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L’An I du retour à la normalité

Photo portrait de Marc de Foy

Marc de Foy

2023-10-07T02:00:00Z

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Hier matin, je suis passé par le terrain d’entraînement des Alouettes blotti entre le Stade olympique et le stade Saputo. Les joueurs s’entraînaient avec enthousiasme. Chaque bon coup était salué par des cris de satisfaction. Un moment donné, un receveur de passes a plongé pour capter un ballon à quelques centimètres des limites du terrain. Un attrapé vraiment spectaculaire ! Comme si c’était un vrai match.

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L’air était bon. 

On se croyait toujours en été. Le seul autre représentant des médias sur place était un journaliste de la Canadian Press. Les autres étaient venus plus nombreux la veille. La meute se trouvait à Mont-Tremblant, séance d’entraînement du Canadien oblige.

Mais les dirigeants des Alouettes n’ont pas à se plaindre. Le gestionnaire des communications, Francis Dupont, ne compte pas les heures.

« Pour la première fois depuis mon retour avec l’organisation en 2020, je peux me concentrer sur mon travail », lance le directeur général des Alouettes, Danny Maciocia.
« Pour la première fois depuis mon retour avec l’organisation en 2020, je peux me concentrer sur mon travail », lance le directeur général des Alouettes, Danny Maciocia. Photo Martin Chevalier

Un grand soulagement

Danny Maciocia arrive dans le décor. Au lieu de porter le complet-cravate comme Jeff Gorton et Kent Hughes, il est vêtu comme un entraîneur au football : casquette, kangourou, short et espadrilles.

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Déformation professionnelle sans doute.

Il me reprend quand je lui demande comment se passe l’An I du nouveau régime en place.

« Je dis plutôt l’An I du retour à la normalité, rectifie-t-il.

« Pour la première fois depuis mon retour avec l’organisation en 2020, je peux me concentrer sur mon travail. Les histoires se passent sur le terrain et non plus à l’extérieur. »

Maciocia en avait plein les baskets dans les derniers temps de l’administration Stern. Il a songé sérieusement à mettre les voiles. Puis, Pierre Karl Péladeau est venu de nulle part pour acheter l’équipe. 

La surprise a été totale. Mais il y avait aussi beaucoup de questionnement. Autant à l’interne que dans le public et chez les médias.

M. Péladeau est un personnage reconnu pour aller au bout de ses idées, que ça plaise ou non. L’homme aime l’action et se défend bec et ongles dans tout qu’il entreprend.

Parallèle entre PKP et son père

Sans le connaître personnellement, Maciocia avait toutefois une bonne idée du genre d’univers dans lequel son nouveau patron vit. Il trace un parallèle avec son père, Cosmo, ancien député à l’Assemblée nationale et ex-conseiller municipal à l’Hôtel de Ville de Montréal.

« Mon père a fait de la politique pendant 30 ans, raconte-t-il.

« Tu entends toujours des histoires. Or, mon expérience et la vie de mon père m’ont appris qu’avant de te faire une opinion d’une personne, tu dois lui parler et apprendre à la connaître. Quand c’est fait, tu as un portrait plus précis de cette personne.

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« Ça vaut pour tout le monde, que ce soit entre moi et mes joueurs, que ce soit dans n’importe quel autre domaine. »

Libre de ses actions

M. Péladeau laisse travailler son monde, comme il avait dit qu’il le ferait lors de son accession dans le rôle de propriétaire, le 10 mars dernier.

« On a de courts échanges, on se voit aux matchs, indique Maciocia.

« Il m’envoie parfois des textos. Je sens son appui. Les gens que je rencontre dans le public me parlent de lui. Ils disent qu’on lui doit beaucoup pour avoir sorti l’équipe du pétrin. »

Les Alouettes présentent un dossier de 8-7 avec trois matchs à jouer et sont assurées de prendre part à la demi-finale de la division Est.

Est-ce satisfaisant en considérant les pertes qu’ils ont subies sur le marché des joueurs autonomes avant l’entrée en scène de Pierre Karl Péladeau ?

« On avait d’autres objectifs en tête quand notre fiche était de 6-3, répond Maciocia.

« Mais on a gagné nos deux derniers matchs. Les choses vont bien, pas seulement pour l’équipe mais pour l’organisation entière. Notre but est de bâtir une équipe stable et compétitive qui pourra rivaliser pour le championnat [lire la Coupe Grey] à chaque année.

« On veut redonner cette équipe aux Québécois et on veut des joueurs qui seront fiers d’en défendre les couleurs. »

Reste aussi à ramener les amateurs au stade Percival-Molson en plus grand nombre. La moyenne d’assistance pour les sept premiers matchs locaux s’élève à 17 423 spectateurs, selon les chiffres recueillis sur le site de la Ligue canadienne de football.

C’est légèrement inférieur à la moyenne de 17 682 spectateurs maintenue l’an dernier, mais une foule d’environ 20 000 personnes est attendue pour le match de lundi après-midi contre le Rouge et Noir d’Ottawa. Mais la météo prévoit une température de seulement 12 degrés et des averses.

Habillez-vous en conséquence !

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