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Le lanceur venu de nulle part qui intrigue le baseball majeur

Le lanceur Braeden Allemann se sent comme un poisson dans l’eau au Stade Canac, où il dit apprécier l’énergie contagieuse des partisans.
Le lanceur Braeden Allemann se sent comme un poisson dans l’eau au Stade Canac, où il dit apprécier l’énergie contagieuse des partisans. Photo STEVENS LEBLANC
Photo portrait de Stéphane Cadorette

Stéphane Cadorette

2025-07-29T21:24:39Z

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Au fil des ans, les Capitales sont passés maîtres dans l’art de dénicher des perles sorties de nulle part. L’une de leurs récentes réussites dans cette catégorie est assurément l’artilleur Braeden Allemann, un Canadien qui a lancé sa première balle à 22 ans et qui, sept ans plus tard, attire l’attention d’équipes du baseball majeur.

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C’est ce même Allemann que les partisans des Capitales verront à l’œuvre au monticule mercredi soir, pour le deuxième match de la série contre Ottawa.

Au-delà de ses statistiques (5-1 avec 91 retraits sur des prises en 69 manches et une moyenne de points mérités de 2,09), c’est son parcours qui fascine.

Le lanceur de 29 ans évoluait comme receveur à l’Université de la Colombie-Britannique, pendant cinq saisons. Ce n’est qu’à sa cinquième que les astres se sont alignés pour qu’il réalise un vieux rêve, soit de tenter sa chance comme lanceur.

«Mais même pas lanceur dans un match! On parle de lancer dans un bullpen, dans l’enclos de relève!» raconte le gérant des Capitales, Patrick Scalabrini, avec l’émerveillement d’un gamin.

Un grand déclic

Après sa carrière universitaire, de 2019 à 2023, Allemann s’est familiarisé avec le rôle de lanceur au niveau senior, dans ce qu’il qualifie lui-même de «ligue de bière d’assez bon calibre».

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«Je me souviens encore d’avoir lancé un match parfait de sept manches avec 18 retraits au bâton. Cette journée-là, je me suis dit: "OK, il y a peut-être quelque chose à faire comme lanceur"», a-t-il raconté en entrevue, au Stade Canac, avant la rencontre de mardi face aux Titans.

Il a refait le coup, à sa dernière année dans ce circuit, en retirant 16 frappeurs sur des prises dans un match complet. Un recruteur canadien des Reds de Cincinnati l’a alors mis en contact avec les rivaux des Capitales, les Aigles de Trois-Rivières, avec lesquels il a fait ses débuts plutôt modestes dans la Ligue Frontière.

Tout clique à Québec

Photo STEVENS LEBLANC
Photo STEVENS LEBLANC

Après une partie de l’été de 2023 et la saison entière de 2024, Allemann présentait un dossier de 4-9 en 19 départs.

Scalabrini a tout de même apprécié son étoffe quand il s’est élancé face aux Capitales et a décidé de l’inviter au camp d’entraînement, en mai, sans grandes attentes.

«Je me disais qu’avec un bon encadrement à Québec, j’étais prêt à lui donner une chance comme cinquième partant. Je m’attendais qu’il soit capable de lancer pour ,500 ou un peu plus. De le voir jouer de manière aussi impressionnante, c’est spécial. On parle d’un gars qui a débuté le Match des étoiles dans notre ligue cet été», s’est réjoui le gérant.

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Depuis le début de la saison, il est cochambreur avec les vétérans Anthony Quirion, Marc-Antoine Lebreux et Kyle Crowl, trois joueurs dévoués à la cause des Capitales.

«J’ai la chance d’être appuyé par de bons coéquipiers et ça me met en confiance», a humblement dit l’artilleur pour expliquer ses succès.

Il peut bien envoyer des fleurs aux autres, mais reste que son match sans point ni coup sûr du 6 juin, le troisième seulement dans l’histoire des Capitales, personne ne peut le lui enlever.

De la grande visite

Sans les nommer, Allemann a glissé au passage que quelques équipes du baseball majeur s’étaient renseignées à son sujet.

Il y a quelques semaines, Le Soleil révélait même que le vice-président au recrutement international et aux opérations baseball des Blue Jays, Andrew Tinnish, était venu épier Allemann à Québec l’instant d’un départ.

Scalabrini se dit convaincu que, même à 29 ans, il n’est pas impensable que les portes des Blue Jays ou d’une autre équipe s’ouvrent à lui.

«Il intrigue énormément Tinnish et tout est possible. Il trouve ses statistiques avancées très épatantes et il lui a fait faire des tests spécifiques en plus de lui parler longtemps», a-t-il détaillé.

De son côté, Allemann ne fait que savourer son été à Québec, mais, comme tout joueur, il ne cache pas qu’il rêve d’une chance dans le baseball affilié.

«Rich Hill est revenu dans les majeures à 45 ans la semaine passée, donc j’imagine qu’il me reste un peu de temps! Les chances jouent contre moi à 29 ans, mais chaque étape de ma carrière a été un long shot. Ce serait quoi, une fois de plus?».

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