Tous les résultats
Publicité

Le «code», ou le gros bon sens?

Photo portrait de Jean-Charles Lajoie

Jean-Charles Lajoie

2024-04-12T22:25:46Z

Partager

Le 25 janvier dernier, à Montréal, lors d’un match entre le Canadien et les Islanders de New York, Brendan Gallagher a eu un excès de rage sur glace peu commun dans son cas.

Il a longuement laissé trainé son coude droit après l’avoir sorti vers l’arrière de son corps, sachant très bien que la conclusion serait une collision entre ce même coude et la tête du défenseur des Islanders Adam Pelech.

Ce regrettable geste lui a valu une suspension de cinq matchs de la part des autorités de la LNH et honnêtement, je ne vois vraiment pas comment il aurait pu en être autrement dans les circonstances. La sentence était sévère, mais juste.

Gallagher n’a jamais expliqué profondément les motifs pour lesquels il a commis ce geste qui ne le caractérise pas du tout. Gallagher est fougueux, intempestif, «face à fesser dedans» sur une glace. Il est toujours dans la peinture bleue du gardien adverse, il joue plus souvent avec un «scraper» qu’avec un bâton de hockey, mais il n’est absolument pas un joueur salaud.

La suite nous a appris que la maman de Brendan combat un cancer du cerveau. Je pense qu’il y a certainement de ça dans le fait que Gallagher connaît une saison très difficile, outre le fait qu’il a naturellement ralenti, l’âge faisant son effet.

Publicité

Gallagher était objet de critiques acerbes au moment de commettre son crime sur glace le 25 janvier. Même la presse anglophone, dont il est un enfant chéri, ne le ménageait plus.

Et contrairement à tout ce qu’ils peuvent en dire, les joueurs de hockey, comme leurs patrons, écoutent tout ce qui se dit à leur sujet. Ce ne sont pas des robots, ce sont des humains.

Est-ce que Gallagher a voulu se secouer lui-même avec ce geste? Seul lui le sait... A-t-il simplement eu une bulle temporaire? C’est fort possible aussi...

Chose certaine, il ne dispute pas l’actuelle saison dans un état d’esprit des plus tranquille et ça, on se doit de le considérer hautement lorsque l’on cherche des pistes d’explications à son geste gratuit et salaud.

Les retrouvailles

Ce qui m’amène à hier soir à Long Island, soirée de retrouvailles pour Pelech et les Islanders avec Gallagher.

Soixante-seize jours après l’agression, le coupable se retrouvait au centre de la glace à devoir recevoir sa sanction. Au nom de quoi ? Au nom du «code», le fameux code qui est prôné, voire galvaudé un peu partout, souvent bêtement et sans plus d’explications.

Normal. Comment veux-tu expliquer quelque chose qui n’existe pas? Heureusement, au milieu de tout ce bruit inutile, il existe des gars brillants, pondérés et lucides, des gars qui en plus ont le bonheur d’avoir joué plus de 700 matchs dans la LNH. Des gars comme Philippe Boucher qui, exaspéré d’entendre les diarrhées verbales de certains, a remis les pendules à l’heure ici à «JiC» il y a quelques mois.

Publicité

Philippe disait, en somme : «le code ? j’ai joué 748 matchs dans la Ligue nationale et je ne sais même pas c’est quoi, le code. Il est écrit où, le code? Nulle part! C’est quoi, le code? Personne ne le sait, parce que le code, ça n’existe pas! Ce qui existe, c’est le gros bon sens. Tu t’en prends à un de mes coéquipiers, tu vas recevoir de la visite. Mais le code? C’est de la bouillie!»

Cette déclaration du grand Phil a été formidable. Sa réputation n’est plus à faire, son après-carrière se base sur une qualité de propos et une crédibilité. Phil n’invente pas une nouvelle pour se rendre intéressant, il se renseigne, il est encore hyper connecté aux quatre coins de la ligue et quand il tient un tel propos, soyez assurés que c’est appuyé et que ça ne déclenche aucune moquerie de personne dans la communauté des anciens et des joueurs actifs de la ligue nationale.

Donc hier soir, Brendan Gallagher a eu à répondre de son geste du 25 janvier dernier au nom du code qui n’existe pas.

Et je suis en accord avec ce qui s’est passé. Hier soir, ce n’est pas le code que les Islanders ont voulu honorer, c’est leur coéquipier Pelech, dans un geste de gros bon sens et non un geste au nom du code.

Tellement de gros bon sens que c’est Jean-Gabriel Pageau qui a été l’envoyé pour dire à Gallagher : «fais plus ça, mon chum, c’est vraiment pas correct, ce que t’as fait à notre ami Pelech».

Jean-Gabriel Pageau! Cinq pieds et onze déclaré, mais dans les faits, cinq pieds et neuf, autour de 175 livres. Alors que t’as des Matt Martin, des Casey Cizikas, des Cal Clutterbuck... t’envoies Pageau ?

Et il faudrait croire que c’est au nom du code? Je pense qu’hier est une remarquable illustration de l’inexistence du code, mais de l’existence du gros bon sens. Pageau comme petite tape sur les doigts de Gallagher, que la ligue avait déjà sévèrement puni, et certainement pas un joueur salaud!

Publicité
Publicité