Tous les résultats
Publicité

La parité a le dos large

Photo portrait de Jean-Charles Lajoie

Jean-Charles Lajoie

2023-11-09T23:31:44Z

Partager

Le Canadien a maintenant passé 30 ans sans convoquer ses partisans à un défilé de la coupe Stanley dans les rues de Montréal.

La Ligue nationale est plus équilibrée que jamais, c’est vrai, elle compte désormais 32 franchises, c’est vrai itou...

Mais la compétition relevée n’empêche pas les Yankees de New York de se frayer un chemin en séries de championnat avec régularité dans un sport qui admet très peu d’équipes à son gros tournoi d’automne.

Les Yankees ont atteint la Série mondiale à sept reprises depuis la dernière conquête du Canadien, ils ont enlevé la Série mondiale cinq fois en sept occasions depuis 30 ans.

Dans la NFL, les grandes franchises comme Dallas, les Giants, les 49ers, les Patriots et les Steelers de Pittsburgh ont tous soulevé le trophée Vince-Lombardi à au moins deux reprises depuis 1993, les Patriots à six reprises, notamment.

Mon point, ici, est que la parité de Gary Bettman a le dos large.

Mon point est que d’invoquer, plus qu’évoquer la parité et le nombre croissant d’équipes pour expliquer la disette du Canadien est plutôt mince. En fait, il s’agit d’un raccourci intellectuel qui ne permet pas aux partisans de se faire une juste tête de la situation.

Publicité

Un hommage bien mérité

Je vous parle de ça ce soir puisque le docteur Mulder est célébré au Centre Bell pour une brillante carrière. Cette célébration se tient alors que le Canadien dispute un match à l’étranger... plutôt «weird», mais bon.

Autour de docteur Mulder sont réunis des gagnants de la dernière coupe Stanley du Canadien, en 1993.

Des gars avec beaucoup moins de cheveux, pour la plupart, et aucun de sa couleur d’origine, sauf ceux qui utilisent à outrance le colorant pour hommes seulement.

La présence du CH en finale de la coupe Stanley pandémique de 2021 a été la seule de l’équipe depuis la grande conquête de 1993.

C’est triste ! 

Triste, parce que le Canadien nous a trop souvent donné impression, depuis 30 ans, d’être partie prenante de la parade, sans jamais en être le meneur ou le clou du spectacle.

Autrement dit, dans un défilé du temps des Fêtes, le Canadien est heureux d’être le char allégorique du quartier 10-30 et ne semble pas intéressé à être le chariot du Père Noël, le seul char qui émerveille grands et petits.

Je ne veux aucunement profiter de la réunion festive de ce soir au Centre Dell pour cracher dans la soupe. Docteur Mulder a eu une carrière de champion et il mérite que les derniers champions qu’il a soignés soient autour de lui lors de cette soirée.

Ces gars qui ont sué sang et eau pour soulever la coupe Stanley ont fait notre fierté, ils ont été notre grande passion.

Publicité

Ce qu’ils nous ont fait vivre est inoubliable et immortel...

Sentiment d'urgence

Toutefois, je tiens à profiter de cette occasion pour rappeler que de grands plans en grands plans, il serait temps que depuis la tête de la pyramide de pouvoir du Canadien, un sentiment d’urgence surgisse.

Pas celui de tout chambouler pour gagner le printemps prochain, non...

Mais un sentiment d’urgence tranquille, le genre de ceux qui rappelle que chaque geste posé par la direction hockey en place devra conduire à des résultats significatifs sur la glace.

Que ce qui se construit, un mouvement de personnel à la fois, devra se traduire par des présences récurrentes en séries de fin de saison et évidemment, idéalement, alors que «Carbo», «Casseau», pis les autres seront encore vivants, par un défilé des champions dans les rues de Montréal.

La rumeur dit que le Canadien songe à peut-être devenir son propre diffuseur. À «streamer» ses propres matchs en les vendant par abonnement ou à la carte.

Le Canadien est plus fort que la police et le gouvernement au Québec, il peut certainement rêver de s’occuper de son propre message et de ses propres affaires tout seul.

Mais si ça devient le cas et que ce projet d’auto-production de ses matchs par le CH se réalise, je veux être un p’tit moineau sur le cadre de la fenêtre du bureau de Geoff Molson lorsque ses hommes de hockey vont refuser de parler du mot en « p » et vont vanter leur grand plan... tandis que les abonnements vont chuter et que les partisans vont se plaindre de devoir payer pour avoir accès aux matchs à la carte.

Tout à coup, il y a fort à parier que le grand plan va passer dans la déchiqueteuse sur un moyen temps...

Publicité
Publicité