Tous les résultats
Publicité

Débat des chefs en anglais: la modératrice défend son intervention

Raphaël Pirro

2021-09-10T20:21:33Z
2021-09-10T23:53:27Z

Partager

Dans une conversation audio tenue sur Twitter en mi-journée vendredi, la modératrice du débat des chefs en anglais a justifié sa question envers Yves-François Blanchet en affirmant que c’est ce qui intéresserait les Canadiens à l’extérieur du Québec.

«En dehors du Québec, les gens voient ces lois, ces pièces de législations, très différemment. J’ai donné l’opportunité à M. Blanchet de [s’expliquer]», a déclaré Shachi Kurl, présidente de la maison de sondage Angus Reid.

• À lire aussi: Yves-François Blanchet fustige l’animation après le débat en anglais

• À lire aussi: Tollé au Québec après le débat en anglais: les chefs s’en mêlent

• À lire aussi: «La nation québécoise est attaquée», soutient François Legault

Dans l’«espace» Twitter organisé par le magazine Maclean’s, Mme Kurl a indiqué que toutes les questions qui ont figuré au débat avaient été approuvées par «plusieurs paliers» qui ont participé à l’organisation de l’événement, et qu’elle n’avait en aucun cas «improvisé».

«Je voulais qu’il [M. Blanchet] puisse informer [les Canadiens à l’extérieur du Québec] sur le “pourquoi” derrière l’appui à ces lois. Il s’est froissé: ainsi soit-il. C’était le débat en anglais, donc c’était de plusieurs manières le débat de l’extérieur du Québec, et dans cette perspective, quoi d’autre pourriez-vous lui demander s’il n’a aucun candidat à l’extérieur du Québec?» a-t-elle demandé.

Publicité

 Chronique politique avec Emmanuelle Latraverse:

Le Groupe de diffusion des débats, composé de différents médias qui se chargeaient de la couverture du débat, a publié un communiqué en fin d’après-midi vendredi pour offrir sa version des faits.

«La question de Mme Kurl concernant la loi 21 et le projet de loi 96 du Québec a été posée à M. Blanchet pour lui donner l'occasion d'expliquer le point de vue de son parti sur ces lois, qui ont fait l'objet d'une large couverture et d'importantes conversations depuis qu'elles ont été déposées à l'Assemblée nationale du Québec. La question portait explicitement sur ces lois. La question n'affirmait pas que les Québécois sont racistes», estime-t-on.

Rappelons que Mme Kurl a lancé au chef du Bloc québécois la déclaration suivante en ouverture du débat: «vous niez que le Québec a des problèmes avec le racisme, mais vous défendez des lois comme la loi 96 et la loi 21 qui marginalisent les minorités religieuses, les anglophones et les allophones. 

«Le Québec est reconnu comme une société distincte, mais pour ceux qui sont à l’extérieur de la province, aidez-les s’il vous plait à comprendre pourquoi votre parti soutient aussi ces lois discriminatoires.»

«De l'ampleur» au Québec  

La modératrice a dit «comprendre» pourquoi, «politiquement», son intervention a «pris de l’ampleur au Québec».

Publicité

Rappelons que la loi 21 est la Loi sur la laïcité de l’État, tandis que le projet de loi 96 est celui visant à faire du français la seule langue officielle et commune de la nation québécoise.

Sur Twitter, le fondateur de la firme Angus Reid, M. Angus Reid lui-même, s’est porté à la défense de Mme Kurl, une journaliste de profession.

«Pour mémoire, l'Institut Angus Reid n'a joué absolument aucun rôle dans la planification ou l'exécution du débat en anglais. Notre présidente, Shachi Kurl, a été engagée directement par la commission du débat. Cela dit, je suis très fier du travail qu'elle a accompli dans des circonstances difficiles», a-t-il dit.

Il s’est dit «heureux» que la question à propos des lois québécoises ait été soulevée et est revenu à la charge. 

«Près de 60 % des personnes hors Québec ne sont pas d'accord avec cette mesure et les tribunaux disent qu'elle est contraire à la Charte des droits. Veuillez dire à l'auditoire anglophone pourquoi vous soutenez ce projet, M. Blanchet?» a-t-il écrit.

Legault en beau fusil  

Outré, le premier ministre François Legault a soutenu vendredi que la nation québécoise a été attaquée durant le débat en anglais.

Ce dernier a ni plus ni moins réclamé des excuses à Mme Kurl et au consortium médiatique qui a organisé le débat et préparé les questions.

«La nation québécoise est attaquée dans ses compétences, dans ce qu’il y a de plus important, la langue française, dans ses valeurs [...] c’est inacceptable», a lancé le premier ministre du Québec vendredi, au sortir du caucus présessionel des députés caquistes en prévision de la rentrée parlementaire.

- Avec la collaboration de Geneviève Lajoie

Publicité
Publicité

Sur le même sujet