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Montréal coupe le financement des compteurs sur les pistes cyclables

PHOTO D'ARCHIVES, AGENCE QMI
Photo portrait de Sarah-Florence  Benjamin

Sarah-Florence Benjamin

2026-04-01T17:03:52Z
2026-04-01T19:05:00Z

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Depuis le 18 mars, la mise à jour et la transmission des données du comptage vélo par Eco-Compteur sont suspendues à Montréal. La raison : la Ville a coupé le financement pour ces compteurs, qu’elle compte remplacer par des détecteurs en hauteur. Pourtant, ce sont des données essentielles sur la mobilité active et pour les audits que la Ville entend effectuer sur les pistes cyclables.

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La Ville de Montréal a mis fin aux budgets alloués à l’exploitation de la plateforme de comptage des passages de vélo Eco-compteur pour l’année 2026.

Cette décision découle « des restrictions budgétaires appliquées au budget de fonctionnement dans le cadre de l’exercice financier 2026 », indique la Ville lorsque questionnée par 24 heures.

Neal Poku, responsable des compteurs de Montréal chez Eco-Compteur, estime à 40 000 $ les sommes nécessaires pour « l’entretien du réseau de compteurs, les frais de logiciel et l’hébergement des données ».

La Ville compte par ailleurs remplacer les compteurs sous la chaussée d’Eco-Compteur par ses propres technologies « non intrusives et mieux alignées avec ses orientations à long terme ».

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Ces nouveaux compteurs seraient installés en hauteur « sur des fûts ou des structures existantes », une approche qui « permet d’éviter les interventions sur l’intégrité de la chaussée, de réduire les impacts sur les opérations et de limiter les coûts récurrents associés à l’entretien des équipements sous chaussée », affirme-t-on.

Il coûtera 7500 $ par site à la Ville pour installer ces compteurs « non intrusifs » et ces derniers ont l’avantage de ne pas dépendre de batteries ainsi que de pouvoir reconnaître les vélos à cadre de carbone, qui sont plus difficiles à détecter par les capteurs sous la chaussée. Le fournisseur à qui le contrat a été octroyé, la compagnie CITIX, assure qu’aucune donnée du comptage ne sera perdue dans l’opération de remplacement.

La Ville compte aussi décommissionner la plateforme d’Eco-Compteur pour rapatrier les données sur ses propres serveurs. D’ici là, elle s’engage à « recueillir et d’analyser les données des détecteurs actuels en plus de les publier sur la page des données ouvertes de la Ville de Montréal ».

Eco-Compteur ne savait pas

Eco-Compteur n’était pas au courant que le budget leur étant alloué était coupé de manière définitive. La compagnie montréalaise avait été informée à la fin février que le budget n’avait simplement pas été confirmé.

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« Heureusement, nous faisons affaire avec d’autres villes et on espère collaborer avec Montréal d’une autre manière durant la saison du cyclisme. J’espère que la situation va évoluer », assure Neal Poku.

Eco-Compteur opère plus d’une cinquantaine de sites de comptage sous la chaussée fonctionnant grâce à une technologie de boucle magnétique à Montréal en collaboration avec le Service de l’urbanisme et de la mobilité de Montréal (SUM). En 2025, ces compteurs avaient enregistré 19 619 842 passages de vélos, soit une moyenne de 1042 passages par site par jour.

Besoin de plus de données, pas moins

Les données d’achalandage des pistes cyclables sont « essentielles » pour la mobilité et la sécurité routière à Montréal selon Jean-François Rheault, président-directeur général de Vélo Québec.

« Ça fait 20 ans qu’on a des données sur le cyclisme à Montréal, elles aident à la planification et à la gestion du réseau cycliste », explique-t-il.

Jean-François Rheault
Jean-François Rheault Louis-Philippe Messier

Elles permettent entre autres de synchroniser les feux de circulation, de planifier l’entretien, de justifier les investissements ou l’agrandissement du réseau selon les besoins.

Le nombre de passages par artère cycliste est aussi essentiel au processus d’audit sur la sécurité des pistes cyclables que compte entreprendre la mairie, croit-il.

« Si on croise les données de comptage avec le nombre de collisions ou de décès, ça nous permet de prioriser certaines zones », souligne-t-il.

Il considère que pour une meilleure gestion de la mobilité, on a besoin de « plus de données », ce pourquoi sa déception serait « infinie » si le comptage vélo était suspendu ou incomplet en 2026. « Ça ne ferait aucun sens », conclut le PDG de Vélo Québec.

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