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Déficit de financement de la STM: «Ça va prendre des incidents majeurs pour réveiller le gouvernement»

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Genevieve Abran

2026-03-26T20:30:36Z

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Des stations de métro pourraient fermer d’un moment à l’autre si la Société de transport de Montréal (STM) ne reçoit pas le financement nécessaire pour maintenir le réseau, dénonce le Syndicat de transport de Montréal.

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À l’heure actuelle 35 des 68 stations de métro sont en « mauvais » (note D) ou très mauvais état » (note E), a indiqué la semaine dernière la Société de transport de Montréal (STM) à la suite du dépôt du dernier budget de la CAQ avant les prochaines élections.

Peel et De l’Église, sur la ligne verte, Champ-de-Mars, sur la ligne orange ainsi que Fabre et Saint-Michel, sur la ligne bleue, sont les plus vétustes du réseau, considérées en très mauvais état.

Le dernier budget de Québec ne prévoit pourtant aucune somme supplémentaire pour le maintien d’actifs dans le transport collectif pour les cinq prochaines années.

L’enveloppe pour les dix sociétés de transport de la province est présentement de 3,5 milliards $ sur 10 ans. Mais à elle seule, la STM aurait besoin de plus de 600 millions $ par année. Actuellement, elle reçoit environ la moitié de ce montant.

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Ce niveau d’investissement permettrait « d’éviter une perte de contrôle d’entretien et financière », indique la STM dans un communiqué en réaction au budget.

D’un moment à l’autre

« Est-ce qu’on va devoir se rendre à des incidents majeurs ? On ne veut pas non plus qu’il y ait des affaissements, du béton qui tombe sur la clientèle. J’ai l’impression que ça va prendre des incidents majeurs pour réveiller le gouvernement et dire qu’il faut investir dans nos infrastructures », s’inquiète le président du Syndicat des employés d’entretien de la STM, Bruno Jeannotte.

« C’est beau les nouveaux projets, mais il faut aussi investir dans les 68 stations de métro [qui existent] actuellement. J’ai l’impression que ça va devenir criant du jour au lendemain », ajoute-t-il.

Le président du Syndicat de transport de Montréal-CSN, Bruno Jeannotte
Le président du Syndicat de transport de Montréal-CSN, Bruno Jeannotte Capture d'écran TVA Nouvelles

En 2024, les stations Saint-Michel, Fabre et d’Iberville avaient dû fermer d’urgence en raison de problèmes structuraux importants. Ces fermetures risquent de devenir plus fréquentes si on n’entretient pas les infrastructures du métro.

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Des travaux d’urgence plus fréquents

Bruno Jeannotte constate que les employés d’entretien sont de plus en plus souvent appelés à effectuer des travaux d’urgence plutôt que de réaliser des travaux de prévention.

« On fait beaucoup d’interventions d’urgence la nuit pour des appels qu’on a eus le jour, où on réussit à arranger temporairement le problème, pour venir sécuriser et être capable de redonner le service le lendemain », précise-t-il.

Des milliers de poutres temporaires ont dû être installées sous certaines stations de métro afin d’en solidifier les structures, illustre-t-il.

« Il est à prévoir qu’on va devoir, éventuellement, couper le service à certains endroits où on aurait des problèmes structuraux majeurs. Pour le moment, ça fonctionne, mais plus le matériel vieillit, plus les interventions vont être de longue durée », craint-il.

Ce ne sont pas que les structures du métro dont l’état se dégrade : les équipements et les installations électriques sont aussi vieillissants. La STM dit observer une augmentation de 267 % en dix ans des interruptions de service liées à des bris d’équipements fixes du métro.

« À partir du moment où le transport en commun ne sera plus la priorité du gouvernement, on va se retrouver avec un transport en commun moins fiable, moins utilisé et plus de trafic », insiste Bruno Jeannotte.

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