Le Canada en récession technique
Les tarifs douaniers de Trump font mal

David Descôteaux
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L’économie canadienne a fait du surplace au premier trimestre de 2026, ce qui plonge le pays en récession technique après deux trimestres consécutifs de recul du PIB, une première depuis la pandémie de 2020.
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Le PIB réel du Canada est demeuré stable au cours des trois premiers mois de l’année. En rythme annualisé, l’économie a toutefois reculé de 0,1 %, après une baisse révisée à 1 % au quatrième trimestre de 2025. Cette deuxième contraction consécutive répond à la définition couramment utilisée d’une récession technique.
Les résultats ont déçu les économistes, qui s’attendaient plutôt à une croissance d’environ 1,5 % au premier trimestre.
Tarifs et investissements
L’économie a globalement résisté à l’incertitude commerciale et aux répercussions des tarifs douaniers pendant plus d’un an, mais les effets induits de ces tarifs ont freiné les investissements, l’embauche et les dépenses, et ont fait grimper les prix, note Reuters dans une analyse.
La faiblesse de l’investissement a pesé lourdement sur l’activité économique. Les dépenses des entreprises ont reculé pour un cinquième trimestre consécutif, tandis que les investissements gouvernementaux ont également diminué.
Selon Statistique Canada, la baisse de 0,1 % du PIB réel en mars est surtout attribuable à la faiblesse des industries d’extraction des ressources et de l’activité de construction au Canada.
Mais les dépenses continuent
Les ménages ont toutefois continué à dépenser davantage, notamment pour l’alimentation et certains services financiers, ce qui a contribué à limiter les dégâts. Sans cette résilience de la consommation, la contraction économique aurait été plus marquée.
« Les consommateurs portent le poids de l’économie à bout de bras, mais cela se fait au détriment de leur épargne, prévient David-Alexandre Brassard, économiste en chef à CPA Canada. À long terme, cette situation s’avère insoutenable. Sans une relance de l’investissement privé ou un appui des dépenses publiques, le pays se retrouve privé de véritable moteur de croissance », dit-il.
À court terme, les perspectives incitent à la prudence, souligne-t-il. « La récente remontée des prix du brut observée en avril offre un répit précaire, qui risque d’être annulé par le resserrement des barrières tarifaires sectorielles imposées par les États-Unis. »
Quelques signes d’amélioration émergent toutefois. Statistique Canada estime que le PIB a progressé de 0,4 % en avril, ce qui pourrait indiquer un rebond au deuxième trimestre.
Pas en récession, dit Desjardins
« La position de Desjardins c’est que nous ne sommes pas récession. Il faudrait voir de la faiblesse dans plus de secteurs de l’économie. Ce n’est pas encore une baisse assez généralisée comme on voit d’habitude dans des récessions », explique Jimmy Jean, économiste en chef chez Desjardins.
« Et les chiffres qu’on a à date pour le prochain trimestre donne lieu de croire à un rebond l’économie encore », ajoute-t-il. C’est aussi l’avis du ministre des Finances Eric Girard, qui a écrit sur le réseau social X qu’au Québec, « les indicateurs des deux premiers mois de l’année demeurent favorables ».
Toutefois au Québec, il y a un nombre plus grand de secteurs en baisse, notamment parce que le Québec est plus ciblé par les tarifs américains, note l’économiste de Desjardins.
La dernière fois que le pays est entré en récession, ce fut en 2020 lors de la pandémie de COVID-19. L’activité s’est alors contractée drastiquement avant de rebondir.
Récession technique
Une récession technique survient lorsque le PIB réel recule pendant deux trimestres consécutifs.
Selon cette règle simple, le Canada est actuellement en récession technique.
L’avantage de cette définition est qu’elle est rapide et facile à appliquer. L’inconvénient est qu’elle ne tient compte que du PIB.
Lorsqu’ils parlent de récession « économique », les économistes examinent généralement d’autres facteurs, comme l’emploi, le taux de chômage, les revenus des ménages, etc.
Aux États-Unis, par exemple, c’est le National Bureau of Economic Research qui détermine officiellement si le pays est en récession. Une économie peut parfois connaître deux trimestres de baisse du PIB sans que cet organisme conclue à une véritable récession.