Le cadeau que s’est fait Émile Roy, le fils de Patrice Roy, pour son 27e anniversaire
Sabin Desmeules
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En cette époque trouble où l’actualité est anxiogène et où le monde se divise, Émile Roy est habité d’une envie pressante de réunir les gens, de les rapprocher, de raconter leurs histoires positives à travers ses images. Le fils de Patrice Roy réalise des films depuis qu’il est enfant et, le jour de ses 27 ans, il s’est lancé dans une grande et ambitieuse aventure pour sauver le monde à sa façon...
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« Aujourd’hui, je fête mes 27 ans et je lance ma compagnie médiatique », annonçait fièrement le vidéaste tout récemment dans une publication sur ses comptes Instagram et TikTok, où il est suivi par plus de 64 000 personnes. Un bel accomplissement pour celui qui fait des films depuis l’âge de 10 ans et dont la chaîne YouTube rejoint 167 000 abonnés. Le cinéaste, documentariste, reporter et créateur de contenu numérique vient de fonder Réunir, une société de production et de diffusion médiatique. « Moi, ça fait très longtemps que je fais des vidéos, que je suis dans le monde des médias, que je suis réalisateur, vidéaste, Youtubeur, animateur, et j’ai pu faire tellement de projets sur les grands enjeux, les grandes crises de notre époque. Il y a des crises dont je suis témoin qui affectent énormément les gens autour de moi. Il y a des guerres, il y a l’urgence climatique, il y a des crises sociales et économiques, la crise du logement... Il y a beaucoup d’enjeux aujourd’hui, et je pense qu’il ne faut pas baisser les bras. Puis, surtout, on est dans un monde de plus en plus divisé ; les gens s’éloignent de plus en plus les uns des autres. Un réflexe qu’on peut avoir, ça peut être de commencer à se blâmer mutuellement, à pointer du doigt tel groupe, tel individu... Ce que j’ai envie de faire à partir de maintenant dans mes projets, c’est d’essayer qu’on aille les uns vers les autres, de se rapprocher et s’écouter. Parce que je pense que c’est comme ça qu’on va passer à la prochaine étape, c’est comme ça qu’on va réussir à se sortir des grandes crises, c’est comme ça qu’on va grandir, qu’on va apprendre... Je pense que ce qui est le plus important aujourd’hui, c’est de se rapprocher », explique-t-il à Échos Vedettes.
Avec Réunir, Émile continue de faire ce qu’il faisait déjà sur les réseaux sociaux et les plateformes, mais il s’est entouré d’une équipe et s’est bâti une structure. « Là, on est dans des bureaux, dans le Mile-End, à Montréal, et le but, c’est de créer des équipes et de faire de plus grands projets qui soient multiplateformes. Cette entreprise est ambitieuse, mais je pense que je n’avais plus le choix de faire ce pas-là, ce saut dans le vide... Parce que, moi, ça va faire 10 ans que je fais des vidéos, des films ; huit ans à temps plein, par moi-même. J’étais un peu réalisateur, vidéaste, souvent seul, puis des fois, j’allais chercher des gens, des équipes pour m’aider. Mais globalement, j’étais quand même seul... et je vois les limites de ça, aujourd’hui ! Je ne peux plus le faire seul, c’était inévitable de faire ce saut Et si ce n’était pas cette année, ç’a aurait été l’an prochain. Ça vient avec un peu d’incertitude sur le début de la production, mais je pense que c’est le bon choix de sauter dans le vide. »
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Un parcours sans plan
Il n’a jamais eu de plan de carrière. « Au début, c’était vraiment un jeune garçon, un jeune ado qui était passionné par la vidéo et le cinéma. Depuis que j’ai 10, 11, 12 ans, je fais des courts-métrages, des vidéos, pour le plaisir, avec mes amis, avec ma sœur, avec ma cousine. Quand j’ai commencé, c’était juste une passion. Puis, en arrivant dans l’adolescence, vers 15, 16, 17 ans, il y avait l’essor des nouvelles plateformes comme YouTube. Et donc, ma passion de faire des vidéos, des courts-métrages, et ces nouvelles façons de diffuser, de faire des films, ça a placé les choses sans même que j’aie à me poser des questions. Je me suis mis à mettre mes courts-métrages sur YouTube, c’était juste un bon timing. Je ne me suis pas demandé ce que j’allais faire ; j’étudiais en cinéma et j’avais déjà tellement de projets, d’opportunités, alors j’ai juste continué ! »
Libéré d’une timidité qui l’empêchait de connecter
La caméra lui a permis de dompter cette grande gêne qui l’habitait. « J’étais très timide, plus jeune, surtout adolescent. Je n’avais pas encore trouvé de manière de connecter avec les gens ou d’être au même niveau que tout le monde autour de moi. Je pensais qu’il me manquait quelque chose. Donc, j’étais beaucoup dans ma tête, beaucoup dans mon imagination. J’imaginais beaucoup de grandes histoires, tout le temps, mais de moi à moi. Et à un moment donné, au secondaire, en faisant des vidéos, des films, des courts-métrages, j’ai commencé à amener ma caméra à l’école. Je suis progressivement devenu le gars qui a une caméra et qui peut filmer les autres. Ça fait que les gens en danse, les gens en football, les gens « cool » de l’école secondaire m’invitaient à aller filmer telle ou telle activité. Et donc, là, j’ai pu entrer beaucoup plus en contact avec les gens, avec le monde, via ma caméra. Ç’a été vraiment libérateur ! »
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Un tournage marquant au Brésil
« Il y a un an, j’étais au Brésil, en Amazonie, et on a filmé un mois là-bas. » Émile nous présentera bientôt le documentaire issu de ce voyage en sol brésilien sur les conséquences des changements climatiques dans la forêt amazonienne. « C’est un film humainement fort, parce qu’on voit beaucoup, beaucoup de gens là-bas qui souffrent des changements climatiques, note-t-il. J’ai pu tourner sur le terrain, où j’avais la chance d’avoir une amie qui est anthropologue et qui, depuis des années, crée des liens avec des peuples autochtones et des peuples traditionnels en Amazonie. Elle m’a pu m’amener assez loin avec ces peuples-là, dans des réserves protégées de la forêt, et aussi dans des réserves où il y a beaucoup, beaucoup de violence, beaucoup de feux de forêt, beaucoup de destruction. On a pu parler à tous ces gens-là et ç’a donné ce film, qui est presque fini. J’aimerais qu’il sorte à la fin de ce printemps. »

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Trois générations, une même passion
Alors que son papa, chef d’antenne au Téléjournal de Radio-Canada, a choisi la voie du journalisme traditionnel, Émile est comme un poisson dans l’eau au sein des nouveaux médias. Mais l’héritage de Patrice Roy dans sa carrière est important. « J’ai beaucoup, beaucoup, beaucoup d’admiration pour mon père ! Son travail au quotidien m’inspire énormément, admet-il. Toute ma jeunesse, il m’a aussi beaucoup inspiré parce que, moi, très jeune, je le voyais travailler très fort sur ses sujets, pour ses reportages, pour ses entrevues... On a, je pense, la même envie de parler des sujets qui touchent les gens, le faire de manière claire et pour le grand public. On essaie de parler directement aux gens. Après ça, là où on est différents, c’est que, moi, je n’utilise pas le mot journaliste, précise-t-il. Dans ce que je fais, il y a un petit peu plus d’opinion et d’émotion qui sortent un peu du journalisme. »
Son grand-père a aussi fait carrière en information. « Le père de mon père, Michel Roy, était aussi journaliste. Il était rédacteur en chef au Devoir, et il travaillait aussi à La Presse. Et quand mon père commençait comme journaliste, les gens lui parlaient aussi beaucoup de son père à lui. C’est intéressant de voir nos trois générations ! Mon père s’inspirait de son père tout en le faisant différemment, parce que lui, il arrivait à la télé, avec de l’image. C’est une autre manière de raconter. Et là, moi, j’arrive aujourd’hui et j’ai la même envie de raconter, mais je le fais d’une autre manière... Tous les trois, peu importe les générations, on a en commun la même envie de parler de notre époque. »

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Aux côtés de sa sœur jumelle
S’il n’évolue pas dans le même milieu professionnel que sa sœur jumelle, Gabrielle Roy, ils travaillent côte à côte. « Elle est dans le bureau à côté de moi. Il y a un an, ma sœur jumelle, Gabrielle, a lancé son agence de publicité et marketing, l’Agence Parc. On partage le même bureau et, souvent, on échange des idées. On se voit tous les jours ou presque... On évolue ensemble et c’est beau à voir !, se réjouit-il. Il y a une collaboration indirecte, parfois même directe. Pour le dernier docufiction que j’ai sorti il y a quelques mois, L’amour moderne, elle m’a aidé pour l’aspect marketing et le lancement au Cinéma L’amour. Elle m’aide aussi pour certaines parties de projets, notamment l’aspect lancement, marketing et tout ça. Ses conseils sont très précieux et je les prends avec grand plaisir ! »
Au-delà du mandat qu’il s’est donné, celui de réunir les gens avec sa caméra, Émile Roy prend le temps de vivre. « Ma relation avec ma copine, ma famille, mes amis, c’est extrêmement important ! Mes projets et mon travail, c’est une passion et c’est important, c’est peut-être même une vocation, mais en bout de piste, le plus important, ce sont les relations que j’ai autour de moi. C’est l’amour, c’est la famille et les petits moments simples de la vie. Cette fin de semaine, j’étais justement au chalet avec mon père et la famille. Ce sont de beaux moments simples. Je pense qu’au final, ça, c’est plus important que tout le reste. »
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