Laurent Dubreuil en direct de Milan: la peur du rhume qui peut tuer ton rêve olympique


Laurent Dubreuil
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Un rhume, ça n’a jamais tué personne, mais ça peut tuer tes rêves de podium olympique, dans une discipline où ça se joue à si peu. Parce qu’un simple rhume, à moins que tu sois historiquement dominant, peut représenter la différence entre un podium et une quatrième place.
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Tout le monde s’entraîne extrêmement fort, tout le monde veut que tout soit parfait: l’équipement, la forme, notre poids. Alors quand on entend, par exemple, que plusieurs joueuses de hockey finlandaises ont attrapé la gastro aux Jeux et qu’on est à quelques jours de notre course...
C’est extrêmement stressant.

Parce qu’on mange tous au même buffet, près les uns des autres, et qu’on prend tous les transports ensemble, les athlètes. Aux Jeux, ce sont des bénévoles qui mettent la nourriture dans nos assiettes. Mais on manipule tous les mêmes ustensiles dans le bac.
On a tous nos trucs. On a nos bouteilles de désinfectant, on met des masques. Moi j’en porte un quand je prends le transport durant les Jeux. J’en porte aussi un quand je reçois des traitements de physiothérapie, et le thérapeute aussi a le sien.
De premier à 12e avec le rhume
Mais malgré ça, le risque demeure. Pour l’instant, les Finlandaises semblent être remises et il ne semble pas y avoir d’épidémie, mais Martina Sáblíková, une Tchèque qui est trois fois championne olympique, n’a pas pris le départ au 3000 m samedi parce qu’elle était fiévreuse.
Avec pareil palmarès, ça ne valait pas la peine, pour elle, de participer à la course et de terminer 18e, par exemple.
Ça m’est arrivé quelques fois d’être enrhumé, en Championnat du monde. Notamment en 2024, lors des Mondiaux sprint. Dans ces compétitions, on fait le 500 m et le 1000 m une journée, puis à nouveau les deux courses le dimanche. Les résultats sont déterminés par le cumul des temps.
Il faut donc être rapide, mais aussi capable de récupérer rapidement.
Après la première journée, j’étais au premier rang. Mais c’était tellement difficile de récupérer pour la deuxième que le dimanche, j’ai pris la 12e place. Par chance, au cumulatif, ça m’a donné le bronze.

Gare à la mention «sinus»
Quand on est athlète, on ne peut pas prendre n’importe quoi pour soigner notre rhume, parce qu’on s’expose à des risques de dopage involontaire.
Par exemple, tous les médicaments qui comportent la mention «sinus» sont prohibés durant la saison des compétitions, parce qu’ils contiennent des stimulants.
Personne ne veut courir le risque d’être suspendu parce qu’on a retrouvé cette substance dans son système après un test antidopage.
C’est la même chose pour n’importe quel médicament que l’on se fait prescrire.
Dès qu’on sort de chez le médecin, la première chose qu’on fait, comme patineur, c’est d’aller consulter un site web auquel on a accès et qui nous indique les substances qu’on ne peut pas prendre.
Ça m’est déjà arrivé de dire à un médecin que je ne pouvais pas prendre tel médicament, parce qu’il contenait des substances proscrites.
Ma mère, qui a patiné aux Jeux de Calgary, m’a déjà dit qu’elle avait compris après sa retraite sportive qu’un rhume, finalement, ce n’était pas si pire, parce que tu peux prendre des médicaments pour t’aider!
– Propos recueillis par Jessica Lapinski