La coupe Vanier vandalisée, U Sports enquête
Philippe Asselin
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Les joueurs des Carabins ont eu droit à toute une surprise en soulevant la coupe Vanier samedi dernier. Sous l’objet, trois lettres étaient gravées: «FTF».
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Les amateurs de football universitaire ont rapidement fait un lien avec l’acronyme du slogan «Force, Travail, Fidélité» qu’utilise depuis belle lurette le programme de football du Rouge et Or de l’Université Laval.
Les lettres en question ornent chacune des rangées de casiers dans le vestiaire de l’équipe au PEPS. Les comptes du club sur les réseaux sociaux utilisent aussi fréquemment l’acronyme. Un gestionnaire de communauté avait simplement écrit «FTF» dans l’une de ses publications faites sur Instagram pour souligner la conquête de la Coupe Dunsmore en 2024.

La gravure n’aurait cependant pas été découverte publiquement si un autre geste de vandalisme n’avait pas été posé...
C’est la coupe Vanier originale que les représentants de l’Université de Montréal ont reçue après avoir vaincu les Huskies de l’Université de la Saskatchewan en grande finale.
Il s’agit d’une anomalie, parce qu’U Sports, l’organisation qui encadre les sports universitaires au Canada, remet habituellement une copie du trophée aux gagnants.
La reproduction n’était toutefois pas disponible, car elle était trop en mauvais état. Les plaques soulignant les conquêtes des Carabins en 2014 et 2023 étaient – et le sont toujours, d’ailleurs – manquantes.


Entre les sacres de 2023 et de 2025 des Bleus, le Rouge et Or a remporté le championnat canadien pour la 12e fois de son histoire. U Sports a confirmé que l’Université Laval avait en sa possession la copie de la coupe Vanier pendant plusieurs mois, entre novembre 2024 et août 2025, mais n’a pas de réponse pour expliquer pourquoi personne chez eux n’a remarqué l’absence des deux plaques.
Une enquête
Joint au téléphone quelques jours après la finale de la Coupe Vanier, le chef de la direction à U Sports, Pierre Arsenault, a confirmé que son organisation avait ouvert une enquête sur les deux incidents.
Il a également affirmé que c’était en raison des plaques manquantes que les Carabins ont reçu le trophée original. U Sports voulait probablement éviter que les représentants de l’UdeM constatent la chose en direct à la télévision.
«Nous ne savions pas qu’il y avait des marques à l’intérieur de la coupe et nous ne savons pas depuis quand elles sont là. Nous sommes désolés que ce soit arrivé», a souligné M. Arsenault.
«Nous avons un processus pour vérifier [le trophée], mais nous n’avons pas regardé à l’intérieur de la coupe», a-t-il poursuivi, visiblement mal à l’aise de ce faux pas.
«Nous allons prendre des moyens pour [nous] assurer que ça n’arrivera plus.»
Le dirigeant chez U Sports a refusé de dire si l’Université Laval avait été contactée. Il n’a également pas voulu s’avancer sur l’échéancier des enquêtes et sur les possibles conséquences de celles-ci.
«Nous voulons juste comprendre ce qui est arrivé. Ça comprend deux choses, nos processus de vérification des coupes, et les raisons pour lesquelles il s’est passé des choses avec les coupes.»
«Nous sommes en train de ramasser tous les détails, a ajouté M. Arsenault. Nous allons faire nos devoirs. Mais pour l’instant, je ne peux rien confirmer.»
Au moment d’écrire ces lignes, le Rouge et Or n’avait pas encore donné suite à nos demandes d’entrevue.
«Une opportunité d’éducation»
Du côté des Carabins, pas question de jeter la pierre à nos grands rivaux ou à qui que ce soit d’autre avant la conclusion des enquêtes.
«Un trophée, c’est un symbole important. Il faut faire attention à nos symboles et les protéger», a tout de même affirmé la directrice générale du CEPSUM et du sport d’excellence à l’Université de Montréal, Manon Simard.
«Dans ce type de situation, il y a une opportunité d’éducation», a aussi indiqué la grande patronne des Carabins.
«Le football est un sport qui demande beaucoup d’émotions et d’intensité. [...] On [les dirigeants des universités] ne contrôle pas tout, tout le temps. On a tous des choses qu’on apprend parfois après. Ça fait partie de la nature de la bête.»
Une source proche du dossier nous a indiqué que l’Université de Montréal n’avait pas déposé de plainte officielle, mais l’institution a tout de même fait savoir son mécontentement à U Sports.
Dans toute cette affaire de vandalisme, deux constats s’imposent. Pourquoi a-t-on permis de défigurer deux trophées, et comment se fait-il qu’une organisation comme U Sports fasse preuve d’autant de laxisme?