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Enfin un plan d’Ottawa pour les femmes autochtones disparues

Plus d’une victime de féminicide sur cinq au pays était autochtone en 2020

Photo portrait de Anne Caroline Desplanques

Anne Caroline Desplanques

2021-06-03T16:47:33Z
2021-06-04T02:18:05Z

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OTTAWA | Le gouvernement fédéral présente finalement un plan d’action pour répondre au rapport de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, tandis que l’on compte les dépouilles d’enfants à Kamloops. 

Il y a deux ans, le rapport de l’Enquête a fait 231 appels à la justice ou recommandations, dont la création d’un ombudsman et d’organismes de surveillance de la police.

En réponse à ces appels, Ottawa propose notamment des mesures pour protéger la culture et les langues autochtones, un revenu de subsistance annuel garanti, des logements, un sous-commissaire pour les services correctionnels autochtones et un groupe de travail national pour examiner et réexaminer les dossiers non résolus.

En 2014, la Gendarmerie royale du Canada estimait à plus de 1200 les cas de femmes et de filles autochtones disparues ou assassinées entre 1980 et 2012. Mais les groupes de femmes autochtones évoquent plutôt un chiffre supérieur à 4000, dans des estimations documentées.

  • Écoutez l'entrevue de l'ancienne commissaire de l’enquête nationale sur les femmes autochtones disparues ou assassinées, Michèle Audette, avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:  

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« Il s’agit d’une tragédie nationale, d’un génocide », a dit Louisa Housty-Jones, du Conseil des femmes de l’Assemblée des Premières Nations, en appelant à une action immédiate.

Aussi, plus d’une victime de féminicide sur cinq au pays était autochtone en 2020, selon un rapport de l’Observatoire canadien du féminicide pour la justice et la responsabilisation.

Pensionnats

Le dévoilement du plan fédéral intervient alors que le pays est secoué par la découverte de 215 corps d’enfants disparus d’un pensionnat de Kamloops, en Colombie-Britannique.

« Nous ne pouvons pas ignorer le lien entre le grand nombre de femmes et de filles disparues et assassinées et les pensionnats, a dit la ministre des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett. C’est le résultat d’années de politique coloniale. »

Une fillette de 4 ans dépose une paire de ses chaussures devant l’église Saint-Francois-Xavier à Kahnawake, près de Montréal, en mémoire des 215 enfants retrouvés morts dans une fosse commune d’un pensionnat autochtone en Colombie-Britannique.
Une fillette de 4 ans dépose une paire de ses chaussures devant l’église Saint-Francois-Xavier à Kahnawake, près de Montréal, en mémoire des 215 enfants retrouvés morts dans une fosse commune d’un pensionnat autochtone en Colombie-Britannique. Photo PC, Peter McCabe

Selon l’ex-sénateur et juge Murray Sinclair, qui a présidé la Commission de vérité et réconciliation du Canada (CVR), 25 000 corps pourraient être trouvés dans des fosses communes près de tous les pensionnats du pays.

Pour aider à déterrer ces dépouilles, le gouvernement d’Ottawa versera 27 millions $ aux communautés.

Poursuites

Mais les chèques n’impressionnent pas Cindy Blackstock, la directrice générale de la Société de soutien à l’enfance et à la famille des Premières Nations du Canada.

« Le Canada reconnaît sa part de responsabilité dans la mort de 215 enfants dans un pensionnat de Kamloops, mais dans deux semaines, il enverra ses avocats se battre contre le respect des principaux appels à l’action de la CVR pour mettre fin aux injustices commises à l’égard de cette génération d’enfants des Premières Nations », a-t-elle déclaré.

Le chef néo-démocrate, Jagmeet
Singh, presse le gouvernement de cesser de poursuivre en justice les communautés autochtones qui demandent un dédommagement pour les traumatismes subis dans les pensionnats.

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