Langage grossier sanctionné par la FIA: «C’est de la putain de merde», dit Lance Stroll
La FIA sanctionne dorénavant lourdement le langage grossier


François-David Rouleau
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Lance Stroll est plutôt monotone et est un pilote de peu de mots dans ses points de presse depuis quelques années. Mardi midi, il a échappé une méchante bonne ligne lorsqu’il a été questionné sur les nouvelles sanctions pour langage grossier adoptées par la Fédération internationale de l’automobile (FIA) il y a un mois. Ces mesures disciplinaires font une majorité de mécontents dans les paddocks.
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«C’est de la putain de merde», a laissé tomber le pilote canadien avec un large sourire lorsqu’il a été questionné sur le sujet. Il participait ainsi à une rencontre de presse informelle par visioconférence en fin d’avant-midi avec des médias canadiens, dont Le Journal.

À savoir pourquoi il opinait ainsi, Stroll a répondu qu’il en avait suffisamment dit dans sa surprenante déclaration pour livrer le fond de sa pensée.
Retour en arrière...
Il y a plusieurs mois que le torchon brûle entre l’Association des pilotes de Grand Prix (GPDA) et la FIA. Non seulement pour les actions et les décisions prises dans le feu de l’action en piste, sa transparence, son traitement des sanctions, mais aussi pour les récriminations et le comportement offensif du président de l’organisme international, Mohammed Ben Sulayem.

L’Émirati de 63 ans ne cesse de vouloir réprimer ses pilotes en souhaitant leur fermer le clapet une fois pour toutes. Il y a un mois, il a fait adopter un train de sanctions condamnant, entre autres, le langage grossier et grivois qu’on entend depuis plusieurs années sur les ondes radio entre les pilotes et leur équipe ou en public.
Sulayem réfléchirait même à carrément bannir la diffusion des conversations radio en piste.

Selon la mise à jour du Code sportif international, tout ce qui va aussi à l’encontre de la neutralité de la FIA, dont les enjeux politiques, religieux ou personnels, est passible de lourdes amendes. Les pilotes estiment que ces lignes directrices briment leur liberté d’expression et d’opinion.
De surcroît, les pilotes en F1 seront plus lourdement pénalisés en cas d’infraction. En plus de sommes variant de 20 000 à 180 000$, selon la faute et une récidive, des points au classement pourraient également être débités.
Mauvais tirs
Appelé à réagir sur le sujet en après-midi, tout juste avant la soirée de lancement de la 75e saison de F1 à Londres, le quadruple champion du monde en titre Max Verstappen n’a pas voulu épiloguer sur le sujet. On le sait très opposé aux sanctions reliées au langage grossier en piste, lui qui en faisait largement usage.
«Je préfère ne pas parler de ça, car je vais me mettre dans le trouble», s’est-il limité à dire en soulignant que des sujets comme la sécurité et les performances des voitures sont plus importants à ses yeux.

Nouveau pilote chez Williams, l’Espagnol Carlos Sainz estime quant à lui que la FIA va trop loin dans sa réglementation et lui demande de faire la part des choses entre les communications à chaud en pleine course et les représentations officielles hors de la piste.
Attention particulière
«La répression sur le langage grossier est excessive, surtout si elle aboutit à une diminution des émotions dans le cockpit. Mais il serait bon de modérer le langage dans les prises de parole officielles. Il faut faire un effort collectif pour au moins avoir un bon comportement et un vocabulaire convenable», a indiqué Sainz.

Car, l’usage du mot «f...k» est en effet répandu à travers les garages et les communications.
La montée en flèche de ces mauvaises habitudes langagières coïncide-t-elle avec les tournages en coulisses du documentaire de Netflix Formule 1: pilotes de leur destin, l’usage abusif de jurons de certains personnages flamboyants dans les paddocks (clin d’œil à l’ancien directeur de l’écurie Haas, Günther Steiner) ou d’un courant populaire?
Stroll ne saurait dire. Mais il n’apprécie guère les nouvelles sanctions en la matière. En les traitant de la sorte avant même le début de la saison, on peut gager qu’il traînera une petite tirelire à jurons dans les paddocks!
