La nouvelle version de Puljujarvi

Jonathan Bernier
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À la sempiternelle question «vaut-il mieux terminer au bas du classement pendant quelques années pour reconstruire plus rapidement?», les Oilers sont toujours cités en exemple pour ceux qui s’inscrivent en faux. Avec raison.
Depuis leur présence en finale de la Coupe Stanley en 2006, les Oilers n’ont participé qu’une seule fois aux séries éliminatoires. Pourtant, depuis 2010, ils ont sélectionné six joueurs parmi les cinq premiers, dont quatre au tout premier rang.
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Le hic, quand une formation repêche aussi haut, c’est qu’elle n’a pas le droit de se tromper. En général, les représentants de la capitale albertaine ont bien fait avec Taylor Hall (1er en 2010), Ryan Nugent-Hopkins (1er en 2011), Leon Draisaitl (3e en 2014) et Connor McDavid (1er en 2015).
Toutefois, ils ont échappé la balle dans le cas de Nail Yakupov (1er en 2012). Et ils ont bien failli s’enfarger de nouveau avec Jesse Puljujarvi (4e en 2016).
Non pas que le Finlandais d’origine suédoise ne soit pas talentueux. À 19 ans, il avait récolté 20 points, dont 12 buts, en 65 matchs. C’est plutôt son attitude qui laissait à désirer. Du moins, en apparence.
Après avoir fait la navette entre Bakersfield, dans la Ligue américaine, et Edmonton durant ses trois premières saisons en Amérique du Nord, l’attaquant a choisi de rentrer en Europe où il s’est aligné avec l’équipe de Karpat d’Oulu, dans la Ligue élite finlandaise, lors de la saison 2019-2020 et au début de celle-ci.
Plus grande implication
Le voici maintenant de retour. Toujours aussi imposant à 6 pi, 4 po et 200 lb, mais avec un nouveau numéro (il a troqué le 98 pour le 13).
«Nouveau directeur général, nouvel entraîneur, nouveau numéro. Il souhaitait assurément repartir sur de nouvelles bases, a analysé Ken Holland, en poste depuis mai 2019. Je lui ai parlé à quelques occasions depuis deux semaines. Il semble dans un très bon état d’esprit.»
«Il faut dire qu’il est maintenant âgé de 22 ans. Il a plus d’expérience et plus de vécu que lorsqu’il avait 18 ou 19 ans», a poursuivi le directeur général des Oilers.
Cette maturité semble avoir fait comprendre à Puljujarvi que malgré ses talents offensifs, il devait s’impliquer davantage pour être utile à sa formation.
«Je patine à fond, je travaille fort et je m’efforce de jouer des deux côtés de la patinoire. Ce sont des choses très importantes», a-t-il reconnu, plus tôt cette semaine, dans un anglais hésitant.
Pour l’instant, il évolue avec Kyle Turris et Joakim Nygard ou Josh Archibald sur la troisième unité des Oilers. Il passe, en moyenne, 12 min 34 s sur la surface de jeu. Ce qui ne l’a pas empêché de décocher sept lancers, jeudi soir, contre les Canucks.
«En ce moment, je suis heureux et je souris, car tout va bien. Je suis content d’être de retour et de jouer dans la LNH tous les jours», a-t-il déclaré.
Freiné par la langue
Ni Ken Holland, le directeur général des Oilers, ni Dave Tippett, leur entraîneur-chef, ne faisaient partie de l’organisation lors du premier séjour de Puljujarvi avec les Oilers. Mais ce qu’il leur a été permis de savoir, c’est que le jeune homme avait connu des difficultés d’adaptation.
«C’était beaucoup en lien avec la langue, a indiqué Tippett. À son premier passage, il comprenait l’anglais, mais ne le parlait pas très bien. Maintenant, il est plus inclus dans le groupe. La langue n’est plus un obstacle, alors il ne se tient plus à l’écart.»
Le principal intéressé reconnaît qu’il se sent davantage comme un membre à part entière de l’équipe.
«J’ai amélioré mon anglais, mais ça pourrait être encore mieux. Je peux maintenant tenir des conversations avec plusieurs personnes. Quand tu peux parler et devenir ami avec tes coéquipiers, ça aide beaucoup», a-t-il souligné affichant un sourire satisfait.
Et inévitablement, les performances devraient s’en trouver améliorées.