle-t-il. Il faudrait donc avoir d’excellentes raisons pour considérer que le public n’a pas le droit de savoir ce dans quoi on investit.»

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