Tous les résultats
Publicité

L’armée déployée par Trump: une guerre civile va-t-elle éclater aux États-Unis?

Photo AFP
Photo portrait de Gabriel  Ouimet

Gabriel Ouimet

2025-10-02T18:07:36Z

Partager

Donald Trump a proposé mardi que l’armée américaine utilise les grandes villes démocrates comme «terrain d’entrainement», affirmant qu’une «guerre de l’intérieur» faisait rage aux États-Unis. Alors que des événements violents ont récemment secoué le monde politique américain, une question se pose: une guerre civile risque-t-elle d’éclater au sud de la frontière?

• À lire aussi: Le FBI accusé de nourrir les théories du complot sur la mort de Charlie Kirk

Devant des hauts gradés de l’armée américaine, Donald Trump a confirmé cette semaine son désir de déployer plus fréquemment les militaires pour empêcher la dissidence dans les grandes villes dirigées par ses rivaux démocrates.

«Les villes dirigées par les extrémistes de gauche... regardez ce qu'ils ont fait à San Francisco, à Chicago, à New York et à Los Angeles: ce sont des endroits extrêmement dangereux. Nous allons rétablir l'ordre dans ces villes, une par une», a-t-il déclaré.

Le président a aussi indiqué qu’il envisageait de créer «une force de réaction rapide» pour «réprimer les troubles civils» dans ces métropoles.

«C’est aussi une guerre. Une guerre de l’intérieur», a-t-il lancé.

Publicité

Cette proposition survient à peine quelques semaines après le meurtre de l’influenceur d’extrême droite Charlie Kirk. Donald Trump a accusé la gauche radicale d’être responsable de l’assassinat et a promis de s’attaquer «aux organisations qui financent cette violence et la terreur».

Des influenceurs de droite et des proches du président ont qualifié l’événement «d’acte de guerre» et ont appelé, eux aussi, à la vengeance.

Le risque de guerre civile augmente, mais...

Revenons maintenant à la question qui nous intéresse: la violence des derniers mois et la polarisation de la société américaine sont-elles annonciatrices d’un conflit de grande ampleur?

Même si les attentats ciblés et les appels à la vengeance risquent de se multiplier, il demeure trop tôt pour prédire le déclenchement d’une deuxième guerre civile aux États-Unis, estime le professeur au Département de science politique de l’Université de Montréal, Lee Joseph Mars Seymour.

«Le risque de guerre civile est-il plus élevé aujourd'hui que dans un passé récent? Oui. Mais ce risque est-il élevé? Non», tranche-t-il.

Une guerre civile se définit comme «un conflit armé entre un gouvernement et un groupe d’opposition interne qui entraine au moins 1000 morts en bataille», précise le professeur.

Les États-Unis sont encore loin de ce seuil.

«Il n'existe pas, pour l’instant, un groupe d'opposition prônant la résistance violente, malgré les efforts du régime Trump pour en créer un afin de justifier une censure et une répression à grande échelle des organisations et des personnalités progressistes», explique Lee Joseph Mars Seymour.

Les principaux éléments déclencheurs habituels des guerres civiles, dont la pauvreté, la faiblesse de l'État et l'exclusion du pouvoir de certains groupes, ne présentent d'ailleurs pas un niveau de risque élevé aux États-Unis, selon l'expert.

Le climat social devrait toutefois continuer de se dégrader au sud de la frontière, alors que l’administration Trump bascule toujours un peu plus vers l’autoritarisme — en s’attaquant aux médias ou en déployant l’armée, par exemple. 

«Soyez attentifs à la manière dont l'extrême gauche réagit à la répression étatique. La violence est contagieuse. Les gouvernements créent souvent l'opposition violente qui leur permet d'étendre et de consolider leur contrôle en légitimant la répression», prévient le professeur.

• À lire aussi: Le détecteur de mensonges − La violence conjugale pas un «vrai crime», selon Trump

• À lire aussi: Le détecteur de mensonges − Pas de problème de criminalité dans les États républicains, selon Trump

Publicité
Publicité