Le CF Montréal éliminé
New York City défait le CF Montréal 3 à 1 en demi-finale de l’Association de l’Est

Dave Lévesque
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Impeccable depuis le milieu de l’été, le CF Montréal a trébuché au pire moment possible en s’inclinant 3 à 1 en demi-finale de l’Association de l’Est de la MLS, ce dimanche après-midi, au Stade Saputo.
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Tout était pourtant en place pour un match inoubliable. Il faisait un temps magnifique ; la mère de Jason Di Tullio, Giulia Garofano, était en poste pour sonner la cloche ; le Stade Saputo était rempli à craquer avec une troisième salle comble de suite de 19 619 spectateurs.
Mais le Bleu-blanc-noir a une bête noire dans cette ligue et c’était justement la visite attendue pour la fête.
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Le New York City FC, qui n’a jamais perdu au Stade Saputo (5-0-2), a mis un terme à une saison qu’on n’oubliera pas de sitôt, même si elle s’est terminée sur une grosse déception.
« On aurait aimé aller plus loin et continuer l’aventure », a admis Wilfried Nancy après la rencontre.
Frapper tôt
Les Cityzens sont venus pour jouer et ils l’ont montré rapidement en profitant de la nervosité apparente de leurs hôtes : Maxi Moralez a ouvert la marque dès la 6e minute.
Les visiteurs ont donc amorcé le match en lion, ce qui a un peu pris le Bleu-blanc-noir de court.
« Je vais être honnête, j’ai été un peu surpris par l’intensité et l’agressivité déployées par New York City en début de match, a reconnu Samuel Piette. Est-ce que ça nous a ébranlés ? Peut-être un peu, mais nous étions confiants.
« Je crois que nous avons bien répondu, a poursuivi le capitaine. En première demie, nous étions partout. Techniquement, nous n’avons pas été aussi bons qu’à l’habitude, mais nous avons créé beaucoup de chances et Sean Johnson a été excellent. »
Domination
Piette a raison, ses coéquipiers et lui ont été fouettés et ils ont contrôlé le reste de la première demie.
Alistair Johnston a joué un match inspiré et a balancé de nombreux centres dangereux dans la surface adverse. Kei Kamara a notamment eu deux chances phénoménales de marquer dans le premier quart d’heure, dont un ballon qui s’est arrêté sur le poteau.

Pour le reste, Sean Johnson a été excellent devant le but des visiteurs.
« D’habitude, Kei met ces buts-là, a soutenu Wilfried Nancy. Mais ce que j’ai aimé, c’est que tout le monde a senti qu’on avait le momentum, mais on a oublié qu’il y avait la contre-attaque à gérer. »
Si Nancy parle de contre-attaque, c’est parce que les visiteurs ont doublé leur avance grâce à Héber, qui a justement profité d’une contre-attaque pour marquer le but qui faisait mal dans les arrêts de jeu (45+3) de la première demie.
New York a obtenu seulement deux tirs cadrés lors de cette première demie et ceux-ci se sont soldés par deux buts.
Même avec Romell
Voulant donner une bouffée d’air frais à son attaque, Wilfried Nancy a fait entrer Romell Quioto à la 54e minute. L’attaquant hondurien était substitut parce qu’il se remet d’une blessure et qu’il n’avait pas joué depuis un mois.
Quioto n’a toutefois pas eu le temps de se mettre en jambes et de peser sur le match.
Six minutes plus tard, une autre erreur offensive a permis à Gabriel Pereira de filer vers James Pantemis, qui a maladroitement plongé pour lui enlever le ballon. Le tir de pénalité ne faisait aucun doute.
Entré quelques minutes plus tôt, Talles Magno (61e minute) a facilement battu Pantemis, qui s’est compromis trop rapidement.
Djordje Mihailovic a inscrit son dernier but dans un maillot montréalais à la 84e minute, mais c’était trop peu, trop tard. Il aura au moins permis à Mme Garofano de sonner la cloche.

Pas de frustration
C’était la première fois en cinq matchs éliminatoires au Stade Saputo que le CF Montréal baissait pavillon et c’était la première défaite de l’équipe depuis le 31 août dernier.
Wilfried Nancy a paru calme et plutôt serein lors de son point de presse d’après-match. Il ne semblait pas nourrir de frustration à l’égard du résultat. Il en a aussi profité pour rappeler que son équipe a été battue par le champion en titre de la Coupe MLS.
« Sur les buts, on peut mieux faire, mais je n’ai rien à reprocher aux joueurs. Ils ont tout donné. Je suis très fier de mes joueurs et de mon staff.
« Il y a eu des erreurs, mais eux aussi en ont fait et on n’a pas su en profiter. New York City est champion, ils sont très bons. »
| TIRS | ARRÊTS | |
| MTL | 8 | 1 |
| NYC | 4 | 7 |
| FAUTES | HORS-JEUX | |
| MTL | 10 | 3 |
| NYC | 13 | 2 |
| COINS | ||
| MTL | 7 | |
| NYC | 0 |
Ils peuvent garder la tête haute, estime Wilfried Nancy
La saison du CF Montréal s’est terminée de façon brutale, mais Wilfried Nancy et ses hommes peuvent garder la tête haute, car ils se sont battus de la première à la dernière minute de ce match.
Ne faites pas attention au pointage de 3 à 1, il ne dit pas tout. Il cache surtout un effort collectif de haut niveau qui a été miné par quelques petites erreurs individuelles qui se sont avérées coûteuses.
« Nous avons offert une bonne performance, particulièrement en première demie, a avancé Alistair Johnston. C’est difficile quand tu joues ta meilleure demie de la saison et que tu te retrouves en retard 0-2.
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« Nous avons l’impression qu’on aurait pu continuer, mais on s’est butés à une très bonne équipe qui a déjà gagné des trophées et il y a une raison pour laquelle ils poursuivent leur chemin. Ils ont eu des demi-chances et en ont profité. »
Pas de chance
Il y a des matchs comme ça où, peu importe ce qu’une équipe tente, ça ne fonctionne pas.
« On a eu des chances, mais le ballon ne voulait pas entrer, a soutenu Samuel Piette. En même temps, il faut donner crédit à New York City qui a eu trois ou trois chances et demie et ils ont marqué trois buts. »
C’est donc une question d’opportunisme, et Alistair Johnston a tapé sur le même clou que Piette.
« Quand on joue contre une équipe comme ça qui compte sur des joueurs de première qualité, ils vont transformer les demi-chances en buts. »
Et il y a Sean Johnson qui a offert une performance digne d’un match éliminatoire avec sept arrêts.
Des fleurs
Passant au micro avant Wilfried Nancy, son homologue de New York, Nick Cushing, lui a lancé des fleurs.
« Quand la fiche d’une équipe change, tu ne peux qu’encenser l’entraîneur, a insisté l’Anglais. Nous avons des styles qui se ressemblent et je ne peux faire autrement que de lui lancer des éloges pour la façon dont il a transformé cette équipe.
« Chaque équipe doit traverser ce genre de passage et perdre ces matchs. Je crois que cette équipe va gagner des matchs éliminatoires et va devenir une équipe gagnante exceptionnelle. »
Alistair Johnston adhère plus ou moins à cette idée qu’il faut apprendre à perdre avant de gagner de gros matchs.
« Dans la plupart des sports, c’est le cas, c’est rare qu’on voie des équipes Cendrillon aller jusqu’au bout, il faut voir ça comme une base pour construire.
« Mais on avait l’impression d’avoir un groupe capable d’aller jusqu’au bout pour soulever un trophée. »