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Une histoire atrocement raciste made in Canada

Photo d'archives, PC / Andrew Snucins
Photo portrait de Josée Legault

Josée Legault

2021-06-01T09:00:00Z

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C’est l’histoire honteuse d’une ignominie atrocement raciste made in Canada. Ces pensionnats dits résidentiels dans lesquels 150 000 enfants et adolescents autochtones, métis et inuits ont croupi dans l’isolement et les pires privations. 

La majorité des « pensionnats » opéraient sous la botte du clergé catholique. À partir des années 1870, ils se multiplieront à travers le pays. Le tout dernier ne fermera ses portes qu’en 1996. 

Avec l’aval des gouvernements, ces garçons et ces filles étaient arrachés à leurs familles. Précipités dans ces « pensionnats » de l’enfer pour « tuer l’Indien dans l’enfant ». 

Leurs bourreaux en soutane leur interdisaient de parler leur langue et de voir leurs parents. Ils les affamaient. Ils les enfermaient dans des dortoirs insalubres et non isolés. Ils leur refusaient tout soin médical. 

Ils les battaient, les humiliaient, les violaient. Plus de 3000 de ces enfants martyres en sont morts. Tuberculose, dénutrition, noyade, sévices physiques et sexuels répétitifs, etc. Comme de vulgaires déchets, ils étaient enterrés dans des fosses communes. 

Les survivants, eux, en sortaient avec de graves séquelles physiques et psychologiques. Plusieurs se sont suicidés. Le dernier épisode de cette honte nationale en est le parfait reflet. 

Fosses communes

En Colombie-Britannique, dans une fosse commune près d’un ancien « pensionnat » catholique à Kamloops, on a découvert les « restes » de 215 enfants de la Première nation Tk’emlups te Secwepemc.

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Se disant profondément choqués, Justin Trudeau et ses homologues provinciaux ont commandé la mise en berne de leurs drapeaux respectifs. De nombreux Canadiens marquent leur solidarité par diverses cérémonies.

Au sein des nations autochtones, on réclame justice. Encore une fois. Que ces enfants torturés soient identifiés. Qu’on les rapatrie enfin auprès de leurs familles.

Impossible ici de faire le tour du récit brutal de ces « pensionnats » abjects. Ni de la férocité raciste et sadique du modus operandi de tous ces prêtres et de leurs supérieurs. Plongeons néanmoins au cœur de cette histoire immonde. 

Complices dans leur racisme séculaire contre les Autochtones – inscrit tout d’abord dans l’ignoble loi fédérale sur les Indiens de 1876 –, les autorités politiques et ecclésiastiques les auront déshumanisés du berceau jusqu’à leurs tombeaux, cachés et anonymes.

Racisme et sadisme

Ceux qu’on appelait jadis les « sauvages » en furent les innombrables victimes. Comme quoi la véritable sauvagerie, pour ne pas dire barbarie, était celle de nos autorités politiques et ecclésiastiques, foncièrement racistes.  

Ces horreurs made in Canada sont pourtant rarement enseignées dans nos écoles. Comme s’il fallait, une fois les « unes » de journaux nous le rappelant de temps à autre, se presser pour l’oublier. Non. Ce n’est pas nous ! Pas dans « le plus meilleur pays du monde »... 

Eh bien oui. C’est arrivé ici. Dans presque toutes les provinces. Avec l’imprimatur du clergé, l’argent du fédéral et l’indifférence de la population. 

Au-delà d’excuses, de drapeaux en berne et de certaines compensations passées, que faire pour réparer une telle abomination ? Si tant il se peut qu’une réparation soit même possible. 

Peut-être commencer par écouter ces familles et communautés durement éprouvées. Dans les écoles, mieux enseigner les périodes sombres de notre histoire. Identifier les vrais coupables. Faire montre d’une colère mobilisatrice.

Pour se tourner vers l’avenir, ensemble, il faut connaître le passé. C’est une condition sine qua non.

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