La championne du monde de patinage artistique Deanna Stellato-Dudek devient Canadienne afin d’aller aux Jeux olympiques

Mylène Richard
Partager
Vêtue d’une robe rouge et devant les yeux rougis de sa mère, la patineuse artistique Deanna Stellato-Dudek a obtenu sa citoyenneté canadienne mercredi, à Montréal, ce qui lui permettra de représenter le pays aux Jeux olympiques.
• À lire aussi: Deanna Stellato-Dudek: sous le charme du Québec et du français
• À lire aussi: Scénario à la Hollywood à Montréal: l’incroyable parcours des nouveaux champions du monde de patinage en couple
• À lire aussi: Mondiaux de patinage artistique: une «dernière danse» pour cette patineuse de 40 ans inspirée par Michael Jordan
«C’est tellement de stress qui tombe après tant d’efforts. Je sens que Maxime [Deschamps, son partenaire] et moi sommes maintenant libres de réaliser notre rêve olympique», a lancé Stellato-Dudek, soulagée, dans les bureaux de Me Patrice Brunet, chef d’orchestre de ce processus accéléré entamé en 2021.
La championne du monde en couple, la plus âgée de l’histoire à 40 ans – elle en a aujourd’hui 41 –, a pu devenir Canadienne aussi rapidement en raison des excellents résultats du duo. Une pétition de 10 000 noms n’a certainement pas nui.
«C’est une libération», a renchéri Deschamps, debout à ses côtés durant toute la cérémonie qui s’est déroulée en ligne, avant de lui réserver une chaleureuse accolade.
«Tout ce qui reste à faire, c’est patiner et se concentrer à s’entraîner pour aller de l’avant afin de se préparer pour [se qualifier] aux Olympiques», a-t-il ajouté.

De Chicago à Montréal
Née dans la région de Chicago, Stellato-Dudek a déménagé au Québec en 2019 quand elle a amorcé sa collaboration avec Deschamps, originaire de Vaudreuil-Dorion. S’entraînant avec Josée Picard et Julie Marcotte à Sainte-Julie, la paire voulait représenter le pays qui a cru en elle.
Laissant tout derrière elle, Stellato-Dudek a fait preuve d’une grande persévérance.
«Elle a changé de vie pour le sport, sans savoir où ça allait la mener. C’est plus qu’être dédiée à 100%», a pointé Deschamps, toujours aussi impressionné.
Mais cette demande d’immigration exceptionnelle s’est souvent avérée un caillou dans le patin de Stellato-Dudek. Ça lui trottait dans la tête.
«Même si je n’allais pas bien lors des Championnats canadiens, je devais performer parce que j’avais besoin de ça pour devenir citoyenne. Je devais prouver que j’étais un atout pour le Canada», a souligné celle qui a levé les bras en signe de victoire lorsqu’elle a signé les documents officiels du gouvernement fédéral.

Une maman émotive
À l’arrière dans la petite salle, il y avait Ann Stellato, une maman émotive avec un mouchoir déjà en main avant le début de l’assermentation.
«C’est un rêve devenu réalité pour elle et pour moi», a-t-elle exprimé, tenant dans ses bras Goldy, la chienne de Deanna.
Par un heureux hasard, Ann Stellato était de passage à Montréal quand elle a appris que sa fille allait devenir citoyenne canadienne durant son séjour.
«Ça représente beaucoup pour moi que ma mère soit là. Elle a toujours été à mes côtés, depuis que j’ai 5 ans. Elle est ma fan numéro un. Elle y a cru autant que moi», a soutenu l’athlète.

Une pause de 16 ans
Cette dernière avait mis un terme à sa carrière solo à 17 ans à cause d’une blessure chronique à une hanche. Seize ans plus tard, croyant qu’elle avait encore des chances d’aller aux JO, Stellato-Dudek est revenue à la compétition, cette fois en couple.
«Lorsqu’elle m’a parlé de son retour, je lui ai répondu qu’elle était folle! Mais je connais ma fille, elle est forte mentalement et quand elle veut quelque chose, ça se concrétise. On l’a vu aujourd’hui», a noté Ann Stellato avec fierté.
«Maintenant, elle a un nouvel objectif [aller aux Jeux de Milan-Cortina en 2026], et elle l’atteindra, croyez-moi! Elle est très déterminée», a-t-elle assuré.

Une inspiration
D’ailleurs, le Québécois de 32 ans n’a pas à chercher trop loin pour trouver une source d’inspiration. Revenir à la compétition à 33 ans et être encore au sommet dans la quarantaine, c’est impressionnant.
«C’est difficile et ça me demande beaucoup plus de travail que lorsque j’avais 17 ans, surtout en ce qui concerne la récupération», a admis Stellato-Dudek, qui espère influencer des gens, peu importe le domaine, à changer de champ d’études ou de carrière si nécessaire.
«Même si c’est risqué, même si c’est un coup de dé, ça vaut la peine», a-t-elle affirmé.
«Je suis beaucoup plus jeune et je le sens dans mon corps que je vieillis. C’est exceptionnel de voir ce qu’elle peut faire. Moi je le dis tout de suite: à son âge, je ne fais plus de compétition!» a promis le champion du monde.