«La Voix»: Marie Des Neiges bouleverse avec une interprétation intense et profondément émouvante d’«Ayoye»
«La Voix» est diffusée le dimanche, à 19 h 30, à TVA et TVA+.
Samuel Pradier
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Après avoir longtemps fait taire sa passion pour la musique, Marie Des Neiges a décidé de se remettre au premier plan et de faire résonner sa voix sur toutes les scènes. Dans son duel face à Valérie Garon, elle a mis toute sa puissance vocale et ses émotions pour s’imposer sur la chanson « Ayoye », d’Offenbach. Seule demande de sa coach pour la suite, s’ouvrir encore plus face au public.
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Marie Des Neiges, étais-tu fébrile avant d’aborder ce duel avec Valérie ?
J’étais nerveuse, mais je me suis dit qu’on était là pour s’amuser. Elle a vraiment beaucoup de talent et elle transmet beaucoup d’émotion. Juste avant d’embarquer sur la scène, on s’est tenu la main et on s’est dit : « On se revoit de l’autre bord. »
Pourquoi la chanson Ayoye te correspondait-elle si bien ?
Je l’avais déjà chantée, il y a plusieurs années, mais je n’en avais pas la même perception. Elle n’avait pas la même signification pour moi. En relisant les paroles, en étudiant le texte en détail, j’ai eu l’impression de me parler à moi-même. J’avais l’impression qu’on parlait de mon vécu, ça venait directement rejoindre ma dépendance affective. Il y a aussi eu un moment dans ma vie où j’ai beaucoup bu pour oublier. Je ne vais pas dire que je suis une alcoolique, parce que je n’ai pas besoin de ça pour vivre. C’était vraiment sur le plan de la dépendance. J’ai toujours mis ma propre personne de côté au profit des hommes. Cette chanson me ramenait à ça, je me parlais à moi-même. C’était vraiment difficile de s’arrêter, de déballer tout le trop-plein de mauvaises ondes que j’avais emmagasiné.
On a vu que les répétitions avaient été difficiles pour toi, comment te sentais-tu ?
Il fallait que ça sorte à un moment donné. Sur le coup, on arrive en répétition, on nous donne une chanson et on se dit qu’on va être correct. On véhicule des émotions, mais on en vit aussi. À un moment donné, on venait de finir la chanson et j’étais juste revirée à l’envers. Je me suis mise à pleurer avant de pouvoir me reprendre. C’est sorti comme ça. Même durant la prestation, j’étais très fébrile, parce que j’avais peur de craquer à nouveau.
Est-ce que chanter cette chanson a eu un effet thérapeutique ?
J’étais tellement fière de moi ! Tout était là, l’émotion, la voix... C’est ça qui arrive quand ça nous parle directement. En plus, je n’avais pas l’impression d’être en duel, c’est comme si je chantais avec une amie et qu’on se permettait de communiquer un message très personnel.
Roxane t’a finalement choisie, à une condition. As-tu compris ce qu’elle attendait de toi ?
Quand j’ai décidé de me choisir, je me suis promis que personne ne viendrait plus m’empêcher d’avancer ou me retarder. Je me suis installé ce genre de carapace, que j’essaie tranquillement d’ouvrir en écrivant, en faisant des prestations... Son message était de m’ouvrir, dans le sens d’aller chercher le public, de lui raconter une histoire plutôt que de la vivre toute seule. Mais, étonnamment, la première chose à laquelle j’ai pensé quand Roxane a donné mon nom, c’est à Valérie. J’ai vécu un peu de tristesse. En même temps, son choix a soulagé ma conscience, j’ai compris que j’étais à la bonne place. En fait, je me suis prouvé à moi-même que j’étais à la bonne place.
On sait que ton fils est important pour toi. A-t-il pu vivre ce moment à tes côtés ?
Mon fils, qui a 23 ans, est actuellement à Tours, en France. Il a quitté le Québec en août dernier, et il est là-bas avec son père. Mais je lui parle tout le temps. Tout au long de La Voix, je le tiens au courant de ce qui se passe. Pour lui, je vais gagner la compétition, il me soutient totalement.

Est-il là-bas pour longtemps ?
Son père est Français. On s’est séparés quand il avait à peine trois mois, mais c’est resté mon meilleur ami. Il l’est encore aujourd’hui. Mon fils a vraiment grandi dans l’amour, la paix, le bonheur. Il travaille dans l’automatisation des IA pour les entreprises. Son père a démarré une start-up et il est allé l’aider.
Qui est à tes côtés au quotidien pour vivre cette expérience avec toi ?
J’aurais aimé avoir mon fils à côté de moi, mais j’ai été choyée. Ma mère est toujours présente, et mes meilleures amies sont là pour moi. Je les connais depuis 37 ans. Elles m’ont toujours suivie et poussée dans la musique.