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Le gars de Brossard qui veut amener le hockey américain à un autre niveau

Déjà en forte progression, le hockey américain pourrait passer encore à un autre niveau grâce au travail d’un Québécois implanté à Los Angeles

Photo fournie par Benoit Robert
Photo portrait de Jean-Nicolas Blanchet

Jean-Nicolas Blanchet

2025-11-27T05:00:00Z

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LOS ANGELES | Déjà en forte progression, le hockey américain pourrait passer encore à un autre niveau grâce au travail... d’un gars de Brossard.

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Le Québécois Benoit Robert, qui réside aux États-Unis depuis plus de 40 ans, se démène pour lancer du hockey junior élite sur la côte ouest américaine.

Avec ses expériences dans les affaires, dans la construction et dans la gestion d’amphithéâtres dans la LNH et dans le hockey junior américain, celui qui réside en banlieue de Los Angeles rêve d’offrir une nouvelle option aux hockeyeurs de la côte ouest américaine.

À 65 ans, avec une belle maison sur le bord de l’océan et en rémission d’un cancer, il serait permis de croire que M. Robert voudrait ralentir ou ne pas se lancer dans de gros projets.

Pas du tout. Non seulement il a ce projet pour le hockey junior, mais il reluque aussi grandement le hockey européen, qui «est en train d’exploser», lance-t-il. Soulignons qu’un de ses meilleurs amis, Luc Robitaille, s’implique avec les Ours polaires de Berlin, qui font un tabac en Allemagne.

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«Je suis allé à un match. J’ai été complètement subjugué! Wow! La qualité du hockey est impressionnante. Mais c’est surtout l’atmosphère dans l’aréna. J’ai rarement vu ça.»

Des Kings au junior

Même si Benoit Robert a passé une bonne partie de sa carrière dans le milieu des ventes, il faut comprendre que dès qu’il en a eu l’occasion, il s’est réorienté vers le hockey. C’était en 2007, quand il a rejoint les Kings de Los Angeles comme vice-président au développement des affaires à la demande de Luc Robitaille.

Photo fournie par Benoit Robert
Photo fournie par Benoit Robert

Les deux se sont connus quand Luc avait 14 ans. Ils s’étaient rencontrés à la maison d’amis en commun. Ils ont ensuite gardé contact jusqu’au moment où M. Robert reçoit un coup de téléphone.

«C’était Luc qui était rendu avec les Kings. Il avait 20 ans, moi 26. Et je demeurais en Californie. De fil en aiguille, on est devenu de bons amis. Et ensuite, il m’a dit qu’un de ses anciens coéquipiers venait de Hull et qu’il voulait que je le rencontre. C’était Pat Brisson. On est donc tous devenus copains et on a fait toutes sortes d’affaires et de projets ensemble».

Photo fournie par Benoit Robert
Photo fournie par Benoit Robert

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Je vous le confirme. Ils sont très copains. Comme des ados sont copains. J’en ai été témoin. Ils s’appellent pour rien, juste pour savoir ce qu’ils font ou se demander si ça va bien. C’est même charmant.

C’est plus un quatuor qu’un trio. Car Marc Bergevin est aussi dans la bande.

Petite anecdote sur Marc Bergevin d’ailleurs. En 1996, Luc Robitaille n’arrêtait pas de dire à Benoit Robert qu’il devait rencontrer Bergevin, car il était hilarant. C’était lors d’un tournoi de golf. «Il est arrivé vers moi, évidemment habillé comme une carte de mode comme il l’est toujours. Mais il s’était mis plein de gazon dans les narines en disant qu’il s’excusait, mais que son poil de nez poussait quand c’était humide. Oui, ça, c’est la première fois que j’ai rencontré Marc Bergevin.»

Les 5 grands amis lors du dévoilement de la statut de Luc Robitaille devant l'aréna des Kings en 2015. De gauche à droite: Marc Bergevin, Mario Lemieux, Luc Robitaille, Pat Brisson et Benoit Robert
Les 5 grands amis lors du dévoilement de la statut de Luc Robitaille devant l'aréna des Kings en 2015. De gauche à droite: Marc Bergevin, Mario Lemieux, Luc Robitaille, Pat Brisson et Benoit Robert Photo fournie par Benoit Robert

C’est ce Marc Bergevin que je voulais vraiment rencontrer pour une entrevue durant mon séjour à Los Angeles. Il a poliment refusé et n’a pas voulu éterniser notre discussion lorsque je l’ai croisé à l’aréna d’entraînement des Kings.

«Yes, so far!»

Revenons à Benoit Robert. Il a fréquenté l’Université de New Haven, au Connecticut, au début des années 80. Il y a été invité comme hockeyeur. Il ne parlait pas un mot anglais.

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«J’avais été invité à visiter le campus. C’était en 1979. On était parti durant une tempête de neige et quand on est arrivé sur la route 95, à New Haven, et j’ai vu l’océan pour la première fois de ma vie, j’ai dit à ceux qui étaient avec moi dans l’auto: “OK, c’est ici que je viens”», explique M. Robert comme si c’était hier.

«L’entraîneur m’avait demandé le même jour: “How do you like it so far?” J’avais répondu: “Yes, so far.” Je n’avais rien compris de ce qu’il disait», rigole-t-il.

Photo fournie par Benoit Robert
Photo fournie par Benoit Robert

Il me parle de son admiration pour l’océan et durant l’entrevue, on est à quelques mètres de l’océan Pacifique. Ce n’est pas un hasard. Depuis qu’il est tout jeune, c’est un rêve pour lui.

«J’étais tout petit et je me disais que j’allais habiter sur le bord de l’eau plus tard. Quand je suis sorti de l’école, je voulais vivre sur une côte. Quand tu mets quelque chose dans l’univers et que tu veux que ça arrive, tu prends les moyens pour que ça arrive», explique celui qui a grandi dans une famille modeste à Brossard.

Pat Brisson et son père, avec le petit Brendan (aujourd'hui dans l'organisation des Rangers), Luc Robitaille et Benoit Robert avec sa fille en 2002.
Pat Brisson et son père, avec le petit Brendan (aujourd'hui dans l'organisation des Rangers), Luc Robitaille et Benoit Robert avec sa fille en 2002. Photo fournie par Benoit Robert

Concernant son projet de bâtir le hockey junior élite sur la côte ouest, Benoit Robert estime qu’il s’agit d’un problème criant.

Il expose que la Californie est un des endroits où le hockey est en plus forte progression en Amérique du Nord. Plusieurs arénas se bâtissent et les équipes de la LNH ont un impact majeur.

«On a donc beaucoup de joueurs dans le hockey mineur et on a du hockey professionnel. Nous n’avons rien entre les deux. À 16 ans, les joueurs doivent partir au Canada ou dans le Midwest américain. Ce ne sont pas tous les parents qui sont prêts à laisser leur enfant partir. Ça fait qu’un joueur sur deux va finir par lâcher le hockey», se désole-t-il.

M. Robert voit donc une ligue junior qui pourrait regrouper des équipes dans les secteurs de Vegas, San Diego, Los Angeles et San Francisco, par exemple.

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